Il n'y aura donc ni la N.1 mondiale Ashleigh Barty, ni la N.3 Simona Halep samedi en finale de l'Open d'Australie, mais une jeune nouvelle venue Sofia Kenin (15e) et une ancienne lauréate revenue au plus haut niveau, Garbine Muguruza (32e).
Jeudi en effet, sous une chaleur accablante (39°C), Kenin est allĂ©e chercher une victoire 7-6 (8/6), 7-5 sur Barty, pourtant soutenue bruyamment par son public, et Muguruza a remportĂ© une revanche sur Halep 7-6 (10/8), 7-5. "Ce n'est pas un choc, c'est un rĂȘve qui se rĂ©alise. J'en ai toujours rĂȘvĂ©. Je jouais, consciente d'ĂȘtre en demi-finale... c'Ă©tait juste gĂ©nial", a commentĂ© Kenin.
Elle est la premiÚre Américaine, en dehors de Serena Williams, à se hisser en finale à Melbourne depuis Lindsay Davenport en 2005. Elle y est aussi la plus jeune finaliste depuis 2008 et fera son entrée lundi dans le Top 10 mondial.
Avant de mettre un terme Ă l'Ă©popĂ©e de Ons Jabeur, premiĂšre joueuse du monde arabe Ă atteindre les quarts en Grand Chelem, Kenin avait stoppĂ© en 8es de finale sa compatriote Coco Gauff, plus jeune joueuse du tableau (15 ans) et qui avait elle-mĂȘme Ă©liminĂ© Venus Williams au 1er tour ainsi que la tenante du titre Naomi Osaka (4e) au 3e.
Et cette fois, c'est la N.1 mondiale que Kenin a battue. Une Australienne sur les Ă©paules de qui reposaient tous les espoirs d'une nation. Peut-ĂȘtre trop lourd Ă porter Ă 23 ans.
MĂȘme si elle a rĂ©futĂ© cette pression, Barty est apparue comme soulagĂ©e en confĂ©rence de presse, souriante pour la premiĂšre fois depuis le dĂ©but de la quinzaine, avec un bĂ©bĂ©, sa niĂšce, sur les genoux.
- "La vie est belle" -
"Elle s'appelle Olivia. Oui, la vie est belle... elle m'a remis le sourire aux lÚvres dÚs ma sortie du court", a expliqué Barty qui n'a pas cherché d'excuses à sa défaite, préférant "rendre à César ce qui est à César" et reconnaßtre que Kenin "méritait sa victoire".
Celle-ci avait jusque-là pour meilleur résultat à Melbourne le 2e tour atteint l'an dernier. En Grand Chelem, elle s'était hissée jusqu'en 8es de finale à Roland-Garros, la saison passée également.
"Et maintenant, c'est la finale. C'est encore autre chose, c'est irréel", a reconnu la joueuse née il y a 21 ans à Moscou et qui est arrivée enfant à New York avant de déménager en famille en Floride.
DerniÚre Américaine encore en lice sur les 22 engagées dans le tableau principal de ce premier tournoi du Grand Chelem de l'année, elle affrontera l'Espagnole Garbine Muguruza (32e).
MalgrĂ© des conditions de jeu Ă la limite du dĂ©clenchement du "Protocole extrĂȘme chaleur", qui prĂ©voit notamment la fermeture du toit de la Rod Laver Arena, la joueuse de 26 ans a trouvĂ© les ressources pour rĂ©sister Ă Halep et finalement l'Ă©carter.
- "48 heures" -
"J'ai 48h pour m'en remettre", a soulignée l'ex-N.1 mondiale à l'issue de ce match de 1h45 joué toit ouvert alors que les matchs juniors et tennis-fauteuil en cours sur les terrains non protégés avaient été suspendus. "On s'entraßne toute notre carriÚre pour ces moments sur ces courts !", a ajouté Muguruza, double lauréate en Grand Chelem (Roland-Garros 2016 et Wimbledon 2017) mais n'en avait plus atteint la finale depuis Wimbledon 2017.
A tel point qu'elle n'Ă©tait mĂȘme pas tĂȘte de sĂ©rie Ă Melbourne, pour la premiĂšre fois dans un Grand Chelem depuis Roland-Garros 2014 oĂč elle avait atteint les quarts de finale en Ă©tant 35e mondiale.
A l'Open d'Australie, Muguruza n'avait jamais dépassé les quarts (2017).
Jeudi, face à une autre ex-N.1 mondiale, l'Espagnole a fait preuve d'une grande combativité pour ne jamais céder. La Roumaine, finaliste à Melbourne en 2018, s'est pourtant procuré 4 balles de set dans la premiÚre manche. Dans le tableau messieurs, le 50e duel entre Novak Djokovic, tenant du titre et en trÚs grande forme, et Roger Federer, physiquement atteint, a débuté à 19h45 (09h45 françaises/08h45 GMT). C'est une place en finale qui se joue.
AFP


