A point nommé. A deux mois des JO-2018 (9-25 février), les danseurs Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron se sont offert une toute premiÚre victoire sur leurs rivaux N.1, les Canadiens Tessa Virtue et Scott Moir, en finale du Grand Prix, samedi à Nagoya (Japon).
Un succÚs - assorti d'un nouveau record du monde avec 202,16 points - qui résonne comme un signal fort dans la course à l'or olympique. Car jusque-là , Virtue (28 ans) et Moir (30 ans), champions olympiques 2010 et vice-champions olympiques 2014, avaient toujours résisté aux jeunes Français depuis qu'ils étaient sortis de leur retraite l'hiver dernier. Leurs trois confrontations directes s'étaient soldées par trois revers des triples champions d'Europe en titre.
Les premiers indices d'une inversion du rapport de force entre les deux duos ont jalonné le début de l'hiver. Par Grand Prix interposés, Papadakis (22 ans) et Cizeron (23 ans) ont avancé leurs pions: ils sont devenus les premiers - les seuls à ce jour - à franchir la barre des 200 points et ont battu à deux reprises le record du monde (200,43 en Chine, 201,98 à Grenoble).
Oubliée la fébrilité devinée la saison passée: le tournant s'est concrétisé jeudi, quand les danseurs français se sont installés aux commandes dÚs la danse courte, celle dans laquelle Virtue et Moir avaient pris l'habitude de les distancer.
- 'Grande victoire' -
"Battre Tessa et Scott en danse courte alors qu'ils avaient toujours Ă©tĂ© trĂšs nettement battus, c'Ă©tait dĂ©jĂ une trĂšs grande victoire pour Gabriella et Guillaume", confirme Ă l'AFP leur entraĂźneur Romain Haguenauer. "Cinq dixiĂšmes d'avance (82,07 contre 81,53), ça ne paraĂźt pas beaucoup mais par rapport Ă d'oĂč ils reviennent, c'est Ă©norme", insiste-t-il. On se souvient Ă titre d'exemple que le fossĂ© avaient atteint plus de cinq points aux Mondiaux-2017, oĂč les Canadiens les avaient dĂ©possĂ©dĂ©s de leur couronne planĂ©taire.
En danse libre samedi, Papadakis et Cizeron ont une nouvelle fois fait parler leur magie et leur poésie sur la Sonate au Clair de lune de Beethoven (120,09 contre 118,33). Et accentué au passage l'écart avec Virtue et Moir, repoussés à 2,3 points. "Il y avait beaucoup de pression ici, avec les six meilleurs couples en compétition. On est trÚs heureux d'avoir été capable de gérer cette pression, se félicite Papadakis. C'était un bon entraßnement pour les jeux Olympiques qui arrivent."
"Ils ont Ă©tĂ© capables de dĂ©livrer deux excellentes performances Ă un moment crucial, une rĂ©pĂ©tition Ă petite Ă©chelle de la prochaine et ultime confrontation entre les deux couples (aux JO-2018), ça montre que la digestion de ce qui s'est passĂ© l'an passĂ© a Ă©tĂ© bien faite. C'est une grande satisfaction", estime Haguenauer. Rendez-vous dĂ©sormais Ă Pyeongchang (CorĂ©e du Sud). OĂč le tandem canadien aura soif de revanche.
- Zagitova, 15 ans et déjà grande -
"On n'aime pas ne pas gagner", reconnaĂźt Moir. "On a une saison extrĂȘmement rĂ©ussie jusque-lĂ . On doit simplement continuer Ă travailler sur les dĂ©tails, faire de lĂ©gers ajustements pour que nos programmes soient Ă leur meilleur en fĂ©vrier", explique Virtue.
Un autre Français est monté sur la plus haute marche du podium, mais sous banniÚre allemande: Bruno Massot et la quintuple championne du monde Aljona Savchenko se sont imposés en couples (236,68). Dans la catégorie dames, la toute jeune Russe Alina Zagitova a elle confirmé son entrée fracassante dans la cour des grands en s'offrant le prestigieux événement, à quinze ans seulement (223,30). Pour son premier hiver en seniors, la championne du monde juniors en titre avait déjà raflé ses deux premiers Grand Prix.
MĂȘme en l'absence de la reine Evgenia Medvedeva, invaincue depuis deux ans mais touchĂ©e au pied droit, la Russie a signĂ© un doublĂ© avec Maria Sotskova (216,28). Mais le sort individuel pour les JO-2018 de ses patineuses - comme de tous ses sportifs - est entre les mains du CIO.
AFP


