Ukraine

Poutine supervise des manoeuvres militaires, les incidents sur le front se multiplient

  • PubliĂ© le 19 fĂ©vrier 2022 Ă  07:04
  • ActualisĂ© le 19 fĂ©vrier 2022 Ă  08:08
Une image prise le 15 février 2022 et diffusée le 18 février 2022 par le satellite Maxar montre des troupes stationnées à Valuyki, en Russie, à 27 km de la frontiÚre ukrainienne

Le président russe Vladimir Poutine assiste samedi à des manoeuvres militaires de grande ampleur et à des essais de missiles, au risque d'enflammer encore la situation alors que les Etats-Unis se disent convaincus que la Russie a décidé d'envahir l'Ukraine de façon imminente et que les incidents sur la ligne de front s'accumulent.

Les craintes d'une attaque russe sont à leur comble en raison de la multiplication des violations du cessez-le-feu entre séparatistes prorusses et forces ukrainiennes qui se battent depuis 2014 dans l'est de l'Ukraine, dans un conflit qui a déjà fait plus de 14.000 morts.

Les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont fait état samedi d'une "augmentation spectaculaire" de ces violations. Selon eux, le nombre d'incidents armés sur la ligne de front est désormais identique à celui d'avant juillet 2020, date à laquelle avait été conclu un accord pour renforcer le cessez-le-feu.

L'agence d'Etat russe Ria Novosti a rapporté vendredi deux explosions, dont celle d'un oléoduc, à Lougansk, ville de l'est de l'Ukraine tenue par les séparatistes. Et les autorités des territoires sécessionnistes prorusses ont ordonné l'évacuation des civils vers la Russie. Le Kremlin continue de nier toute intention d'attaquer son voisin, mais réclame des garanties pour la sécurité de la Russie, comme le retrait de l'Otan d'Europe de l'Est, ce que l'Occident refuse.

Le prĂ©sident amĂ©ricain Joe Biden s'est dĂ©clarĂ© "convaincu" vendredi que Vladimir Poutine avait dĂ©cidĂ© d'envahir l'Ukraine, et que la multiplication des heurts visait Ă  crĂ©er une "fausse justification" pour lancer l'offensive dans la semaine ou mĂȘme les jours qui viennent.

Mais il a laissé la porte ouverte au dialogue. Tant qu'une invasion ne s'est pas produite, "la diplomatie est toujours une possibilité", a-t-il estimé, annonçant une rencontre entre son secrétaire d'Etat Antony Blinken et le ministre russe des Affaires étrangÚres Sergueï Lavrov jeudi prochain.

Le prĂ©sident ukrainien Volodymyr Zelensky doit de son cĂŽtĂ© se rendre Ă  Munich samedi pour rencontrer des dirigeants occidentaux, dont la vice-prĂ©sidente amĂ©ricaine Kamala Harris. Et ce malgrĂ© l'avertissement de M. Biden, selon qui un dĂ©placement de M. Zelensky Ă  l'Ă©tranger "pourrait ne pas ĂȘtre (...) l'option la plus sage" en ce moment.

- "Campagne de destabilisation" -

Washington estime que la Russie disposede 190.000 hommes aux abords de l'Ukraine et sur son territoire, en comptant les forces séparatistes. C'est "la plus grande concentration de troupes militaires" depuis la Guerre froide, a dit le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, jugeant que Moscou était "en mesure, sans autre forme d'avertissement, d'attaquer".

Le Pentagone a affirmé vendredi qu'entre 40% et 50% de ces troupes russes sont "en position d'attaque", et que les heurts sur la ligne de front font partie d'une "campagne de destabilisation de l'Ukraine" préliliminaire à une invasion.

La Russie n'a jamais divulgué le nombre de ses soldats massés aux frontiÚres de l'Ukraine ou participant à des manoeuvres au Bélarus voisin. Le ministÚre russe de la Défense a annoncé que M. Poutine superviserait personnellement samedi des manoeuvres militaires, avec notamment des tirs de missiles balistiques et de croisiÚre capables de porter des charges nucléaires.

Ces exercices mobiliseront des forces du district militaire Sud, les forces aérospatiales, les flottes du Nord et de la mer Noire ainsi que les "forces stratégiques". Ces derniÚres sont équipées de missiles à portée intercontinentale, de bombardiers stratégiques, de sous-marins, de navires de surface et d'une aviation navale porteuse de missiles conventionnels.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a assuré qu'il s'agit d'un "processus d'entraßnement régulier". L'Occident unanime a promis à Moscou des sanctions économiques dévastatrices en cas d'invasion de l'Ukraine. Elles feraient de la Russie un "paria", a encore martelé vendredi un responsable américain.

Mais Vladimir Poutine a de nouveau balayé la menace: "Les sanctions seront introduites quoi qu'il arrive. Qu'il y ait une raison ou pas, ils en trouveront une car leur but est de freiner le développement de la Russie".

Toute la journĂ©e de vendredi, les belligĂ©rants dans l'est de l'Ukraine se sont accusĂ©s de violer une trĂȘve et d'user d'armes lourdes. Des bombardements se sont encore fait entendre Ă  Stanitsa Louganska, ville sous contrĂŽle ukrainien, selon des journalistes de l'AFP. Elle avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© visĂ©e jeudi par des tirs qui ont notamment touchĂ© une Ă©cole maternelle.

Le président de la chambre basse du Parlement russe, Viatcheslav Volodine, a assuré que la Russie allait "défendre" les "citoyens russes" qui vivent dans les territoires séparatistes en Ukraine si leurs vies étaient "menacées". "Si la guerre commence, c'est l'Europe qui deviendra le théùtre des hostilités", a-t-il prévenu.

AFP

guest
0 Commentaires