Plus de 600 personnes, représentant tout l'éco-systÚme montagnard, ont réclamé mercredi à Bourg-Saint-Maurice (Savoie) le droit de travailler dÚs la période de Noël, en dépit du veto gouvernemental, a constaté une journaliste de l'AFP.
La foule, massĂ©e devant la gare - symbole des Ă©quipements publics nĂ©cessaire Ă la vie des vallĂ©es -, a brandi des coeurs rouges brisĂ©s pour exprimer "le sentiment de ne pas ĂȘtre Ă©coutĂ©s", a expliquĂ© Jean-Luc Boch, maire de La Plagne et prĂ©sident de l'Association de maires de stations de montagne (ANMSM).
Les habitants des communes-stations de la vallĂ©e de Haute-Tarentaise avaient fait le dĂ©placement: Sainte-Foix Tarentaise, Val d'IsĂšre, Tignes, ... Au total, quelque 16.000 habitants Ă l'annĂ©e. "Notre activitĂ© Ă©conomique dĂ©pend en grande partie du tourisme et lĂ on ressent comme une injustice d'avoir Ă©tĂ© les seuls mis de cĂŽtĂ© pour la reprise de mi-dĂ©cembre", a confiĂ© Guillaume Desrues, maire de Bourg-Saint-Maurice/Les Arcs. Une frĂ©quentation sans ski comme le prĂ©conise le Premier ministre ? "On ne sait mĂȘme pas ce que l'on a droit de faire! Pourra-t-on ouvrir le domaine skiable mĂȘme sans remontĂ©e pour de la luge ou des raquettes ?", s'interroge M. Desrues qui rĂ©clame "des rĂšgles claires et une date fixe pour les remontĂ©es mĂ©caniques".
Moniteur de ski indĂ©pendant, Dominique Pistre avait 14 jours d'engagements avec des clients pour les vacances qui ont annulĂ© aprĂšs les derniĂšres annonces du gouvernement d'un NoĂ«l sans ski. "Je suis inquiet. Si je ne skie pas Ă NoĂ«l, je suis Ă dĂ©couvert le mois prochain et on ne sait mĂȘme pas quand on va pouvoir travailler", a dĂ©noncĂ© le sexagĂ©naire Ă l'AFP. A cĂŽtĂ© de lui, cinq copains de 18 Ă 20 ans, qui comptaient se lancer dans la vie active. Pour Baptiste, Adrien, Tom, LĂ©o et Ilan, la saison est bouchĂ©e.
Leurs contrats de dĂ©neigeurs, d'employĂ©s de remontĂ©es mĂ©canique, d'extra en restauration ou de formation de monitorat de ski sont tous gelĂ©s. "Va falloir qu'on se forme Ă autre chose, les gars !". Une manifestation similaire se dĂ©roulait au mĂȘme moment Ă Bourg d'Oisans (IsĂšre), sur les mĂȘmes revendications pour les stations du dĂ©partement voisin et de ses massifs de l'Oisans, de Belledonne, du Vercors et de la Chartreuse. Elle a rĂ©uni 1.200 personnes, selon la prĂ©fecture.
AFP

