L'algues brunes provoque des émanations toxiques

Philippe en Guadeloupe pour amplifier la lutte contre les sargasses

  • PubliĂ© le 26 octobre 2019 Ă  08:17
  • ActualisĂ© le 26 octobre 2019 Ă  11:47
Des sargasses s'amoncellent sur la cĂŽte de Le Gosier, en Guadeloupe, le 23 avril 2018

Edouard Philippe se rend samedi et dimanche en Guadeloupe avec l'ambition d'intensifier la coopération internationale pour lutter contre les sargasses, ces algues brunes dont les échouements massifs provoquent des émanations toxiques partout dans les Caraïbes.

Le Premier ministre est attendu samedi (16H30 locales, 22H30 dans l'hexagone) en clÎture d'une conférence internationale à Pointe-à-Pitre qui réunit des délégations de toute la zone (Mexique, Etats-Unis, République dominicaine, Panama, Guatemala, Costa Rica...), avec l'idée de formaliser dans une "déclaration politique" une "alliance contre les sargasses", précise Matignon.

Cette initiative, portée par la région Guadeloupe, recouvre des partages de connaissances scientifiques afin d'éclairer les causes d'un phénomÚne pour l'heure assez mystérieux, ainsi que ses conséquences économiques, sociales et sanitaires. Elle englobe aussi des "réponses opérationnelles, trÚs pratiques" sur la détection en amont, le ramassage de ces algues et leur possible valorisation, souligne cette source.

Dans son discours, M. Philippe devrait rappeler "l'importance du dialogue multilatĂ©ral sur les questions d'environnement, de protection de la biodiversitĂ©, sur l'adaptation au changement climatique", selon Matignon. Un message qui pourrait notamment s'adresser au prĂ©sident d'extrĂȘme droite et climato-sceptique brĂ©silien Jair Bolsonaro. Le BrĂ©sil est reprĂ©sentĂ© Ă  Pointe-Ă -Pitre par des "instituts de recherche et certaines autoritĂ©s" qui ont, elles, "participĂ© bien volontiers", notent les services du Premier ministre. Car l'un des facteurs de la prolifĂ©ration pourrait ĂȘtre l'apport de nutriments dans l'ocĂ©an liĂ©s Ă  la dĂ©forestation, notamment en Amazonie.

Depuis 2011, le phĂ©nomĂšne s'est en tout cas intensifiĂ©. Les Ă©chouements rĂ©guliers bloquent parfois les ports, et dĂ©gagent en sĂ©chant de l'hydrogĂšne sulfurĂ© et de l'ammoniac qui peuvent provoquer maux de tĂȘte et vomissements.

Au cours d'une année 2018 dévastatrice sur ce point tant pour les riverains que les touristes, le gouvernement français a annoncé un plan de 10 millions d'euros sur deux ans, abondé pour moitié par l'Etat, et pour l'autre moitié par l'Union européenne et les collectivités. En permettant aux communes de s'équiper en machines, l'ambition est de contenir à 48 heures le délai de collecte de ces algues aprÚs leur arrivée sur le littoral, car passé cette échéance, les rejets toxiques débutent.

- Cadre juridique -

Un an et demi aprĂšs le lancement de ce plan, M. Philippe devrait donc faire un point d'Ă©tape, en revenant sur l'impact budgĂ©taire pour les communes, qui doivent encore parfois recourir Ă  des prestataires privĂ©s pour le ramassage. Face Ă  une enveloppe initiale qui s'Ă©puise, la "dĂ©claration commune" qui doit ĂȘtre adoptĂ©e par les Etats et organisations samedi devrait offrir un cadre juridique nĂ©cessaire pour accĂ©der Ă  certains fonds internationaux, voire Ă  des indemnisations d'assureurs.

Emboßtant le pas en Outre-mer à Emmanuel Macron, qui a passé sa semaine dans l'océan Indien entre Mayotte et La Réunion, M. Philippe profitera aussi de son passage en Guadeloupe pour visiter dimanche le chantier du futur centre hospitalier universitaire (CHU) à Pointe-à-Pitre, dont l'inauguration est prévue en 2023.

Le Premier ministre se fera notamment présenter le bùtiment des soins critiques, remarquable pour "sa résilience face au risque sismique", vante-t-on à Matignon. Et cette venue intervient alors que l'actuel CHU, durement touché par un incendie fin 2017 mais également en proie à des difficultés structurelles de gestion, financement et approvisionnement, sort pour sa part d'un mouvement de grÚve de deux mois et demi.

M. Philippe parcourra aussi l'exposition "Le modÚle noir", qui traite de la représentation des Noirs dans l'histoire de l'art et est installée au Mémorial ACTe, un musée dans lequel l'Etat vient de faire son entrée au conseil d'administration.

Mais d'autres sujets pourraient aussi s'inviter dans le sĂ©jour lors d'Ă©changes avec Ă©lus et populations, comme celui, brĂ»lant, de la chlordĂ©cone, un insecticide dangereux utilisĂ© de 1972 Ă  1993 aux Antilles. Alors que la responsabilitĂ© de l'Etat semble bel et bien engagĂ©e dans ce dossier, une commission d'enquĂȘte parlementaire, qui a auditionnĂ© quatre ministres la semaine passĂ©e, doit rendre son rapport avant le 4 dĂ©cembre.

AFP

guest
0 Commentaires