Lors dâune Ă©tape en Bretagne dans son tour de France sur la rĂ©gulation des rĂ©seaux sociaux, le chef de lâĂtat a insistĂ© devant prĂšs de 220 lecteurs et journalistes dâOuest-France sur sa volontĂ© dâ"imposer Ă tous les rĂ©seaux sociaux la vĂ©rification de lâĂąge" des utilisateurs, sur le modĂšle des sites pornographiques depuis mars.
Et ceci dans le cadre dâ"un texte de loi du gouvernement" dĂ©posĂ© Ă lâAssemblĂ©e nationale "dĂšs janvier" et voté "dans les meilleurs dĂ©lais".
Soulignant le "consensus scientifique" concernant les dĂ©gĂąts des rĂ©seaux sociaux sur les rĂ©sultats scolaires et sur la santĂ© mentale des adolescents, il a comparĂ© le danger Ă un enfant au volant dâune Formule 1. "Mon enfant, (...), jâai pas envie quâil gagne la course, jâai juste envie quâil descende de la voiture", a-t-il argumentĂ©. "Je veux dâabord lui apprendre le code et ĂȘtre sĂ»r que la voiture fonctionne, lui apprendre Ă conduire sur une autre voiture", a-t-il insistĂ©
AprĂšs lâAustralie qui a interdit les rĂ©seaux sociaux aux moins de 16 ans, il a estimĂ© que le prĂ©cĂ©dent des sites pornographiques, "ça fonctionne". "Cette technique, on peut lâutiliser pour les rĂ©seaux sociaux", a-t-il assurĂ©, dâautant que cette fois, la Commission europĂ©enne a donnĂ© son feu vert "lâĂ©tĂ© dernier".
Une loi instaurant une majoritĂ© numĂ©rique Ă 15 ans et promulguĂ©e en juillet 2023 nâavait pu ĂȘtre mise en oeuvre en raison dâun blocage europĂ©en.
Un autre texte Ă©manant du groupe Renaissance a Ă©tĂ© inscrit Ă lâagenda parlementaire pour examen le 19 janvier et prĂ©voit Ă©galement lâinterdiction des rĂ©seaux sociaux avant 15 ans.
Mais Emmanuel Macron ne sâest rĂ©fĂ©rĂ© ni Ă lâun ni Ă lâautre lors de ce dĂ©bat consacrĂ© Ă Â "la dĂ©mocratie Ă lâĂ©preuve des rĂ©seaux sociaux", sur le modĂšle de ce quâil avait fait Ă Toulouse, Arras ou Mirecourt (Vosges) ces derniĂšres semaines.
Il sâest contentĂ© de "prendre lâengagement" quâun texte serait "votĂ© avant la fin de ce mandat".
-Â "Un peu nâimporte quoi"Â -
Le chef de lâĂtat est Ă©galement revenu sur les questions de dĂ©sinformation et de "labellisation des mĂ©dias" qui avaient fait polĂ©mique, dĂ©plorant les accusations de dĂ©rive "autoritaire".
"Il y a eu parfois des dĂ©bats ces derniers jours largement biaisĂ©s qui ont dit un peu nâimporte quoi, y compris sur ce que jâavais pu dire", a rĂ©pondu Emmanuel Macron.
Câest quand il a apportĂ© un soutien trĂšs volontariste Ă des initiatives existantes de labellisation des mĂ©dias "par des professionnels", pour distinguer les sites et rĂ©seaux qui font de lâinformation en se conformant aux rĂšgles dĂ©ontologiques, que la polĂ©mique est survenue.
"On va tout faire pour que soit mis en place un label", avait-il lancĂ© le 19 novembre Ă Arras, tout en assurant que ce nâĂ©tait pas Ă lâĂtat de le faire.
Le Journal du dimanche lui avait reprochĂ© une "dĂ©rive totalitaire", suivi par les autres mĂ©dias de la sphĂšre BollorĂ©, puis par plusieurs dirigeants de la droite et de lâextrĂȘme droite, disant soupçonner le chef de lâĂtat de vouloir "contrĂŽler lâinformation".
"Ce nâest pas du tout le travail de lâĂtat de distinguer le vrai du faux, câest prĂ©cisĂ©ment le travail dâune presse libre par la contradiction, la vĂ©rification", a rĂ©pondu en personne Emmanuel Macron Ă Saint-Malo, reprenant une riposte dĂ©jĂ formulĂ©e la semaine derniĂšre dans le huis clos du Conseil des ministres.
"La clĂ©, câest dâabord de redonner une place centrale Ă ceux dont câest le travail, câest-Ă -dire les journalistes et les organes de presse (...), ils ont une dĂ©ontologie, une charte dĂ©ontologique", a-t-il dit.
Un moment fort et poignant de cet Ă©change a Ă©tĂ© le tĂ©moignage dâEmmanuelle PouĂ©dras, dont le fils sâest donnĂ© la mort en septembre 2024 et qui estime que les messages envoyĂ©s sur son compte Tik Tok ont eu une part prĂ©pondĂ©rante dans son acte. "Quâest-ce que vous allez imposer comme mesure immĂ©diate vis-Ă -vis des parquets et des plateformes pour accompagner les familles endeuillĂ©es ?", a-t-elle interrogĂ©. Le chef de lâĂtat a Ă©voquĂ© un "tĂ©moignage bouleversant" et sâest engagĂ© Ă la rencontrer.
AFP

trop tard ... ils sont déjà tous accros
TrÚs bien, indispensable. Il était temps.