Pour "un cessez-le-feu immédiat"

Rassemblements pro-palestiniens interdits ou autorisés en France

  • PubliĂ© le 28 octobre 2023 Ă  21:48
  • ActualisĂ© le 1 novembre 2023 Ă  06:15
Des manifestants contenus par la police Ă  Paris, oĂč une manifestation en faveur des Palestiniens avait Ă©tĂ© interdite par la PrĂ©fecture de police, le 28 octobre 2023

Des milliers de personnes ont participé samedi à travers la France à des rassemblements "de soutien au peuple palestinien", bravant parfois les interdictions comme à Paris, pour réclamer prioritairement "un cessez-le-feu immédiat" et revendiquer accessoirement leur liberté d'expression "au pays des droits de l'homme".

Dans la capitale, le tribunal administratif avait validĂ© en milieu de journĂ©e l'interdiction prĂ©fectorale de la manifestation. Le juge des rĂ©fĂ©rĂ©s avait invoquĂ© en particulier "la gravitĂ© de risques de troubles Ă  l’ordre public" et "un contexte de tensions exacerbĂ©es liĂ© aux Ă©vĂ©nements dans la bande de Gaza avec une montĂ©e, en France, des actes antisĂ©mites".

Place du ChĂątelet, la foule a Ă©tĂ© empĂȘchĂ©e de se mettre en mouvement par un trĂšs important dispositif policier, se retrouvant "nassĂ©e" tout l'aprĂšs-midi. A la fin du rassemblement, les policiers verbalisaient des manifestants, en ne les laissant sortir qu'au compte-gouttes.

Des élus ceints de leur écharpe tricolore ont participé au rassemblement, tels les députés Aurélien Taché (écologiste du Val-d'Oise) et JérÎme Legavre (LFI de Seine-Saint-Denis).

Dans le calme, des manifestants ont chanté "Gaza, Gaza, Paris est avec toi" et "c'est l'humanité qu'on assassine, enfants de Gaza, enfants de Palestine". D'autres entonnaient "Israël assassin, Macron complice".

Ce rassemblement Ă©tait interdit Ă  Paris alors que le mĂȘme jour, Ă  Londres, des milliers de personnes prenaient part Ă  une manifestation autorisĂ©e, en soutien aux Palestiniens.

"Dans le contexte actuel, cette interdiction (de la manifestation parisienne) est scandaleuse", a réagi Bertrand Heilbronn, président de l'Association France Palestine Solidarité.

"La préfecture cherche à faire taire la voix du peuple français face à l'horreur de ce qu'il se passe", a-t-il affirmé, aprÚs une nuit de bombardements sans précédent effectuée par l'armée israélienne sur la bande de Gaza, au 22e jour de la guerre déclenchée par l'attaque du Hamas, la plus meurtriÚre de l'histoire d'Israël.

Selon les autorités israéliennes, l'attaque du Hamas a tué plus de 1.400 personnes en Israël. Selon le ministÚre de la Santé du Hamas, plus de 7.703 Palestiniens ont été tués depuis le début des bombardements incessants, dont plus de 3.500 enfants.

"Ce qui nous touche le plus, c'est que des enfants meurent", commentait une manifestante parisienne de 23 ans, Sarah.

Samia Orosemane, humoriste, exhibait une pancarte "oĂč est passĂ© notre humanitĂ©?". "Ce n'est pas normal qu'un cessez-le-feu n'ait pas Ă©tĂ© demandĂ©, qu'il y ait des milliers de civils qui meurent (...) et que dans le pays des droits de l'homme, on nous empĂȘche de manifester", a-t-elle dit Ă  l'AFP.

- "Une fois Gaza rasée, on fait quoi ?" -

A Marseille, une manifestation autorisé, a rassemblé 1.800 personnes selon la préfecture de police, 4.000 selon les organisateurs: des participants de tous ùges, y compris avec des bébés, a constaté l'AFP.

Un immense drapeau palestinien Ă©tait dĂ©ployĂ©, une femme en tĂȘte de cortĂšge portait une poupĂ©e enveloppĂ©e d’un drap tĂąchĂ© de sang. Une pancarte en anglais glissait: "No Halloween this year, the horror is real" ("pas d'Halloween cette annĂ©e, l'horreur est rĂ©elle").

CĂ©lia Ben Taleb, 25 ans, Ă©tudiante en urbanisme, entend "surtout" protester contre "le silence de l’Etat français". C'est "l’attaque qu’il y a eu hier, oĂč on coupe tout, oĂč les Gazaouis ne peuvent plus communiquer au monde entier ce qui leur arrive", qui l'a notamment convaincue de descendre dans la rue, explique-t-elle.

A Lyon, une manifestation interdite a réuni 250 personnes, et à Strasbourg, un défilé autorisé 2.600, selon les préfectures. Il a donné lieu à Strasbourg à neuf interpellations et à la saisie de 14 pancartes qui, selon la préfecture, comportaient "des slogans de haine".

"La lumiÚre s'est éteinte à Gaza et on essaie de la rallumer, un peu partout en Europe, un peu partout dans le monde", a dit à l'AFP le député LFI du Nord David Guiraud, parmi 400 participants à un rassemblement autorisé à Lille.

Les manifestants étaient 500 à Rennes selon la préfecture, 200 à Nice selon la police, environ 900 à Montpellier selon la préfecture. Dans ces deux derniÚres villes, les manifestations avaient été interdites mais les tribunaux administratifs avaient suspendu ces interdictions.

"Une fois Gaza rasée, on fait quoi ?", interrogeait gravement Violette Folgado, présidente de Dordogne Palestine, parmi 250 manifestants à Périgueux.

A Toulouse, seules plusieurs dizaines de personnes, surtout des jeunes, ont participé - sans incidents - à une manifestation interdite, criant que "le soutien à la Palestine n'est pas un crime".

"On liquide tout un peuple", dĂ©clarait FaĂŻza, 73 ans, en fauteuil roulant, soulignant ĂȘtre "de tout coeur" Ă©galement avec les victimes israĂ©liennes, "pour la paix et contre toutes les injustices".

AFP

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1 Commentaires
BONATO Philippe
BONATO Philippe
2 ans

Oui, Une fois Gaza rasĂ©e, on fait quoi ? OĂč vont se rĂ©fugier tous ces palestiniens ? IsraĂ«l peut-il les accueillir ?