Lors de son interview Ă  Brut

Macron refuse le "slogan" des "violences policiĂšres" mais admet la violence de certains d'entre eux

  • PubliĂ© le 4 dĂ©cembre 2020 Ă  20:43
  • ActualisĂ© le 4 dĂ©cembre 2020 Ă  20:49
Emmanuel Macron répond aux questions des journalistes du média en ligne Brut, à Paris le 4 décembre 2020

Emmanuel Macron a reconnu vendredi qu'il existait "des violences par des policiers", expression qu'il a dit préférer à celle de "violences policiÚres", qui est selon lui devenue "un slogan".

"Je n'ai pas de problÚme à répéter le terme de violences policiÚres, mais je le déconstruis", car "c'est devenu un slogan pour des gens qui ont un projet politique. Il y a des policiers qui sont violents" et "qu'il faut sanctionner", a-t-il dit sur Brut, faisant notamment référence à l'agression d'un producteur noir par plusieurs policiers. Longuement interrogé sur les violences policiÚres, le chef de l'Etat a rappelé la présence de "la violence dans notre société" pour laquelle il doit y avoir "zéro tolérance des deux cÎtés". Il a mis en cause notamment le rÎle des Black Blocs.

Il a ainsi dĂ©noncĂ© les violences contre une policiĂšre "attaquĂ©e par des fous", des "gens ensauvagĂ©s", lors de la manifestation contre le texte de loi "sĂ©curitĂ© globale", samedi dernier Ă  Paris. A propos de l'Ă©vacuation brutale de la place de la RĂ©publique oĂč s'Ă©taient installĂ©s des migrants, Emmanuel Macron a considĂ©rĂ© qu'il n'Ă©tait "jamais normal d'avoir des comportements qui ne sont pas Ă  la hauteur des attentes". S'il a estimĂ© qu'il "fallait enlever les tentes" car "on ne peut pas accepter que ces femmes et hommes dorment dans la rue", il a jugĂ© "inadmissible d'Ă©vacuer les tentes si nous ne pouvons pas offrir d'hĂ©bergement".

Il a affirmé que le vrai problÚme était "le droit d'asile (...) détourné par des réseaux de trafiquants". Le chef de l'Etat a également abordé la question des contrÎles au faciÚs, dont il a reconnu la réalité. "Aujourd'hui, quand on a une couleur de peau qui n'est pas blanche, on est beaucoup plus contrÎlé (..) On est identifié comme un facteur de problÚme et c'est insoutenable", a-t-il regretté. Il a promis le lancement d'une plateforme nationale de signalement des discriminations, gérée par l'Etat, le Défenseur des droits et des associations, en janvier.

Emmanuel Macron a également tenu à rendre hommage au travail des forces de l'ordre, en rappelant "les milliers de policiers et policiÚres qui ont subi des violences depuis 3 ans, qui pour certains ont été tués". "Quand il y a des gens qui vous paraissent avoir un comportement violent avec un individu, c'est aussi parce qu'ils ont vu des collÚgues se faire brûler dans une voiture, se faire caillasser se faire tirer au mortier, se faire tirer à balles réelles", a-t-il précisé.

AFP

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