Visite présidentielle

Macron annonce un plan Ă  plus de 3 milliards pour la "refondation" de Mayotte

  • PubliĂ© le 22 avril 2025 Ă  10:59
Une femme regarde les maisons détruites dans le bidonville de Cavani par le cyclone Chido, à Mayotte, le 2 janvier 2025

Emmanuel Macron a annoncĂ© lundi Ă  Mayotte une enveloppe de plus de trois milliards d’euros sur six ans pour financer le plan de "refondation" du dĂ©partement, le plus pauvre de France, meurtri par le cyclone Chido en dĂ©cembre.

Quatre mois aprĂšs le passage du cyclone qui a fait quelque 40 morts et causĂ© 3,5 milliards d’euros de dommages, le chef de l’Etat est venu accompagnĂ© de son Ă©pouse Brigitte, des ministres Manuel Valls (Outre-mer), Annie Genevard (Agriculture), Yannick Neuder (SantĂ©) et Thani Mohamed-Soilihi (Francophonie).

"Mayotte a un avenir dans cette région si nous y mettons les moyens", a-t-il déclaré devant des élus mahorais.

Le prĂ©sident est arrivĂ© avec, dans ses cartons, un projet de loi pour « la refondation » de l’archipel, qui vise Ă  renforcer la lutte contre l’immigration clandestine, l’habitat illĂ©gal, l’insĂ©curitĂ© et Ă  soutenir l’économie locale.

L’enveloppe de ce plan sera de 3,2 milliards d’euros entre 2025 et 2031, selon l’ElysĂ©e, et son financement proviendra de "fonds nationaux", mais aussi "europĂ©ens" et de "bailleurs internationaux" qu’Emmanuel Macron a dit vouloir mobiliser.

Le texte de loi sera votĂ© d’"ici l’étĂ©", a-t-il promis.

Devant lui, plusieurs Ă©lus locaux ont fait Ă©tat d’une situation trĂšs prĂ©caire, dĂ©nonçant le manque d’eau, l’inquiĂ©tude face au chikungunya, ou encore le retard pris par de nombreux dispositifs promis aprĂšs le cyclone.

Emmanuel Macron a assurĂ© que les prĂȘts Ă  taux zĂ©ro Ă©taient "en train d’arriver" et invitĂ© les banques comme les assurances Ă  s’en "tenir aux textes" sans "compliquer les choses pour ne jamais payer". Il a Ă©galement indiquĂ© que la campagne de vaccination contre le chikungunya commencerait dĂšs mardi.

Le chef de l’Etat qui avait promis en 2019 une piste longue Ă  l’aĂ©roport de Mayotte, sur Petite Terre, afin de faciliter l’atterrissage des gros porteurs, a concĂ©dĂ© une impossibilitĂ© pour raisons techniques, et invitĂ© Ă  s’en remettre Ă  la solution alternative d’un nouvel aĂ©roport sur Grande Terre.

Et alors que Mayotte est confrontĂ© Ă  un dĂ©fi migratoire, notamment en provenance des Comores voisines, il a promis qu’en la matiĂšre, « d’ici un an, les choses auront profondĂ©ment changĂ© ».

- "Plus de moyens" -

Le prĂ©sident avait plus tĂŽt rencontrĂ© des agents engagĂ©s dans la lutte contre l’immigration clandestine, montant Ă  bord d’une vedette d’interception sur le canal du Mozambique.

Il s’est aussi rendu Ă  Tsingoni (ouest) oĂč il Ă©tait dĂ©jĂ  venu en dĂ©cembre Ă©changer avec des habitants en dĂ©tresse.

"Le moral n’est pas tellement bon", lui a lancĂ© une femme alors que des chants traditionnels retentissaient. Une autre s’est plaint du retard des assureurs. "On a toujours pas Ă©tĂ© relogĂ©, pourtant je leur ai envoyĂ© tous les papiers."

"On est à la traßne par rapport à ce que vous avez fait pour La Réunion", frappée en février par le cyclone Garance, a déploré un travailleur du BTP.

Au centre hospitalier de Mamoudzou, l’inquiĂ©tude Ă©tait aussi palpable. Il nous faut "plus de moyens, plus de personnel, et dans la durĂ©e", a dit une infirmiĂšre au chef de l’Etat.

Mayotte, oĂč Marine Le Pen a rĂ©alisĂ© un de ses meilleurs scores Ă  la prĂ©sidentielle de 2022 (59% au second tour), reste aussi un enjeu politique majeur.

- Bidonvilles -

Le projet de loi, trĂšs attendu, doit ĂȘtre entĂ©rinĂ© dans la soirĂ©e par un Conseil des ministres spĂ©cial que M. Macron prĂ©sidera en visioconfĂ©rence depuis l’avion qui le mĂšnera de Mayotte Ă  La RĂ©union, deuxiĂšme Ă©tape de sa tournĂ©e.

Le Parlement a certes adoptĂ© en fĂ©vrier une loi d’urgence qui prĂ©voit des assouplissements aux rĂšgles d’urbanisme et des facilitĂ©s fiscales pour encourager la reconstruction.

Mais le processus patine. Et les habitations de fortune en tĂŽle sont rĂ©apparues aussi vite qu’elles avaient Ă©tĂ© soufflĂ©es.

Plusieurs Ă©lus locaux ont rĂ©clamĂ© lundi Ă  ce que soit inscrit dans le projet de loi l’interdiction pure et simple de la construction de bidonvilles.

Le texte prĂ©voit de durcir les conditions d’obtention du titre de sĂ©jour dans l’archipel ainsi qu’une extension de l’aide au retour volontaire.

Il entend aussi faciliter les Ă©vacuations d’habitats insalubres dans les bidonvilles et les saisies d’armes dans un dĂ©partement Ă  l’insĂ©curitĂ© rampante.

Mayotte, oĂč le taux de chĂŽmage atteignait 37% et le niveau de vie restait sept fois plus faible qu’ailleurs en France avant le passage de Chido, doit devenir une zone franche globale, avec des abattements fiscaux Ă  100%.

Le projet de loi prĂ©voit aussi une "convergence sociale" entre la mĂ©tropole et l’archipel oĂč les minima sociaux, comme le RSA, sont aujourd’hui 50% infĂ©rieurs.

AFP

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3 Commentaires
CyprĂšs
CyprĂšs
1 an

Mais il le trouve oĂč tout cet argent ?
Et demain pour La Réunion, ce sera combien ?

Toto
Toto
1 an

Mais quelle question nulle !!!! Un citoyen ? Qui s’en fiche de savoir comment notre pays fonctionne ?

Achtung
Achtung
1 an

Quel est le sens de cette réflexion ? Jaloux ? Il faut reconstruire c est évident et c est à l etatvde le faire vu qu'il n'a jamais rien fait pour Mayotte