Une décision attendue

Retraites: le jour J du Conseil constitutionnel

  • PubliĂ© le 14 avril 2023 Ă  06:12
  • ActualisĂ© le 14 avril 2023 Ă  06:41
Des forces de l'ordre devant le Conseil constitutionnel français lors de la 12e journée d'action contre la réforme des retraites, le 13 avril 2023 à Paris

AprÚs trois mois de crise politique et sociale, tous les regards sont braqués vendredi vers le Conseil constitutionnel, qui doit annoncer en fin de journée ses décisions sur la réforme des retraites et sur le projet de la gauche de référendum d'initiative partagée (RIP) visant à la contrecarrer.

Depuis le 16 mars, date du dĂ©clenchement par Élisabeth Borne du 49.3 sur la rĂ©forme des retraites, et plus encore depuis le 20 mars, quand le gouvernement est passĂ© Ă  neuf voix d'ĂȘtre renversĂ© Ă  l'AssemblĂ©e, le temps politique semble suspendu aux dĂ©cisions du Conseil constitutionnel.

Emmanuel Macron, son gouvernement et sa majoritĂ© attendent une validation, mĂȘme partielle, de la rĂ©forme, qui recule l'Ăąge lĂ©gal de dĂ©part Ă  la retraite de 62 Ă  64 ans, pour enfin parvenir Ă  surmonter la contestation qui dure depuis janvier. Et espĂ©rer relancer ce second quinquennat entravĂ© par un conflit majeur un an Ă  peine aprĂšs la réélection du chef de l’État.

Les oppositions, politiques et syndicales, escomptent de leur cÎté une censure d'une réforme à la procédure parlementaire inédite et controversée pour faire céder un exécutif inflexible malgré douze journées de grÚves et de manifestations. Et guÚre disposé à se déjuger alors que la mobilisation a marqué un nouveau recul dans la rue, jeudi.

Les décisions du Conseil, chargé de contrÎler la conformité des lois à la Constitution, ne sont susceptibles d'aucun recours. Et pÚseront d'un poids décisif sur les quatre années restantes du mandat présidentiel. Avec l'espoir, pour la gauche, d'un feu vert pour entamer la collecte de 4,8 millions de signatures vers un hypothétique et inédit référendum d'initiative partagée (RIP).

- Poubelles et policiers rue de Montpensier -

Les neuf membres du Conseil sont sous bonne garde. Toute manifestation aux abords de son siÚge, situé dans une aile discrÚte du Palais Royal, est interdite depuis jeudi 18h00. Dans la matinée, l'entrée rue de Montpensier avait été symboliquement bloquée par des poubelles, rapidement déblayées.

Un important dispositif de policiers et gendarmes s'est ensuite positionné devant le Palais Royal alors que passait le cortÚge parisien de la 12e journée de mobilisation.

Selon le ministÚre de l'Intérieur, 380.000 manifestants ont défilé en France (1,5 million selon la CGT). C'est le deuxiÚme plus faible score depuis le début du mouvement aprÚs celui du 11 mars, alors que le plus haut a été atteint le 7 mars avec 1,28 million de manifestants, chiffres de l'Intérieur.

Mais "le combat syndical est loin d'ĂȘtre terminĂ©", a averti jeudi le patron de la CFDT, Laurent Berger.

D'aprÚs une note du renseignement territorial consultée par l'AFP, 131 actions sont attendues vendredi soir en réaction à la décision du Conseil constitutionnel, notamment "sous la forme de rassemblements, défilés et actions de blocage".

La pression est donc vive sur le Conseil constitutionnel, présidé par l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius. Qui compte actuellement parmi ses rangs un autre ancien Premier ministre, Alain Juppé, et deux ex-ministres d'Emmanuel Macron (Jacques Mézard et Jacqueline Gourault).

Va-t-il censurer totalement ou partiellement la rĂ©forme ? Retrancher les fameux "cavaliers" sociaux ou procĂ©duraux (index sĂ©niors, voire CDI sĂ©niors) dont l'annulation ne semble faire aucun doute, mĂȘme au sein du gouvernement ?
Sa parole est "attendue, car elle va faire jurisprudence", a rĂ©sumĂ© l'Insoumis Éric Coquerel, prĂ©sident d'opposition de la Commission des Finances de l'AssemblĂ©e.

-"Esprit de concorde"-

En cas de validation, Emmanuel Macron devra encore promulguer la loi. Il a dit cette semaine vouloir, "dans un esprit de concorde", recevoir les syndicats. Et devrait prochainement s'adresser aux Français. Une rĂ©union au sommet de la majoritĂ© prĂ©vue vendredi Ă  l’ÉlysĂ©e a finalement Ă©tĂ© reportĂ©e Ă  lundi.

Le patron du parti prĂ©sidentiel Renaissance StĂ©phane SĂ©journĂ© a plaidĂ© pour le maintien Ă  Matignon d’Élisabeth Borne. FragilisĂ©e depuis l'emploi du 49.3, la PremiĂšre ministre poursuit les consultations souhaitĂ©es par le prĂ©sident en vue d'"Ă©largir la majoritĂ©", mais qui semblent pour l'instant dĂ©boucher sur un statu quo.

Élisabeth Borne "n'a plus le crĂ©dit" pour gouverner, a jugĂ© la leader du Rassemblement national Marine Le Pen, grande profiteuse de la sĂ©quence selon plusieurs sondages.

La contestation va-t-elle perdurer, alors qu'approche le traditionnel 1er mai ? "On se retrouve face à deux France", a analysé jeudi le directeur général opinion de l'Ifop, Frédéric Dabi.

"Une France des retraitĂ©s, des cadres supĂ©rieurs, qui sont dans une logique d'ordre, dans une logique de lĂ©galitĂ© --ça y est, il faut ranger les pancartes, il faut passer Ă  autre chose-- et une France du travail, une France active, une France de la gauche, une France de la droite extrĂȘme, du Rassemblement national, qui souhaite que les mouvements sociaux continuent".

AFP

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1 Commentaires
André
André
3 ans

Que faut-il attendre des sages constitutionnel qui sont en large majorité des Macronismes et des LR ? Ils vont valider la réforme des retraites à 64 ans et rejeter le RIP. Voilà les annonces que le Président Fabius socialiste feront ce soir. Pas de surprise à attendre....Tout est déjà écrit,c'est la démocratie à la sauce des Macronismes....