Euro de Patinage artistique

Papadakis/Cizeron, le cinq majeur

  • PubliĂ© le 26 janvier 2019 Ă  21:42
  • ActualisĂ© le 27 janvier 2019 Ă  05:55
Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron posent avec leur médaille aprÚs avoir remporté le titre de champion d'Europe de danse sur glace, le 26 janvier 2019 à Minsk

Un cinq majeur: les Français Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron sont devenus samedi à Minsk les premiers danseurs sur glace à remporter cinq titres consécutifs de champions d'Europe, au cours d'une édition historique pour le patinage français.

La France rentre du Bélarus avec deux titres dans la poche, grùce aux succÚs de ses danseurs Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron et de son couple Vanessa James et Morgan CiprÚs, avec une premiÚre place au tableau des médailles.

Il se passe toujours quelque chose lorsque Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron montent sur la glace, une émotion, un lien qui se créé avec le public, aux quatre coins du monde.
Le programme libre de samedi dans la Minsk Arena et ses plus de 10.000 spectateurs n'a pas fait exception, les "airs folk" de guitare de l'artiste américaine Rachael Yamagata ayant rapidement conquis l'assistance.
"LĂ , ils ont Ă©tĂ© magistraux sur la maĂźtrise technique. Chaque pas, chaque geste a Ă©tĂ© une douceur, une glisse. Ça a Ă©tĂ© le patinage parfait", s'est enthousiasmĂ© leur entraĂźneur Romain Haguenauer.
A seulement 23 ans (pour elle) et 24 ans (pour lui), voilà les Français quintuples champions d'Europe, à une unité du record des Soviétiques Lyudmila Pakhomova et Alexandr Gorshkov, qui avaient décroché le titre continental à six reprises dans les années 1970.

La différence sur le libre

Et vu la façon dont ils dominent la danse sur glace tout en la réinventant chaque saison, il y a fort à parier qu'ils dépasseront sans soucis ce record au cours de l'olympiade qui doit les mener vers le sommet sous les Anneaux à Pékin en 2022.
L'issue dorée bélarusse pour les Clermontois, triples champions du monde (2015, 2016 et 2018) et vice-champions olympiques (2018) avait pris tournure dÚs vendredi, avec leur danse rythmique, nouveau nom donné au programme court par la Fédération internationale.
Sur un tango composé par l'Argentin Astor Piazzolla et interprété au violon par le Letton Gideon Kremer et malgré quelques imperfections, ils ont amélioré leur meilleur score de la saison (84,79), et se sont offerts une belle marge de plus de trois points sur la concurrence.
Mais c'est surtout lors du programme libre que la différence avec leurs adversaires européens a été criante.
"Une telle qualitĂ© de patinage, je pense que c'est le but tout patineur. Ils ont la perfection technique sur les niveaux. Sur les grade d'exĂ©cution, ils n'ont pas encore cinq, il y a des petites choses Ă  l'oeil qui peuvent ĂȘtre un peu amĂ©liorĂ©es. En cette fin janvier, c'est le mieux qu'ils peuvent faire", ajoute Haguenauer.

Nouveaux horizons

Les danseurs français ont pourtant repris le chemin de la patinoire plus tardivement qu'à l'accoutumée, manquant un peu de rythme en compétition. Mais aprÚs la fatigante olympiade 2014/18, au cours de laquelle ils ont été propulsés stars de leur discipline, il fallait couper. Ils en ont ainsi profité par exemple pour passer (et réussir) leur permis de conduire.
Nouveau cycle et nouveaux horizons aussi, puisqu'ils ont travaillé avec de nouvelles personnes (le libre est chorégraphié avec le Suisse Stéphane Lambiel) et sont allés chercher d'autres éléments, pour travailler les portés par exemple en collaborant avec la compagnie de cirque "Les sept doigts de la main".
Prochaine sortie pour Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron: les Championnats du monde Ă  Saitama au Japon oĂč ils voudront conserver leur titre planĂ©taire, avec pour principaux rivaux les paires russes affrontĂ©es Ă  Minsk, ainsi que les AmĂ©ricains Madison Hubbell et Zachary Donohue et les Canadiens Piper Gilles et Paul Poirier.
Le bilan aurait pu ĂȘtre encore plus beau pour le patinage français, si Kevin Aymoz n'avait pas laissĂ© quelque dixiĂšmes de points en court de route dans son programme libre. Il finit ces Championnats d'Europe Ă  la 4e place, alors que l'Espagnol Javier Fernandez, pour sa derniĂšre compĂ©tition, a remportĂ© un septiĂšme titre continental.
"J'Ă©tais un peu triste, parce que ça fait 21 ans que je m'entraĂźne pour les compĂ©titions. C'Ă©tait le temps de m'arrĂȘter. Je patinerai Ă  d'autres occasions, mais plus en compĂ©tition. Et en mĂȘme temps, j'Ă©tais content. J'ai eu une grande carriĂšre et j'ai pu accomplir beaucoup plus que je ne pensais", a expliquĂ© Fernandez en confĂ©rence de presse.

AFP

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