ProcĂšs Kardashian: l'heure du verdict pour les "papys braqueurs"

  • PubliĂ© le 23 mai 2025 Ă  06:44
  • ActualisĂ© le 23 mai 2025 Ă  06:59
Kim Kardashian (C) sort du palais de justice de Paris aprÚs avoir témoigné au procÚs de son braquage, le 13 mars 2025

Un spectaculaire braquage de superstar américaine en pleine Fashion Week de Paris, et neuf ans aprÚs, le verdict. La cour d'assises se prononce vendredi sur le sort des "papys braqueurs" accusés d'avoir séquestré, ligoté et dépouillé Kim Kardashian de 9 millions d'euros de bijoux dans sa chambre d'hÎtel en 2016.

Les 10 accusés auront la parole une derniÚre fois dans la matinée, avant que la cour ne se retire pour délibérer. Le verdict est attendu dans la soirée.

Sont-ils tous coupables? Retourneront-ils en prison? Entre mercredi aprÚs-midi et jeudi soir, les avocats de la défense se sont succédé à la barre pour regarder les magistrats professionnels et surtout les jurés populaires dans les yeux, et tenter de les convaincre.

D'abord d'oublier un instant le cÎté ultra-médiatique de ce procÚs. "Je me suis demandée ce que ça vous avait fait d'apprendre que vous étiez tirés au sort pour l'affaire Kim Kardashian", leur a dit l'une d'eux.

Et puis surtout, de leur éviter la prison. La grande majorité des accusés y est passée, pour quelques mois ou quelques années, aprÚs leur arrestation plusieurs semaines aprÚs cette nuit du 2 au 3 octobre 2016 quand des malfrats cagoulés et armés arrivés à vélo s'étaient introduits dans le discret hÎtel de la reine des influenceuses.

L'accusation a requis mercredi 10 ans de prison contre quatre braqueurs présumés. Une peine qui selon l'avocate générale prend à la fois en compte la "gravité", la "violence" des faits, la "terreur" ressentie par les victimes mais aussi l'ùge et l'état de santé de ces accusés.

Il ne faut pas se fier aux "rides rassurantes" que l'on voit sur le banc des accusés, a déclaré Anne-Dominique Merville. Au moment des faits, ce sont "des braqueurs chevronnés du grand banditisme" au casier judiciaire chargé, pas des "pieds nickelés". 

"La réalité, c'est qu'ils ont monté un coup et qu'ils ont réussi".

- "Hi, I'm Kim Kardashian" -

Aujourd'hui, plusieurs de ces "papys braqueurs" sont malades. Yunice Abbas, 71 ans, dĂ©jĂ  opĂ©rĂ© du cƓur en dĂ©tention provisoire, souffre de la maladie de Parkinson. Didier Dubreucq, 69 ans, suit une chimiothĂ©rapie pour son cancer en marge du procĂšs.

Quant au "commanditaire" prĂ©sumĂ©, mĂȘme Ăąge, Aomar AĂŻt Khedache, il est sourd, quasiment muet, se dĂ©place avec une canne et souffre de diabĂšte.

"A cet Ăąge, une condamnation Ă  de la prison ferme, c'est la perpĂ©tuitĂ©" a lancĂ© Ă  la cour son avocat Frank Berton. "Je vous demande d'ĂȘtre Ă  la hauteur. Et il n'y a pas que moi qui vous le demande, madame Kardashian vous le demande", a-t-il soutenu.

Quand elle est venue témoigner la semaine derniÚre, la star a accepté les excuses du vieux bandit.

"Je vous pardonne" mĂȘme si "ça ne change rien au traumatisme", "je crois Ă  la deuxiĂšme chance" lui a dit Ă©mue celle qui Ă©tudiait le droit depuis six ans et a enfin obtenu son diplĂŽme, comme elle l'a annoncĂ© jeudi sur les rĂ©seaux sociaux Ă  ses 356 millions de followers.

La foule des grands jours - dont quelque 500 journalistes de tous les pays - était venue au palais de justice pour la voir en chair en et en os.

"Hi, I'm Kim Kardashian", s'est-elle présentée à la barre, dans une tenue parfaitement inhabituelle en ces lieux: robe tailleur noire haute-couture, à épaulettes, et volants sur les hanches.

Et, sans doute comme un pied de nez à ce qui lui est arrivé, une cascade de diamants des oreilles aux poignets, dont un collier à trois millions de dollars et une bague ressemblant fortement à l'énorme caillou, "the ring", qu'elle exhibait en 2016 sur les réseaux sociaux et que les malfrats lui avaient réclamé d'un fort accent français.

Pendant plus de quatre heures - elle avait fini par enlever discrĂštement ses talons - elle a dĂ©crit sa "certitude de mourir", d'ĂȘtre "violĂ©e" cette nuit-lĂ , ses supplications pour qu'elle puisse revoir ses enfants.

Puis elle avait quitté la cour. Et repris le fil de sa vie postée sur Instagram, selfies de luxe devant le Ritz ou en péniche sous la Tour Eiffel, entre champagne et fourrures, à mille lieux de ses "papys braqueurs".

AFP

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