Maroc : 22 morts dans l'effondrement de deux immeubles, dont l'un accueillait une fĂȘte

  • PubliĂ© le 10 dĂ©cembre 2025 Ă  19:59
  • ActualisĂ© le 11 dĂ©cembre 2025 Ă  04:59
Des secouristes fouillent les décombres aprÚs l'effondrement de deux immeubles à FÚs, au Maroc, pendant la nuit du 9 au 10 décembre 2025

Vingt-deux personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es dans la nuit de mardi Ă  mercredi dans l'effondrement de deux immeubles mitoyens Ă  FĂšs, grande ville du nord du Maroc, dont l'un accueillait une fĂȘte pour une naissance, selon les autoritĂ©s. Il s'agit du pire accident de ce type ces derniĂšres annĂ©es dans le pays.

Aucune explication officielle n'a Ă©tĂ© avancĂ©e au sinistre, et le Parquet de FĂšs a annoncĂ© l'ouverture d'une enquĂȘte.

Mais des riverains ont pointĂ© "la construction anarchique" de quatriĂšmes ou de cinquiĂšmes Ă©tages dans un quartier oĂč il n'est permis de construire que des bĂątiments Ă  deux Ă©tages.

Les autorités locales ont précisé que les deux immeubles comptaient quatre étages chacun. Selon le Parquet, l'accident s'est produit peu aprÚs 23H00 locales.

Vingt-deux personnes sont mortes, dont des femmes et des enfants, et 16 personnes ont été blessées, a-t-il ajouté.

"Le premier immeuble Ă©tait vide, le second accueillait une fĂȘte d'+aqiqa+", tradition cĂ©lĂ©brant l'arrivĂ©e d'un enfant dans une famille, a-t-il prĂ©cisĂ© dans un communiquĂ©.

En milieu d'aprÚs-midi, la recherche de survivants ou de victimes était terminée, a affirmé à l'AFP sur place Abdelaziz Makhmakh, commandant régional de la Protection civile.

"J'ai entendu un bruit fort vers minuit, puis des cris. C'était choquant. Tout le monde est sorti et j'ai vu comme un nuage de poussiÚre, et c'est là que j'ai réalisé que les deux bùtiments s'étaient effondrés", a raconté à l'AFP Bilal El Bachir, 17 ans, un habitant du quartier.

"Je ne sais pas pourquoi c'est arrivé (...). Mais je suis sûr que les étages supérieurs étaient illégaux. Et ce ne sont pas les seuls bùtiments ici qui comptent des étages construits illégalement. Je crains que ce genre d'incidents ne se reproduise", a-t-il ajouté.

- "Responsabilités" -

"Il y a des constructions presque anarchiques dans cette zone, qui Ă©chappent Ă  tout contrĂŽle, alors que c'est un quartier censĂ© ĂȘtre moderne oĂč on a offert des lots de terrains pour reloger des familles qui vivaient dans des bidonvilles!", s'exclame de son cĂŽtĂ© Bilal Ben Daoued, 20 ans.

"On voit trĂšs bien que les conditions de sĂ©curitĂ© ne sont pas respectĂ©es. Il faut que l'enquĂȘte nous explique cela, que les autoritĂ©s assument leurs responsabilitĂ©s", ajoute-t-il.

Les autorités locales ont indiqué que selon les indications préliminaires, les deux immeubles avaient été construits en 2006.

Dans la nuit, selon les premiÚres images, une foule de civils s'était rassemblée sur place, tandis que des secouristes transportaient le corps d'une victime, enveloppé dans un sac gris.

Les blessés ont été évacués vers le Centre Hospitalier Universitaire de FÚs, a indiqué l'agence de presse officielle MAP.

Le dernier effondrement le plus meurtrier remonte à 2014, quand 23 personnes avaient trouvé la mort dans l'écroulement de trois immeubles à Casablanca, grande ville de l'ouest du pays.

A FĂšs dĂ©jĂ , en mai dernier, neuf personnes avaient Ă©tĂ© tuĂ©es dans l'effondrement d'un immeuble d'habitation, et une enquĂȘte a Ă©tĂ© ouverte.

La construction "figurait sur la liste des bùtiments menaçant de s'effondrer et avait fait l'objet d'un ordre d'évacuation adressé à ses occupants", avait affirmé une source des autorités locales à l'AFP.

Cinq personnes étaient aussi mortes en février 2024, toujours à FÚs, dans l'effondrement d'une maison dans la vieille ville.

Et en 2016, en l'espace d'une semaine, deux enfants avaient péri dans l'effondrement d'une maison à Marrakech (ouest) tandis qu'à Casablanca l'effondrement d'un immeuble de quatre étages avait fait quatre morts et 24 blessés.

AFP

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