Macron confirme une loi pour interdire les réseaux sociaux "avant 15-16 ans"

  • PubliĂ© le 11 dĂ©cembre 2025 Ă  10:52
  • ActualisĂ© le 11 dĂ©cembre 2025 Ă  14:11
(ILLUSTRATION) Des collégiens californiens qui broyaient du noir et tentaient d'appeler un service de prévention des suicides étaient en réalité mis en relation avec des hÎtesses de téléphone rose

Lors d’une Ă©tape en Bretagne dans son tour de France sur la rĂ©gulation des rĂ©seaux sociaux, le chef de l’État a insistĂ© devant prĂšs de 220 lecteurs et journalistes d’Ouest-France sur sa volontĂ© d’"imposer Ă  tous les rĂ©seaux sociaux la vĂ©rification de l’ñge" des utilisateurs, sur le modĂšle des sites pornographiques depuis mars.

Et ceci dans le cadre d’"un texte de loi du gouvernement" dĂ©posĂ© Ă  l’AssemblĂ©e nationale "dĂšs janvier" et voté "dans les meilleurs dĂ©lais".

Soulignant le "consensus scientifique" concernant les dĂ©gĂąts des rĂ©seaux sociaux sur les rĂ©sultats scolaires et sur la santĂ© mentale des adolescents, il a comparĂ© le danger Ă  un enfant au volant d’une Formule 1. "Mon enfant, (...), j’ai pas envie qu’il gagne la course, j’ai juste envie qu’il descende de la voiture", a-t-il argumentĂ©. "Je veux d’abord lui apprendre le code et ĂȘtre sĂ»r que la voiture fonctionne, lui apprendre Ă  conduire sur une autre voiture", a-t-il insistĂ©

AprĂšs l’Australie qui a interdit les rĂ©seaux sociaux aux moins de 16 ans, il a estimĂ© que le prĂ©cĂ©dent des sites pornographiques, "ça fonctionne". "Cette technique, on peut l’utiliser pour les rĂ©seaux sociaux", a-t-il assurĂ©, d’autant que cette fois, la Commission europĂ©enne a donnĂ© son feu vert "l’étĂ© dernier".

Une loi instaurant une majoritĂ© numĂ©rique Ă  15 ans et promulguĂ©e en juillet 2023 n’avait pu ĂȘtre mise en oeuvre en raison d’un blocage europĂ©en.

Un autre texte Ă©manant du groupe Renaissance a Ă©tĂ© inscrit Ă  l’agenda parlementaire pour examen le 19 janvier et prĂ©voit Ă©galement l’interdiction des rĂ©seaux sociaux avant 15 ans.

Mais Emmanuel Macron ne s’est rĂ©fĂ©rĂ© ni Ă  l’un ni Ă  l’autre lors de ce dĂ©bat consacrĂ© à "la dĂ©mocratie Ă  l’épreuve des rĂ©seaux sociaux", sur le modĂšle de ce qu’il avait fait Ă  Toulouse, Arras ou Mirecourt (Vosges) ces derniĂšres semaines.

Il s’est contentĂ© de "prendre l’engagement" qu’un texte serait "votĂ© avant la fin de ce mandat".

- "Un peu n’importe quoi" -

Le chef de l’État est Ă©galement revenu sur les questions de dĂ©sinformation et de "labellisation des mĂ©dias" qui avaient fait polĂ©mique, dĂ©plorant les accusations de dĂ©rive "autoritaire".

"Il y a eu parfois des dĂ©bats ces derniers jours largement biaisĂ©s qui ont dit un peu n’importe quoi, y compris sur ce que j’avais pu dire", a rĂ©pondu Emmanuel Macron.

C’est quand il a apportĂ© un soutien trĂšs volontariste Ă  des initiatives existantes de labellisation des mĂ©dias "par des professionnels", pour distinguer les sites et rĂ©seaux qui font de l’information en se conformant aux rĂšgles dĂ©ontologiques, que la polĂ©mique est survenue.

"On va tout faire pour que soit mis en place un label", avait-il lancĂ© le 19 novembre Ă  Arras, tout en assurant que ce n’était pas Ă  l’État de le faire.

Le Journal du dimanche lui avait reprochĂ© une "dĂ©rive totalitaire", suivi par les autres mĂ©dias de la sphĂšre BollorĂ©, puis par plusieurs dirigeants de la droite et de l’extrĂȘme droite, disant soupçonner le chef de l’État de vouloir "contrĂŽler l’information".

"Ce n’est pas du tout le travail de l’État de distinguer le vrai du faux, c’est prĂ©cisĂ©ment le travail d’une presse libre par la contradiction, la vĂ©rification", a rĂ©pondu en personne Emmanuel Macron Ă  Saint-Malo, reprenant une riposte dĂ©jĂ  formulĂ©e la semaine derniĂšre dans le huis clos du Conseil des ministres.

"La clĂ©, c’est d’abord de redonner une place centrale Ă  ceux dont c’est le travail, c’est-Ă -dire les journalistes et les organes de presse (...), ils ont une dĂ©ontologie, une charte dĂ©ontologique", a-t-il dit.

Un moment fort et poignant de cet Ă©change a Ă©tĂ© le tĂ©moignage d’Emmanuelle PouĂ©dras, dont le fils s’est donnĂ© la mort en septembre 2024 et qui estime que les messages envoyĂ©s sur son compte Tik Tok ont eu une part prĂ©pondĂ©rante dans son acte. "Qu’est-ce que vous allez imposer comme mesure immĂ©diate vis-Ă -vis des parquets et des plateformes pour accompagner les familles endeuillĂ©es ?", a-t-elle interrogĂ©. Le chef de l’État a Ă©voquĂ© un "tĂ©moignage bouleversant" et s’est engagĂ© Ă  la rencontrer.

AFP

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2 Commentaires
snapchat
snapchat
7 mois

trop tard ... ils sont déjà tous accros

Désintox
Désintox
7 mois

TrÚs bien, indispensable. Il était temps.