Affaire Grégory

Murielle Bolle saura mercredi si elle peut rentrer chez elle

  • PubliĂ© le 22 janvier 2018 Ă  14:05
  • ActualisĂ© le 22 janvier 2018 Ă  14:09
Les avocats de Murielle Bolle,  tenant une conférence de presse à Dijon, le 4 août 2017

Murielle Bolle, personnage clé de l'affaire Grégory devenue suspecte, qui demandait lundi à la cour d'appel de Dijon à pouvoir rentrer chez elle dans les Vosges, sera fixée mercredi à 9H00, ont annoncé ses avocats. Ses conseils ont plaidé lundi matin, sans leur cliente, devant la chambre de l'instruction qui rendra mercredi sa décision sur le contrÎle judiciaire qui tient Mme Bolle éloignée de son domicile depuis sa mise en examen fin juin.


"L'argument qui avait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© pour le contrĂŽle judiciaire Ă©tait que des vĂ©rifications devaient ĂȘtre faites et qu'il fallait Ă©viter des pressions sur les tĂ©moins. Ces vĂ©rifications, semble-t-il, ont Ă©tĂ© faites", a indiquĂ© l'un de ses avocats, Me Jean-Paul TeissonniĂšre, Ă  l'issue de l'audience. "Nous ne savons toujours pas dans le dĂ©tail ce qui est reprochĂ© Ă  Murielle Bolle. Il est urgent que cette procĂ©dure avance", a poursuivi le conseil, ajoutant qu'il comptait demander une reconstitution des faits et disant espĂ©rer que sa cliente soit Ă  nouveau entendue "le plus rapidement possible" - elle ne l'a pas Ă©tĂ© depuis six mois.

En 1984, alors adolescente, Murielle Bolle avait accusé son beau-frÚre Bernard Laroche, cousin du pÚre de Grégory, du rapt du garçon de quatre ans retrouvé mort dans la Vologne, avant de se rétracter. Trois décennies plus tard, la justice soupçonne cette femme de 48 ans d'avoir participé au rapt mortel de l'enfant, tout comme les époux Jacob, tous deux septuagénaires aujourd'hui et qui auraient été les "corbeaux" de l'affaire. Des accusations rejetées en bloc par la défense.

"Dans le dossier, il n'y a absolument aucun Ă©lĂ©ment, mĂȘme de dĂ©but de commencement de preuve, qui permette de penser que Murielle Bolle a sciemment participĂ© Ă  l'enlĂšvement de GrĂ©gory", a martelĂ© Me Christophe Ballorin, un autre de ses conseils. D'abord Ă©crouĂ©e, Murielle Bolle avait Ă©tĂ© placĂ©e sous strict contrĂŽle judiciaire dĂ©but aoĂ»t, avec obligation de rĂ©sider dans la NiĂšvre, loin de son domicile.

Le 20 décembre, les magistrats de Dijon avaient permis à Jacqueline et Marcel Jacob de se retrouver chez eux dans les Vosges, aprÚs six mois de séparation dans le cadre de leur contrÎle judiciaire. "Petit à petit, tous les pans du dossier tombent. On a un effritement de la théorie purement inventée de l'accusation", a taclé Me Ballorin, alors que le procureur général Jean-Jacques Bosc s'est à nouveau opposé lundi à tout assouplissement du contrÎle judiciaire de Mme Bolle.

Ses avocats ont dĂ©posĂ© par ailleurs une requĂȘte visant Ă  faire annuler sa mise en examen, assortie d'une question prioritaire de constitutionnalitĂ© (QPC) touchant aux conditions de sa garde Ă  vue en 1984. La date de l'audience devant la chambre de l'instruction n'est pas encore fixĂ©e.
 

AFP

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