Pas d'union nationale contre l'antisĂ©mitisme: au lieu de rĂ©unir la classe politique, la "grande marche civique" prĂ©vue dimanche, oĂč se rendra la PremiĂšre ministre, Elisabeth Borne, se heurte au boycott de LFI et Ă la participation du RN jugĂ©e encombrante Ă gauche et dans la majoritĂ©.
Elle se voulait consensuelle: "une mobilisation générale" contre la recrudescence des actes antisémites en France - plus de 1.000 en un mois, un record.
Mais le défilé entre l'Assemblée nationale et le Sénat voulu par leurs présidents Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher a été aussitÎt rejeté par Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise.
En outre, la présence du Rassemblement national provoque un malaise à gauche et dans la majorité.
Pas question pour Marine Le Pen de renoncer. "J'y participerai" et "j'appelle l'ensemble de nos adhérents et de nos électeurs à venir se joindre à cette marche", a-t-elle lancé mercredi.
"Plus il y aura de monde et mieux ce sera", a ajoutĂ© la cheffe de file des dĂ©putĂ©s RN, assurant ĂȘtre prĂȘte Ă dĂ©filer "en queue de cortĂšge" puisque sa prĂ©sence dĂ©range.
"A mon sens, le Rassemblement national n'a pas sa place dans cette manifestation", mais "c'est une manifestation publique à laquelle chacun est libre, en conscience, de participer" y compris "chacun des membres du gouvernement", a relevé le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, aprÚs le Conseil des ministres.
Mme Borne, dont le pÚre, de confession juive, a été déporté, y "participera", a ajouté M. Véran.
A gauche, le malaise domine. Le numéro un du PCF Fabien Roussel a affirmé qu'il "ne défilera(it) pas aux cÎtés" du RN, héritier du Front national fondé par Jean-Marie Le Pen "plusieurs fois condamné pour propos antisémites" et par "des hommes qui ont collaboré" avec l'Allemagne nazie.
Le patron des communistes a prĂ©cisĂ© qu'il marcherait "peut-ĂȘtre Ă un autre endroit mais pas avec eux".
- Macron s'interroge -
MĂȘme embarras chez les socialistes pour qui "la prĂ©sence du RN Ă cette marche est illĂ©gitime" au vu notamment des propos tenus dimanche par son prĂ©sident Jordan Bardella pour qui Jean-Marie Le Pen n'Ă©tait pas antisĂ©mite.
Le PS appelle néanmoins "tous les Français, quelle que soit leur position sur la guerre au Proche-Orient, à se joindre à la manifestation".
Mais les patrons des sĂ©nateurs PS Patrick Kanner et Ă©cologistes Guillaume Gontard ont rĂ©clamĂ© que GĂ©rard Larcher "clarifie" le fait que "l'extrĂȘme droite n'a pas sa place dans cette marche".
Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de Renaissance, StĂ©phane SĂ©journĂ©, a Ă©galement Ă©mis les plus grandes rĂ©serves quant Ă la prĂ©sence du RN. "J'appelle solennellement les organisateurs ainsi que les partis politiques qui y participeront Ă ne pas ĂȘtre les complices de la banalisation d'un parti fondĂ© par des antisĂ©mites", a-t-il dit.
D'autres ont moins d'Ă©tat d'Ăąme: Ă droite, Eric Ciotti (LR), Ă l'extrĂȘme droite Eric Zemmour et Marion MarĂ©chal (ReconquĂȘte!) ont immĂ©diatement fait savoir qu'ils en seraient.
Emmanuel Macron de son cÎté s'interroge sur son éventuelle participation.
Le chef de l'Etat pourrait dévoiler ses intentions en début d'aprÚs-midi devant les responsables franc-maçons.
Mardi soir, lors d'un dßner avec les ténors de son camp à l'Elysée, il n'avait pas encore tranché, selon des participants.
- Mélenchon boycotte -
Seule La France insoumise n'ira pas. "On ne lutte pas contre l'antisémitisme et le racisme dans la confusion", a-t-elle estimé dans un communiqué mercredi. "L'ambiguïté des objectifs de cette démarche permet les soutiens les plus insupportables", dit le parti qui refuse de défiler aux cÎtés du RN.
Déjà la veille, M. Mélenchon avait provoqué une nouvelle polémique en déclarant que "les amis du soutien inconditionnel au massacre ont leur rendez-vous" dimanche, "sous prétexte d'antisémitisme".
Les massacres du 7 octobre, qui ont fait plus de 1.400 morts cÎté israélien, ont déclenché une guerre dévastatrice entre le Hamas et Israël qui, depuis, pilonne la bande de Gaza. Selon le mouvement islamiste, les opérations militaires israéliennes y ont fait plus de 10.300 morts.
Depuis un mois, La France insoumise est critiquée de toutes parts, y compris par certaines voix dissidentes en son sein, pour le refus de ses dirigeants de qualifier l'organisation palestinienne islamiste Hamas de "terroriste". Dans son communiqué, elle répÚte vouloir "réunir autour des objectifs de paix pour exiger clairement un cessez-le-feu et la libération des otages".
AFP

MĂLENCHON Ă©tant antisĂ©mite,il Ă©tait impossible que LFI participe. BARDELLA a fait une grosse erreur en "croyant que Jean-Marie LE PEN n'Ă©tait pas antisĂ©mite". Bien sĂ»r qu'il l'est. Du coup sur la participation du RN plane quand mĂȘme un doute, mĂȘme si tous ses Ă©lecteurs ne le sont pas ( il y a des moments oĂč les hommes politiques devraient ĂȘtre plus fins). Plus qu'une marche contre l'antisĂ©mitisme, il aurait fallu faire une marche pour la libĂ©ration des otages. Personne ne l'Ă©voque de façon prioritaire. C'est pourtant çà la prioritĂ©.