PĂȘche post-Brexit

Rencontre Ă  Paris entre France et Royaume-Uni avant de possibles sanctions

  • PubliĂ© le 4 novembre 2021 Ă  07:19
  • ActualisĂ© le 4 novembre 2021 Ă  09:22
Le bateau de pĂȘche Ă©cossais "Cornelis-Gert Jan Dumfries" quitte Le Havre aprĂšs plusieurs jours de rĂ©tention par les autoritĂ©s françaises, le 3 novembre 2021

Le secrĂ©taire d'État britannique chargĂ© du Brexit David Frost rencontre le secrĂ©taire d'État français aux Affaires europĂ©ennes ClĂ©ment Beaune jeudi Ă  Paris, en pleine crise de la pĂȘche, la France menaçant la Grande-Bretagne de sanctions.

Le lieu de la rĂ©union n'a pas Ă©tĂ© communiquĂ© Ă  l'AFP, l'entourage de M. Beaune prĂ©cisant que celle-ci se dĂ©roulait hors mĂ©dias. Mais le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal a confirmĂ© Ă  la presse que le litige sur la pĂȘche serait Ă  l'ordre du jour, sans plus de dĂ©tails.

Paris et Londres sont en conflit sur les licences de pĂȘche accordĂ©es aux EuropĂ©ens aprĂšs le Brexit. La France menaçait d'interdire dĂšs lundi dernier Ă  minuit aux navires de pĂȘche britanniques de dĂ©barquer leurs cargaisons dans les ports français et de renforcer les contrĂŽles douaniers de tous les camions si Londres n'accordait pas davantage de licences aux pĂȘcheurs français. Elle avait finalement provisoirement levĂ© l'ultimatum en attendant la rencontre parisienne.

"Ce n'est pas pendant qu'on nĂ©gocie qu'on va mettre des sanctions", avait dĂ©fendu Emmanuel Macron devant la presse, en marge de la COP26 Ă  Glasgow, au Royaume-Uni. "Les prochaines heures sont des heures importantes", avait assurĂ© le prĂ©sident français. "Nous avons reçu de premiers signaux de la part des autoritĂ©s britanniques pour accĂ©lĂ©rer les Ă©changes. Une rĂ©ponse aux derniĂšres propositions des autoritĂ©s françaises est attendue d’ici Ă  mercredi", avait encore soulignĂ© lundi la prĂ©sidence française.

- "Discussions approfondies" -

Le gouvernement britannique avait de son cÎté "salué" le report des sanctions, disant se "féliciter que la France reconnaisse que des discussions approfondies sont nécessaires pour résoudre l'ensemble des difficultés de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

En vertu de l'accord de Brexit, les pĂȘcheurs europĂ©ens peuvent continuer Ă  travailler dans certaines eaux britanniques Ă  condition de pouvoir prouver qu'ils y pĂȘchaient auparavant. Mais Français et Britanniques se disputent sur la nature et l'ampleur des justificatifs Ă  fournir.

Environ un quart des prises françaises en volume (environ 20% en valeur) proviennent des eaux britanniques, trĂšs poissonneuses et qui sont Ă  l'origine de 650 millions d'euros de ventes annuelles pour les pĂȘcheurs europĂ©ens.

Des discussions sur le sujet avaient lieu mercredi Ă  Bruxelles entre le Royaume-Uni et la Commission europĂ©enne, pendant lesquelles a Ă©tĂ© abordĂ© pour la premiĂšre fois le point sensible des navires de remplacement, Ă  savoir les nouveaux bateaux de pĂȘche français ayant pris la place de plus anciens, selon une source europĂ©enne.

Les Britanniques, qui refusaient de les prendre en compte, semblent avoir assoupli leur position, mais ils veulent des garanties selon lesquelles leurs prises ne seront pas supérieures à celles des bateaux qu'ils ont remplacés, a dit cette source à l'AFP.

Un point devait ĂȘtre fait au niveau europĂ©en mercredi soir "avant la rĂ©union Frost-Beaune jeudi", avait dĂ©clarĂ© la source europĂ©enne, tout en mettant en exergue "un problĂšme de confiance" entre les parties. "La discussion avance, mais il n'y a pas de percĂ©e", a-t-elle encore commentĂ©.

Dans un souci manifeste d'apaisement, le chalutier Ă©cossais Cornelis Gert Jan, immobilisĂ© en France pendant une semaine pour avoir pĂȘchĂ© plus de deux tonnes de coquilles Saint-Jacques sans licence, a quittĂ© le port du Havre mercredi en fin d'aprĂšs-midi.

AFP

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