"Je pense que pour gagner une compĂ©tition, il faut avoir des dĂ©clics", confiait Kylian MbappĂ© Ă l'AFP avant le choc contre Liverpool. Le succĂšs 2-1 contre le vice-champion d'Europe peut-il ĂȘtre "LE" match-rĂ©fĂ©rence du PSG pour enfin viser les sommets en Ligue des champions ?
"Il y a peut-ĂȘtre un fait de jeu, une mi-temps, des temps forts, qui vont faire que votre Ă©quipe va prendre confiance et que ça va basculer en votre faveur (pour) vous emmener loin dans une compĂ©tition de ce genre", avait-t-il ajoutĂ©. ProphĂ©tique ?
Incapable de battre les grosses cylindrĂ©es du continent depuis son succĂšs 3-0 contre le Bayern Munich en septembre 2017, le club parisien s'est offert la tĂȘte du finaliste sortant grĂące Ă une premiĂšre pĂ©riode de trĂšs haut niveau, rĂ©compensĂ©e par des buts de Juan Bernat et de Neymar.
Real Madrid (défaite 3-1 à l'aller comme au retour) en février-mars 2018, Liverpool (défaite 2-1) en septembre 2018, et Naples (matches nul 2-2 et 1-1) en octobre-novembre 2018: la série noire commençait à faire douter de la capacité des Parisiens à remporter un jour la C1, bloqués au stade des quarts de finale depuis l'arrivée des propriétaires qataris malgré des investissements faramineux (plus d'un milliard d'euros en achat de joueurs depuis l'été 2011).
Etat d'esprit "différent"
De quoi dresser un parallĂšle entre la soirĂ©e magique du Parc des Princes et le 8e de finale Ă©pique au Mondial-2018 contre l'Argentine (4-3), qui avait propulsĂ© l'Ă©quipe de France jusqu'au sacre suprĂȘme, aprĂšs un premier tour pourtant trĂšs laborieux, comme Ă©voquĂ© par MbappĂ© ?
"Je l'espĂšre", a confiĂ© Thomas Tuchel aprĂšs la rencontre. "Il ne faut pas que tu joues un match comme ça et aprĂšs Ă un autre niveau. Maintenant on doit encore travailler, travailler, travailler, ĂȘtre humbles, et continuer comme ça. C'est trĂšs important de faire cette expĂ©rience ensemble pour crĂ©er une atmosphĂšre spĂ©ciale dans les prochaines semaines."
"Pour nous, c'était tout ou rien, c'était une finale. On a pas mal souffert mais on est soulagé d'avoir gagné, d'avoir bien joué, d'avoir démontré la force de notre groupe, a renchéri Neymar. On a fait face à cela avec un état d'esprit différent, donc c'est cet état d'esprit qu'il faut rechercher pour jouer tous les matches."
Symbole de la combativité parisienne, au-delà de son génie technique et des nombreuses différences qu'il a provoquées, le N.10 brésilien a donné l'exemple en enchaßnant les duels musclés à la récupération alors qu'il revenait tout juste de blessure.
Et quand les difficultés ont commencé à poindre en seconde période avec le sursaut des "Reds", les coéquipiers de Thiago Silva ont réussi à resserrer les rangs pour préserver leur avance. Le genre d'ingrédients absents par le passé, susceptibles de faire la différence dans les prochains grands rendez-vous.
"Catastrophique de ne pas se qualifier"
"Quand je jouais à la Juventus Turin et que je voyais le Paris SG, je ne pensais pas que l'équipe pouvait devenir aussi solide. Pour moi, c'est la premiÚre qualité", souligne la légende italienne Gianluigi Buffon (40 ans), qui sait de quoi il parle avec ses trois finales de Ligue des champions (perdues) au compteur.
Au-delĂ de cet esprit de conquĂ©rant, le PSG a aussi peut-ĂȘtre trouvĂ© la formule tactique redoutable, avec un innovant 4-4-2 capable de muer en 3-3-4 selon les circonstances du match pour mettre en orbite son quatuor offensif.
"Quand vous regardez leur Ă©quipe de dĂ©part, l'approche qu'ils ont choisie avec beaucoup de risques -- surtout au dĂ©but de match --, c'Ă©tait assez compliquĂ© de gĂ©rer ça", a mĂȘme admis l'entraĂźneur de Liverpool JĂŒrgen Klopp..
Suffisant pour conquérir le Marakana, l'enceinte imprenable de l'Etoile Rouge de Belgrade le 11 décembre prochain, et valider son billet pour les huitiÚmes de finale ?
"Aucune équipe du groupe n'a gagné là -bas, c'est un vrai piÚge. On sait que ce sera compliqué, a prévenu Kylian Mbappé en zone mixte. Ce serait catastrophique de faire un match comme celui qu'on a réalisé face à Liverpool et de ne pas se qualifier là -bas."
AFP


