Littérature

Prix Goncourt 2021 : l'heure du renouveau ou de la consĂ©cration?

  • PubliĂ© le 3 novembre 2021 Ă  07:08
  • ActualisĂ© le 3 novembre 2021 Ă  10:32
A partir de lundi et jusqu'à vendredi, les jurys des prix Goncourt, Renaudot, Femina et Médicis choisiront les lauréats des grands prix littéraires d'automne

Le prix Goncourt choisira-t-il le renouveau, avec son premier lauréat sénégalais ou haïtien? Ou consacrera-t-il un écrivain reconnu? Réponse mercredi à la mi-journée. Le plus prestigieux des prix littéraires français est remis, comme le veut la tradition, à l'heure du déjeuner au restaurant Drouant, dans le quartier de l'Opéra, à Paris. Quatre auteurs sont finalistes.

Désigné comme favori par les journalistes littéraires qu'a interrogés la revue Livres Hebdo, Mohamed Mbougar Sarr, 31 ans, semble avoir séduit plusieurs jurés avec "La plus secrÚte mémoire des hommes" (éditions Philippe Rey). "Milwaukee Blues" (éditions Sabine Wespieser) du Haïtien Louis-Philippe Dalembert semble partir de plus loin.
Sinon, le jury pourrait couronner Christine Angot avec "Le Voyage dans l'Est" (Flammarion) ou Sorj Chalandon avec "Enfant de salaud" (Grasset), deux romans considérés parmi les meilleurs de leurs auteurs respectifs.

Les chances de Christine Angot semblent avoir été compromises par le prix Médicis qu'elle vient tout juste de décrocher. "Il ne faut pas oublier nos amis et alliés que sont les libraires. Si on donne deux prix à un seul livre, ça ne fait qu'un livre dans la vitrine", a affirmé le président du jury, Didier Decoin, lors d'un entretien à l'AFP.

- Pas de quotas -

InterrogĂ© samedi, il estimait que la rentrĂ©e littĂ©raire 2021 avait Ă©tĂ© un grand cru, dans laquelle le jury avait trouvĂ© son bonheur. "Et j'aimerais qu'on cesse de nous embĂȘter avec ces histoires de quotas ou autres. Qu'on ne nous dise plus: quand on regarde le palmarĂšs, vous n'avez donnĂ© le prix qu'Ă  deux femmes! Il y a peut-ĂȘtre trop peu de femmes, mais il y a des livres qui sont trĂšs bons. Et ce n'est pas le sexe de l'auteur qui fait le livre", lançait-il.

Ce Goncourt est une confrontation entre deux éditeurs puissants, habitués aux récompenses, Grasset (groupe Hachette) et Flammarion (groupe Madrigall), et deux petits indépendants, novices dans ce domaine.

Louis-Philippe Dalembert et Mohamed Mbougar Sarr ont pour point commun d'ĂȘtre dĂ©fendus par une maison qui porte le nom de celui ou celle qui l'a fondĂ©e et la dirige encore.
Pour ce type de maison, rivaliser avec les grands du secteur, "c'est extrĂȘmement important Ă  la fois sur le plan symbolique, et sur le plan Ă©conomique", disait l'Ă©ditrice Sabine Wespieser sur France 24 vendredi. "J'ai un imprimeur qui est prĂȘt Ă  appuyer sur le bouton Ă  12h45 le mercredi 3 novembre, pour rouler 200.000 exemplaires", ajoutait-elle.

- Plateau relevé -

Quant à Philippe Rey, il s'est fait discret sur sa maniÚre d'appréhender le jour J. Mais il a travaillé intensément ces derniers mois pour faire connaßtre au grand public un jeune écrivain, adoubé par la critique.

Le prix Goncourt, décerné par un jury de sept hommes et trois femmes, rapporte un chÚque de 10 euros, mais il garantit des ventes en centaines de milliers d'exemplaires.
Le sacre en 2020 de "L'Anomalie", roman fantasque d'Hervé Le Tellier, avait généré en librairie un engouement jamais vu depuis "L'Amant" de Marguerite Duras en 1984, avec plus d'un million d'exemplaires vendus.

Cette année, les thÚmes sont plus graves: l'inceste chez Christine Angot, la mythomanie d'un pÚre engagé avec les nazis chez Sorj Chalandon, le racisme et les violences policiÚres chez Louis-Philippe Dalembert, et la difficulté de la littérature africaine à se faire reconnaßtre chez Mohamed Mbougar Sarr. Le prix Renaudot est également remis mercredi à Drouant.

Le plateau est relevĂ© pour cette Ă©dition, avec en vedette parmi les quatre finalistes la Belge AmĂ©lie Nothomb, pour "Premier sang" (Albin Michel). MĂȘme si ce jury aime parfois surprendre, en allant chercher le consensus en dehors de ses sĂ©lections, il a retenu trois autres livres trĂšs apprĂ©ciĂ©s de la critique: "La Carte postale" d'Anne Berest (Grasset), "Murnau des tĂ©nĂšbres" de Nicolas Chemla (Cherche-Midi) et "Le Voyant d'Etampes" d'Abel Quentin (L'Observatoire).

AFP

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