Guerre

Nouvelles frappes israéliennes sur Gaza, un "lieu de mort" selon l'ONU

  • Publié le 6 janvier 2024 à 18:50
  • Actualisé le 6 janvier 2024 à 18:52

L'armée de l'air israélienne a mené de nouvelles frappes samedi sur la bande de Gaza assiégée et dévastée, où des dizaines de Palestiniens ont péri ces dernières 24 heures, l'ONU qualifiant le territoire de "lieu de mort inhabitable".

La guerre sans répit entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, qui entre dimanche dans son quatrième mois, suscite les craintes d'un débordement avec la multiplication des violences à la frontière israélo-libanaise, en Irak, en Syrie et en mer Rouge.

Samedi, le Hezbollah libanais a tiré des dizaines de roquettes vers une base militaire à Meron dans le nord d'Israël, une attaque présentée comme sa première riposte à l'élimination, attribuée à Israël, du numéro deux du Hamas mardi près de Beyrouth. L'armée israélienne a confirmé qu'une base avait été la cible de roquettes en provenance du Liban voisin.

Israël a juré de détruire le Hamas après son attaque inédite sur le sol israélien le 7 octobre, fatale à 1.140 personnes, essentiellement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir du bilan israélien. Environ 250 personnes ont été enlevées dont une centaine libérées lors d'une trêve fin novembre.

Les bombardements incessants israéliens ont fait 22.722 morts à Gaza, majoritairement des femmes, enfants et adolescents, et plus de 58.000 blessés, selon un dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas. Parmi eux, figurent 122 personnes tuées ces dernières 24 heures, d'après cette source.

Selon des journalistes de l'AFP, des frappes ont ciblé la nuit et tôt samedi Rafah, ville à la pointe sud de la bande de Gaza où se sont réfugiés ces dernières semaines des centaines de milliers de Palestiniens qui tentent d'échapper aux bombardements destructeurs.

Dans le nord de Gaza, où l'armée israélienne a lancé son opération terrestre le 27 octobre, les bombardements israéliens n'ont pas non plus cessé.

"Ils ont tué nos enfants, ils ont tué nos enfants, ils ont tué nos proches", se lamente une femme devant l'hôpital européen de Khan Younès (sud), où ont été transportés les corps de Palestiniens tués, selon des images de l'AFPTV.

A l'intérieur de l'hôpital, des parents pleurent près des dépouilles de leurs enfants et à l'extérieur des proches tentent de se consoler. Vingt-deux Palestiniens ont été tués dans les frappes à Khan Younès selon le gouvernement du Hamas.

- "90 jours d'enfer" -

Classé comme "groupe terroriste" par les Etats-Unis et l'Union européenne, le Hamas a pris en 2007 le pouvoir à Gaza, deux ans après le retrait unilatéral d'Israël de ce territoire suite à une occupation de 38 ans. Israël a ensuite imposé à partir de 2007 un blocus aérien, maritime et terrestre au territoire, avant un siège total depuis le 9 octobre dernier.

L'offensive israélienne a détruit des quartiers entiers de Gaza et déplacé 1,9 million de personnes, soit 85% de la population d'après l'ONU, qui vivent dans des conditions terribles, manquant d'eau, de nourriture, de médicaments et de soins. Et les hôpitaux ne fonctionnent plus ou très difficilement.

La bande de Gaza est "tout simplement devenue inhabitable", et ses habitants "font face à des menaces quotidiennes sous les yeux du monde", a déploré le coordinateur des affaires humanitaires de l'ONU, Martin Griffiths.

Selon l'Unicef, les combats, la malnutrition et la situation sanitaire ont créé "un cycle de la mort qui menace plus de 1,1 million d'enfants" dans ce petit territoire surpeuplé et paupérisé.

Sean Casey, de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a affirmé que l'OMS et le Fonds de l'ONU pour la population avaient pu livrer pour la première fois en 10 jours des fournitures médicales à la pharmacie centrale du ministère de la Santé à Khan Younès.

"Nous continuons de demander une fin immédiate au conflit non pas seulement pour la population de Gaza et ses voisins menacés, mais pour les générations à venir qui n'oublieront jamais les 90 jours d'enfer et d'attaques sur les principes les plus fondamentaux de l'humanité", a dit M. Griffiths.

- "2024, une année de combats" -

Israël reste toutefois inflexible et affirme vouloir poursuivre son offensive jusqu'au "retour" des otages et "l'élimination" des capacités militaires du Hamas, qui restent "importantes" selon l'allié américain.

"2024 sera une année de combats", a prévenu vendredi le porte-parole de l'armée israélienne Daniel Hagari. L'armée continue de "se battre dans le nord, le centre et le sud" de la bande de Gaza.

Les tirs de roquettes à partir de la bande de Gaza vers Israël continuent mais avec une moindre intensité, et les sirènes d'alerte principalement dans le sud d'Israël, proche du territoire palestinien, retentissent quasiment tous les jours.

Et dans le nord, à la frontière avec le Liban, M. Hagari a fait état d'un "très haut niveau de préparation" des troupes.

Depuis le 8 octobre, le Hezbollah lance à partir du sud du Liban des attaques quotidiennes contre Israël, ciblant surtout des positions militaires frontalières, en soutien au Hamas, son allié. Israël riposte en bombardant des cibles dans le sud du Liban.

Ces tensions sont allées crescendo avec l'élimination mardi du numéro deux du Hamas Saleh al-Arouri, dans la banlieue sud de Beyrouth, un fief du Hezbollah.

- Borrell au Liban, Blinken en Turquie-

"La riposte est inéluctable", a prévenu vendredi le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah.

Elle ne s'est pas fait attendre. "La résistance islamique a ciblé samedi la base militaire d'observation radar et de contrôle aérien de Meron avec 62 missiles", a indiqué le Hezbollah dans un communiqué.

En Syrie et en Irak, les attaques contre des bases militaires des Etats-Unis se sont multipliées depuis le 7 octobre. Et les rebelles Houthis au Yémen ont lancé des attaques contre des navires en mer Rouge et tiré des missiles vers Israël en "soutien" aux Palestiniens.

Dans ce contexte, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a eu des entretiens au Liban, où il a jugé "absolument nécessaire d'éviter que le Liban ne soit entraîné dans un conflit régional".

Le secrétaire d'Etat Antony Blinken a lui rencontré à Istanbul le président Recep Tayyip Erdogan, qui dénonce le soutien américain à Israël, avant d'entamer dimanche à Amman une tournée dans des pays arabes et en Israël.

Dans un message vidéo adressé au chef de la diplomatie américaine, le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, basé au Qatar, a appelé M. Blinken à "se concentrer sur la fin" de l'offensive israélienne et la "fin de l'occupation de l'ensemble de la terre palestinienne".

AFP

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1 Commentaires
lise
lise
1 mois

stop à la guerre! n y a t il personne pour faire disparaitre ces politiciens? nethanyau,poutine kim jung le pen etc assassins! meurtiers!!! stop ca suffit le peuple souffre! comment vivre avec ce drame comment etre indifferent????