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Mobile-home, barnum: des Ehpad innovent pour alléger le reconfinement

  • PubliĂ© le 13 novembre 2020 Ă  15:45
  • ActualisĂ© le 13 novembre 2020 Ă  16:07
Guy, 93 ans, avec ses deux filles Elisabeth (d) et VĂ©ronique dans un mobile-home oĂč ils peuvent dĂ©jeuner ensemble, le 12 novembre 2020 Ă  l'Ehpad Beauregard, Ă  Villeneuve-Saint-Georges, prĂšs de Paris

"C'est comme dans une bulle, on n'est pas Ă  l'Ehpad": tirant les leçons du premier confinement, de nombreux Ă©tablissements pour personnes ĂągĂ©es innovent pour maintenir les visites de proches, comme en rĂ©gion parisienne oĂč Elisabeth profite de quelques instants d'intimitĂ© avec son pĂšre Guy dans un mobile-home.

InstallĂ© sur le parking de l'Ehpad Beauregard, Ă  Villeneuve-Saint-Georges, ce mobile-home en bois de 12mÂČ dispose de deux entrĂ©es: l'une pour le rĂ©sident, l'autre pour ses proches. DerriĂšre de larges vitres, les familles peuvent se voir, se parler, mais pas se toucher.

A midi, Elisabeth Duluc et sa soeur Véronique y retrouvent leur pÚre Guy, 93 ans, pour déjeuner. "On a beaucoup souffert pendant le premier confinement de ne pas voir notre pÚre", témoigne à l'AFP Elisabeth Duluc, 59 ans. "J'avais peur de ne jamais le revoir, de ne pas pouvoir voir qu'il a les yeux heureux. Il est tellement heureux de nous voir, ça nous a apporté un soulagement. C'était vital pour nous."
Leur pÚre, qui se dit aujourd'hui en "pleine forme" aprÚs avoir eu le Covid au printemps, a aussi "souffert" du confinement imposé.

Atteint de dégénérescence maculaire (DMLA) et sujet à des pertes de mémoire, il ne reconnaissait pas ses filles et décrochait facilement des conversations en vidéo qu'ils tentaient d'avoir. Ses rendez-vous dans le mobile-home lui permettent désormais "une sorte d'indépendance". "On est comme dans une bulle, on n'est pas dans l'Ehpad", sourit Mme Duluc.

Le concept, inventé par le fabricant Rapidhome et baptisé "Club Famille", est déployé dans les six établissements du groupe privé Alliage Care. Les familles disposent de créneaux de 45 minutes à une heure et, entre chaque occupation, une décontamination de 15 minutes est prévue. La deuxiÚme vague de l'épidémie touche trÚs durement les Ehpad, lieux de vie des plus vulnérables au coronavirus, avec actuellement 1.317 foyers de contamination (clusters) en cours d'investigation pour 7.000 Ehpad dans le territoire, selon les derniers chiffres de Santé publique France.

- Traumatisme -

Pour autant, contrairement au premier confinement qui a pu ĂȘtre vĂ©cu comme un traumatisme dans les Ehpad, les visites restent autorisĂ©es dans le strict respect des rĂšgles sanitaires. "Nous voulions proposer aux familles une solution pĂ©renne dans le temps d'accueil, quelle que soit la saison, quel que soit le temps Ă  l'extĂ©rieur, pour maintenir ce lien social qui est extrĂȘmement important pour les rĂ©sidents, certes, mais Ă©galement pour les proches", explique Carine Courtiller, directrice de la rĂ©sidence Beauregard, vantant une "solution novatrice".
Dans cet espace "complÚtement sécuritaire", ils peuvent "maintenir la communication, quelle que soit la situation sanitaire".

Dans une mĂȘme dĂ©marche, les trente Ă©tablissements du groupe Medicharme disposent depuis fin septembre de barnums Ă  l'extĂ©rieur des rĂ©sidences. Dans ces grandes tentes blanches chauffĂ©es, les familles se retrouvent autour d'une table - Ă  1,5 mĂštre de distance - Ă  l'abri de la mĂ©tĂ©o. "On a toujours pensĂ© qu'il y aurait une deuxiĂšme vague et on ne voulait pas revivre le premier confinement. On a donc cherchĂ© une solution pour Ă©viter de faire entrer des personnes Ă  l'intĂ©rieur de l'Ă©tablissement tout en maintenant les visites", explique Ă  l'AFP Patrick Boulard, directeur gĂ©nĂ©ral de ce groupe, qui a dĂ©plorĂ© cinq dĂ©cĂšs liĂ©s au Covid au printemps.

Sous ces barnums, qui reprĂ©sentent un investissement d'environ 100.000 euros (3.000 euros chacun), "les rĂ©sidents sont heureux car ils ne sont pas derriĂšre une vitre, ils se voient et peuvent crĂ©er une proximitĂ©", constate-t-il. Une seule exception est faite pour les rĂ©sidents alitĂ©s, grabataires ou en fin de vie qui ne peuvent pas sortir et pour lesquels les familles ont le droit d'entrer vĂȘtues d'une blouse, d'une charlotte, et d'un masque. "Cela arrive peut-ĂȘtre plusieurs fois par mois, c'est normal de faire cette exception", poursuit M. Boulard.
L'Ehpad Beauregard n'a pas souhaité communiquer le prix du mobile-home.

 AFP

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