Menée de deux buts dix minutes avant la fin du temps réglementaire, l'Argentine de Leo Messi, une nouvelle fois miraculée, a renversé mardi (3-2) en 8e de finale de la Coupe du monde l'Egypte, tout proche de créer un immense exploit.
Son émotion dit tout: le héros argentin - porté en triomphe par ses coéquipiers - s'est vu si proche de la sortie qu'il s'est effondré en larmes au coup de sifflet final.
Quatre jours aprÚs avoir tremblé en 16e face Petit Poucet capverdien, qui les avait poussés en prolongation (3-2), les Argentins, tenants du titre et parmi les favoris de ce Mondial, ont réussi une nouvelle fois à s'en sortir, évitant un échec retentissant.
Les Argentins ont appris à souffrir dans cette compétition, c'est d'ailleurs leur marque de fabrique, et ce 8e de finale à Atlanta en est le meilleur exemple.
- "Du coeur, de l'instinct" -
"Le football, c'est de la tactique, de la stratĂ©gie, mais aussi du cĆur, de l'instinct", a dĂ©clarĂ© le sĂ©lectionneur argentin Lionel Scaloni aprĂšs ce match qui a basculĂ© dans l'irrationnel.
"L'équipe a cru qu'elle pouvait gagner aprÚs l'égalisation. Je n'ai pas eu besoin de lui dire: +continuez+", a ajouté le technicien, "devenu entraßneur pour continuer de vivre ces émotions".
En treize minutes, Messi et ses hommes ont réussi une improbable remontée pour se hisser en quart de finale, samedi contre la Suisse, vainqueur de la Colombie aux tirs au but. "C'est une folie ce qu'a fait ce groupe aujourd'hui", a déclaré le capitaine argentin dans une réaction publiée sur le site de la Fifa.
Alors qu'il avait manqué un pénalty en premiÚre période - son deuxiÚme de cette édition et son quatriÚme au total en Coupe du monde - le génie de 39 ans est encore le personnage central de ce match totalement fou, qui a fini par une pluie de cartons jaunes contre le banc égyptien, fou de rage et désespéré par le scénario.
"En football, il existe parfois des facteurs extérieurs qui vont au-delà des aspects techniques. Le champion du monde a bénéficié d'un soutien à tous les niveaux", s'est insurgé Hossam Hassan, le sélectionneur égyptien, critiquant l'arbitrage aprÚs une fin de match tendue.
- Shobeir, héros triste -
"La Pulga" (la Puce) a d'abord servi un centre millimĂ©trĂ© sur la tĂȘte de Cristian Romero qui a trompĂ© Mostafa Shobeir (2-1, 79e), jusque-lĂ hĂ©roĂŻque aprĂšs avoir repoussĂ© un pĂ©nalty et plusieurs tĂȘtes Ă bout portant.
Le N.10 a ensuite surgi pour catapulter une demi-volée dans le but égyptien (2-2, 83e), son 8e but du Mondial, faisant entrer en transe un stade d'Atlanta garni de supporters argentins jusque-là refroidis par le score.
Dans le temps additionnel, l'Albiceleste a foudroyĂ© les Pharaons sur un contre Ă©clair conclu par Enzo Fernandez, sorti de nulle-part pour dĂ©livrer ses coĂ©quipiers d'une tĂȘte croisĂ©e (3-2, 90+2).
GĂȘnĂ©s par la dĂ©fense parfaitement organisĂ©e des Pharaons, les hommes de Lionel Scaloni ont une nouvelle fois prouvĂ© qu'ils ont les nerfs solides, Ă dĂ©faut d'avoir un jeu parfaitement lĂ©chĂ©.
Dans une premiĂšre pĂ©riode trĂšs animĂ©e, les Pharaons, qui ont longtemps touchĂ© du doigt le rĂȘve d'un exploit gigantesque, avaient ouvert le score sur un centre conclu de la tĂȘte par Yasser Ibrahim (1-0, 15e), plongeant - dĂ©jĂ - les Argentins dans le doute.
Cinq minutes plus tard, Messi a manquĂ© un penalty, avant de trouver un poteau sur un magnifique coup franc de plus de 30 mĂštres, comme si l'histoire ne tournait plus en sa faveur dans ce Mondial, oĂč il a si souvent portĂ© son Ă©quipe, avec 8 buts sur les 14 inscrits par l'Argentine.
Tout aussi tranchants en deuxiÚme période, les Egyptiens ont puni les champions du monde sur un contre, mené par Mo Salah et conclu par Mostafa Zico (2-0, 67e), qui avait vu son but refusé moins de dix minutes auparavant pour une faute sifflée au début de l'action.
Mais, dotĂ©s d'un mental rare et portĂ©s par le refus de voir leur gĂ©nie et idole les quitter par la petite porte, les Argentins ont trouvĂ© les ressources pour briser le rĂȘve des Pharaons et de Mo Salah.
La fĂȘte de l'Albiceleste devant les 68.000 supporters argentins a durĂ© de longues minutes, et la route vers un nouveau sacre peut continuer.
AFP
