Quatre mois aprÚs son premier sacre à New York, Naomi Osaka a confirmé en s'offrant l'Open d'Australie qu'elle a tout d'une N.1 mondiale, samedi à Melbourne. Elle qui naviguait autour de la 70e place mondiale il y a un an va devenir la reine du tennis féminin dÚs lundi.
En finale, Osaka est venue Ă bout de la TchĂšque Petra Kvitova (N.6) aprĂšs quasiment 2h30 min de match (7-6 (7/2), 5-7, 6-4).
Et si le tennis féminin venait de se trouver une nouvelle patronne?
La jeune Japonaise, couronnée à l'US Open il y a quatre mois, à vingt ans seulement, n'est que la troisiÚme joueuse depuis quinze ans, hors Serena Williams, à rafler deux tournois majeurs consécutifs, aprÚs les Belges Kim Clijsters (2010-2011) et Justine Hénin (2003-2004).
Elle met aussi fin à la valse des lauréates en Grand Chelem: les huit derniers avaient été remportés par des joueuses différentes.
La maniÚre dont elle avait tenu le choc, imperturbable, à l'US Open début septembre, tout au long d'une finale explosive face à Serena Williams, qui s'était emportée contre l'arbitre, laissait penser que la Japonaise avait les nerfs solides.
Loin d'un coup d'éclat sans lendemain, elle a prouvé à Melbourne sa capacité exceptionnelle à se sublimer dans les grandes occasions.
Trois titres, deux Grand Chelem !
Son palmarÚs ne déborde pas de titres, au contraire. Mais parmi les trois trophées qu'elle possÚde, deux sont ceux de tournois du Grand Chelem, et le dernier est un des plus prestigieux du circuit hors tournois majeurs (Indian Wells).
Sur la Rod Laver Arena, c'est sans euphorie mais avec émotion, accroupie sur le court et les larmes au coin des yeux, qu'Osaka a accueilli son double couronnement.
Car elle a traversé des montagnes russes émotionnelles au cours de la finale. Victorieuse du premier set au jeu décisif, quelques jeux aprÚs avoir écarté une série de balles de break, la Japonaise se dirigeait vers une victoire relativement tranquille en deux manches quand elle s'est procuré trois balles de match sur le service de Kvitova, à 5-3.
La gauchĂšre tchĂšque (28 ans) a alors remportĂ© neuf des dix points suivants, commençant par sauver son service puis recollant Ă 5 jeux partout alors qu'Osaka servait pour le gain du tournoi. Deux jeux plus tard, Kvitova Ă©galisait Ă un set partout, sur une double faute de son adversaire, et Osaka s'Ă©chappait aux vestiaires, larmes coulant sur la joue et serviette sur la tĂȘte.
Revenue sur le court visage fermé - une expression qu'elle a gardé tout au long du troisiÚme set - la joueuse nippone a néanmoins trouvé les ressources pour dominer la manche décisive en s'appuyant sur sa qualité de frappe rare.
Kvitova "n'arrive pas Ă y croire"
Comment a-t-elle réussi à se ressaisir?
"Bien sûr, j'étais trÚs déçue et triste quand j'ai eu ces trois balles de match. Puis je me suis dit que je ne pouvais pas agir de façon immature, que j'étais en finale de Grand Chelem", a expliqué Osaka, passée au troisiÚme tour à deux jeux de l'élimination (7-5, 4-1) contre la Taïwanaise Su-Wei Hsieh (27e).
Quant Ă Kvitova, mĂȘme si sa quinzaine australienne s'achĂšve sur une dĂ©faite, son retour vers les sommets est admirable quand on se souvient que sa carriĂšre a Ă©tĂ© un temps en pĂ©ril aprĂšs une agression au couteau fin dĂ©cembre 2016, au cours d'un cambriolage Ă son domicile en RĂ©publique tchĂšque.
BlessĂ©e Ă la main gauche, la joueuse tchĂšque avait dĂ» ĂȘtre opĂ©rĂ©e et avait Ă©tĂ© Ă©loignĂ©e des courts pendant cinq mois.
"C'est fou! Je n'arrive pas à croire que je viens de rejouer une finale de Grand Chelem", a-t-elle lùché les yeux brillants et la voix tremblante.
"Merci d'ĂȘtre restĂ©e auprĂšs de moi mĂȘme si on ne savait pas si j'allais pouvoir tenir de nouveau une raquette", a adressĂ© Ă son Ă©quipe celle qui grimpera lundi Ă la deuxiĂšme place mondiale. Juste derriĂšre la nouvelle reine du circuit.
AFP

