Ils ont chacun sorti un lapin de leur chapeau: les sélectionneurs anglais Eddie Jones et néo-zélandais Steve Hansen ont effectué jeudi une retouche de taille dans leur XV de départ pour faire basculer en leur faveur la demi-finale de Coupe du monde, samedi à Yokohama (banlieue de Tokyo).
Une fois n'est pas coutume, ce ne sont pas les Anglais qui ont tiré les premiers mais les doubles champions du monde en titre, dont l'annonce de la composition, dans la matinée au Japon, précédait celle du XV de la Rose. Midi pétante, dans un salon de l'hÎtel gratte-ciel Conrad de Tokyo, Hansen a donc dégainé l'arme Scott Barrett.
Habituel deuxiÚme ligne remplaçant de l'indéboulonnable tandem Brodie Retallick-Sam Whitelock, il démarrera pour la premiÚre fois de sa carriÚre international un cran plus bas, en remplacement de Sam Cane, pourtant un des tauliers de l'équipe.
Au passage, Scott confirme l'incroyable polyvalence de la fratrie Barrett, puisque l'aßné Beauden est titulaire à l'arriÚre aprÚs avoir porté le N.10 jusqu'à cet été et que le benjamin Jordie peut couvrir sur le banc les postes d'arriÚre, ouvreur et ailier.
Cane glisse justement sur le banc à la place de Matt Todd, touché à une épaule en quarts de finale contre l'Irlande (46-14). Ce dernier n'était-il pas rétabli, auquel cas l'encadrement a voulu assurer ses arriÚres en plaçant sur le banc un troisiÚme ligne de poids en la personne de Cane, présenté comme le successeur du mythique capitaine Richie McCaw ?
Ou le staff mise-t-il sur les qualitĂ©s aĂ©riennes de Barrett, qui avait considĂ©rablement gĂȘnĂ© les Anglais dans ce secteur, en novembre dernier Ă Twickenham (16-15), en entrant en jeu en troisiĂšme ligne ?
"Cela a un peu à voir avec ce match, mais pas tant que ça", a répondu Hansen, pour qui Barrett est un "bon sauteur en touche et gros porteur de balle, il nous apporte dans ce dernier domaine".
- "C'est stratégique" -
Hansen a cependant refusĂ© de "rentrer dans les dĂ©tails car cela donnerait des informations Ă Eddie (Jones, le sĂ©lectionneur de l'Angleterre), il vaut mieux qu'il les cherche lui-mĂȘme".
"C'est stratégique, et pas un choix dicté par la forme car Sam (Cane) a trÚs bien joué. Mais nous devons prendre des décisions en fonction de la façon dont nous voulons jouer, voilà pourquoi nous avons changé" a-t-il ajouté.
Jones aussi a changé, mais il a moins innové. Le sélectionneur australien du XV de la Rose est en effet revenu à son ancienne configuration en misant sur l'association des deux ouvreurs et amis d'enfance, George Ford et Owen Farrell (placé au centre).
\'Une configuration utilisée en poules, qu'il avait simplement remisée au placard pour le quarts de finale contre l'Australie (40-16), dont il craignait la puissance. Pour la contrer, il avait évincé laissé Ford sur le banc pour repositionner le capitaine Farrell à l'ouverture et solidifier sa paire de centres en associant Henry Slade à Manu Tuilagi.
- "Jeu sans ballon" -
Cette fois, c'est Slade qui est remplaçant, car les All Blacks présentent d'autres caractéristiques que les Wallabies, qui n'ont quasiment pas joué au pied samedi dernier.
Les Néo-Zélandais, avec l'ouvreur Richie Mo'unga et Beauden Barrett, possÚdent eux deux artilleurs capables par leur jeu au pied de faire courir le XV de la Rose.
"Pour chaque match, il faut considérer les conditions, l'opposition, ce qu'on pense qu'elle veut faire et ce que nous voulons proposer en retour", a ainsi souligné Jones.
"Quand vous jouez la Nouvelle-ZĂ©lande, le jeu sans ballon est extrĂȘmement important. Ils aiment dĂ©placer le ballon, et le jeu sans ballon de Ford est absolument exceptionnel" a-t-il ajoutĂ©.
L'ouvreur de Leicester est donc en partie attendu en couverture, pour réceptionner au mieux les coups de pieds des Néo-Zélandais et les renvoyer dans leur camp par les siens. Jeu au pied, lutte en touche et dans les airs, la bataille tactique promet.
AFP


