Origine du Covid : toutes les hypothĂšses "restent sur la table" selon l'OMS

  • PubliĂ© le 27 juin 2025 Ă  21:24
  • ActualisĂ© le 28 juin 2025 Ă  00:41
Le chef de l'Organisation mondiale de la santé Tedros Adhanom Ghebreyesus, le 19 mai 2025 à GenÚve

Fuite d'un labo ou transmission animale ? AprĂšs trois ans et demi de recherches, la conclusion reste la mĂȘme : l'origine du Covid reste un mystĂšre selon l'OMS, qui dĂ©plore toujours le manque d'informations transmises par PĂ©kin.

"Toutes les hypothÚses doivent rester sur la table, y compris la propagation zoonotique et les fuites de laboratoire", a déclaré le chef de l'Organisation mondiale de la santé Tedros Adhanom Ghebreyesus vendredi, aprÚs la présentation des conclusions d'un rapport d'experts chargé d'examiner l'origine du Covid.

"L'OMS reconnaßt que la Chine a partagé certaines (...) informations, mais pas toutes celles demandées", a-t-il dit.

La pandémie de Covid-19 a fait des millions de morts - 20 millions selon l'OMS - et dévasté l'économie mondiale.

Les premiers cas connus de la maladie se sont dĂ©clarĂ©s fin 2019 Ă  Wuhan, en Chine, oĂč est hĂ©bergĂ© un institut de virologie rĂ©putĂ© pour ses recherches sur les coronavirus.

Pour beaucoup d'experts, comprendre l'origine du Covid est important si le monde veut pouvoir mettre en place des contre-mesures efficaces à l'avenir et éviter de nouvelles pandémies.

La longue enquĂȘte menĂ©e par le Groupe consultatif scientifique de l'OMS sur les origines des nouveaux agents pathogĂšnes (SAGO) n'a pas permis d'y voir plus clair sur l'origine du Covid : "rien n'est conclu avec une certitude absolue", a reconnu Maria Van Kerkhove, l'Ă©pidĂ©miologiste amĂ©ricaine qui dirige le dĂ©partement PrĂ©vention et prĂ©paration aux Ă©pidĂ©mies et pandĂ©mies Ă  l'OMS.

- Wuhan -

La question de savoir si le Covid-19 s'est Ă©chappĂ© accidentellement d'un laboratoire ou s'est propagĂ© d'un animal Ă  l'ĂȘtre humain reste dĂ©battue.

Une bonne partie de la communauté scientifique penche néanmoins pour la thÚse d'une transmission à l'homme via un animal intermédiaire, infecté sans doute par une chauve-souris.

Mais l'hypothÚse de la fuite d'un laboratoire, un temps qualifiée de complotiste, a récemment gagné en popularité aux Etats-Unis. Des agences américaines comme le FBI ou le ministÚre de l'Energie la soutiennent désormais à des degrés divers de certitude.

Et la Maison Blanche a dévoilé en avril une version remaniée de sa page internet sur le Covid-19 promouvant cette théorie, présentée comme la "véritable origine" du virus.

Principale agence de renseignement des Etats-Unis, la CIA avait aussi estimé en janvier "avec un faible degré de confiance (...) qu'une origine de la pandémie de Covid-19 liée à des recherches est plus probable qu'une origine naturelle".

Une hypothĂšse que la Chine avait jugĂ© "extrĂȘmement improbable".

En 2021, une mission d'un mois d'experts mandatés par l'OMS en Chine avait semblé exclure l'hypothÚse que le virus ait pu s'échapper de l'institut de virologue de Wuhan.

Mais la mission n'avait pu se rendre en Chine qu'un peu plus d'un an aprÚs le début d'une épidémie, Pékin semblant trÚs réticente à les laisser venir.

Ses conclusions avaient été accueillies pour le moins avec prudence voire scepticisme notamment aux Etats-Unis. Et le chef de l'OMS avait rapidement recadré la discussion en affirmant déjà alors que "toutes les hypothÚses restent sur la table".

- Manque d'information -

Cette fois encore, il a déploré que le manque de données reçues.

L'OMS a demandé à la Chine "de partager des centaines de séquences génétiques de personnes atteintes de Covid-19 au début de la pandémie, des informations plus détaillées sur les animaux vendus sur les marchés de Wuhan, ainsi que des informations sur le travail effectué et les conditions de biosécurité dans les laboratoires de Wuhan".

Mais "à ce jour, la Chine n'a partagé ces informations ni avec SAGO ni avec l'OMS", indique l'organisation dans un communiqué.

Une grande partie des informations nĂ©cessaires pour Ă©valuer l'hypothĂšse d'une fuite de laboratoire n'ayant pas Ă©tĂ© transmises aux experts, "malgrĂ© les demandes rĂ©pĂ©tĂ©es adressĂ©es au gouvernement chinois, cette hypothĂšse n'a donc pas pu ĂȘtre Ă©tudiĂ©e ou exclue", a expliquĂ© la prĂ©sidente de SAGO, Marietjie Venter, aux journalistes.

Les experts ont également demandé des informations à ce sujet à d'autres pays, "notamment à l'Allemagne et aux Etats-Unis", mais là encore, rien n'a filtré, a-t-elle indiqué.

AFP

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