"J'ai eu à peine quelques secondes pour me dégager": le feu d'artifices du 14 juillet venait de s'achever sur la célébrissime Promenade des Anglais à Nice quand un mouvement de panique se déclenche.
Un camion fonce dans la foule, faisant au moins 80 morts et 18 personnes en urgence absolue.
"J'ai dĂ» me protĂ©ger le visage pour Ă©viter d'ĂȘtre touchĂ© par des dĂ©bris", dĂ©crit ce journaliste de l'AFP, prĂ©sent sur place au moment de l'attentat, soulignant avoir vu plusieurs personnes fauchĂ©es par le camion dans une ambiance de "chaos". "Il Ă©tait Ă une centaine de mĂštres de moi, j'ai eu Ă peine quelques secondes pour me dĂ©gager", a-t-il encore ajoutĂ©.
Quelques minutes aprÚs la fin du feu d'artifices, le camion blanc a foncé dans la foule sur la Promenade des Anglais fermée à la circulation pour le 14 juillet, au milieu des touristes et des Niçois qui rentraient chez eux, faisant un carnage sur environ 2 kilomÚtres.
Plusieurs témoins décrivent des personnes se jetant en contrebas de la Promenade des Anglais sur le plage pour échapper au camion.
Marie, 37 ans, est agent de sécurité à la Villa Masséna, qui accueillait à deux pas des lieux de l'attaque une soirée festive en ce 14 juillet: "On a vu des centaines de personnes se précipiter pour rentrer se mettre à l'abri".
"Il y avait des enfants, ça se piĂ©tinait...", raconte-t-elle Ă l'AFP, encore trĂšs impressionnĂ©e alors qu'elle rentre Ă son domicile vers 03H00 vendredi, dans les rues dĂ©sormais vides de la ville, oĂč patrouillent encore de nombreux militaires et membres de forces de l'ordre lourdement armĂ©s.
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-"Eviter d'ĂȘtre dans la rue"-
"Ce qui m'a le plus choquĂ©e, c'est de voir des gens filmer tout ca. Il y avait un jeune qui filmait un blessĂ© Ă terre quasiment en train de mourir...", raconte-t-elle encore. Dans l'Ă©tablissement oĂč elle travaille, les rescapĂ©s ont peu Ă peu retrouve le calme: "On a distribuĂ© des bouteilles d'eau, on a fait ce qu'on pouvait. Il faut vraiment saluer les policiers et les secours", dit-elle.
Au détour d'une rue, une chaussure à talon, abandonnée au milieu de la chaussée, témoigne de la panique qui a saisi la foule au moment de l'attaque.
"Il régnait une grande confusion. Je ne me souviens pas d'avoir vu le camion avancer", a témoigné sur l'Australian Broadcasting Corporation Emily Watkins, une Australienne présente à quelques dizaines de mÚtres de l'attaque.
"On entendait beaucoup de cris venant de l'endroit oĂč Ă©tait le camion, les gens couraient vers nous et sans vraiment savoir ce qu'il se passait, on s'est retournĂ©s et on s'est mis Ă courir aussi", a-t-elle poursuivi.
"En courant, on a entendu ce que j'ai pris Ă ce moment-lĂ pour des feux d'artifice ou des pĂ©tards", a-t-elle aussi ajoutĂ©: "Les gens trĂ©buchaient, essayaient de rentrer dans le hĂŽtels, les restaurants, les parkings, partout oĂč ils pouvaient Ă©viter d'ĂȘtre dans la rue".
Devant le Palais de la Méditerranée, quelques heures aprÚs l'attentat, le camion blanc, dont le conducteur a été abattu, était encore immobilisé, les pneus crevés, la porte passager criblée d'impacts de balles, a constaté un autre correspondant de l'AFP.
Sur la Promenade des Anglais, des dizaines de corps sont alignés, recouverts d'un drap blanc, autant de victimes du poids lourd.
TrÚs vite aprÚs l'attaque, de multiples rumeurs courent les rues de la ville. Une prise d'otages est évoquée, dans tel ou tel restaurant, des mouvements de panique se répÚtent. La place Masséna, en plein centre de Nice, est bouclée, la Promenade des Anglais également. Finalement, le ministÚre de l'Intérieur assure qu'aucune prise d'otages n'a eu lieu.
Dans un immeuble à proximité de la Promenade des Anglais, des dizaines de personnes sont recueillies par une gardienne. Un restaurateur dont l'établissement est pourtant situé à une certaine distance des lieux de l'attaque s'étonne auprÚs de l'AFP d'avoir vu débarquer des personnes "traumatisées" chez lui. "Tout le monde a eu trÚs peur", confie-t-il à l'AFP par téléphone.
Par Sandra FERRER - © 2016 AFP



