Drame

Séisme en Turquie: 35 morts, peu d'espoir de retrouver des survivants

  • PubliĂ© le 26 janvier 2020 Ă  15:41
  • ActualisĂ© le 26 janvier 2020 Ă  15:49
Des équipes de secours retirent des corps des décombres d'un immeuble effondré lors d'un puissant séisme, le 26 janvier 2020 à Elazig, en Turquie

L'espoir de retrouver des survivants s'amenuise dimanche alors que les secouristes ont retiré plusieurs corps des décombres d'un immeuble effondré lors du puissant séisme qui a frappé l'est de la Turquie, faisant au moins 35 morts.

A SĂŒrsĂŒrĂŒ, quartier de la ville d'Elazig situĂ©e non loin de l'Ă©picentre de cette secousse de magnitude 6,7 qui s'est produite vendredi soir, trois corps sans vie ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s dans les gravats d'un immeuble rĂ©sidentiel qui s'est Ă©croulĂ©.

En apprenant qu'un de leurs proches figurait parmi les victimes, des femmes qui attendaient à proximité se sont effondrées en larmes, a constaté un correspondant de l'AFP.

Le ministre turc de l'IntĂ©rieur SĂŒleyman Soylu a indiquĂ© dimanche que le nombre provisoire de victimes s'Ă©levait dĂ©sormais Ă  35 morts et plus de 1.600 blessĂ©s. Une centaine de personnes Ă©taient toujours hospitalisĂ©es, dont 13 dans un Ă©tat grave.

Les secouristes, Ă  pied d'oeuvre dans un froid glacial, ont par ailleurs extirpĂ© 45 personnes vivantes des gravats depuis vendredi soir, selon la mĂȘme source.

A proximitĂ© de l'immeuble de quatre Ă©tages qui s'est Ă©croulĂ© Ă  SĂŒrsĂŒrĂŒ, plusieurs dizaines de personnes attendent avec anxiĂ©tĂ© des nouvelles de leurs proches coincĂ©s sous les dĂ©combres.

"C'est difficile, mais il faut faire preuve de patience", dit une bĂ©nĂ©vole du Croissant-Rouge Ă  une femme sans nouvelle de sa cousine qui habitait l'immeuble. "Les personnes coincĂ©es lĂ -dessous se battent, il faut ĂȘtre forte".

- Témpératures glaciales -

Mais plus de 36 heures aprÚs le séisme, et alors que les températures descendent en dessous de -10°C la nuit, l'espoir de retrouver des survivants faiblit.
Pressés par le temps, les secouristes doivent néanmoins procéder avec précaution pour éviter un effondrement des décombres.

A SĂŒrsĂŒrĂŒ, ils dĂ©blaient les gravats une bassine aprĂšs l'autre, tandis qu'un chien renifle les dĂ©combres Ă  la recherche d'une piste.

Selon M. Soylu, six personnes sont encore coincĂ©es dans cet immeuble. "Si on Ă©tait en Ă©tĂ©, les gens pourraient rĂ©sister un peu plus longtemps, sans doute. Mais c'est difficile de le penser par un froid pareil. Que Dieu leur vienne en aide", dĂ©clare Hasan Duran, retraitĂ©, bonnet noir sur la tĂȘte.

Cet habitant du quartier a eu la "peur de sa vie" lorsque le séisme a frappé vendredi soir. "L'immeuble se balançait comme un berceau. J'ai déjà vécu plusieurs séismes, mais jamais rien de semblable", ajoute-t-il, les mains tendues vers un brasero.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui s'est rendu samedi à Elazig, a affirmé dimanche que "les mesures nécessaires seraient prises immédiatement (...) pour faire en sorte que personne ne reste sans logement".

La peur des habitants reste néanmoins vive en raison des répliques -plus de 600 depuis vendredi soir-- qui secouent la région d'Elazig.

- "Les enfants ont peur" -

Nombre d'entre eux ont passé une nouvelle fois la nuit dehors, malgré le froid. "Nos enfants ont peur, leur moral est trÚs mauvais", explique Esra Kasapoglu, qui a passé la nuit de samedi à dimanche autour d'un feu, dans la rue.

Selon les autorités, plus de 15.000 personnes sont hébergées dans des gymnases et des écoles, et plus de 5.000 tentes ont été installées dans la ville pour accueillir les habitants.

La ville d'Elazig, dont l'agglomération compte quelque 350.000 habitants, dont une importante communauté kurde, est réguliÚrement secouée par des tremblements de terre.

La Turquie est située dans une des zones sismiques les plus actives du monde. En 1999, un séisme de magnitude 7,4 avait frappé le nord-ouest du pays, faisant plus de 17.000 morts, dont un millier à Istanbul.

Le dernier puissant séisme à frapper la Turquie (7,1 sur l'échelle de Richter) s'était produit en 2011 dans la province de Van (est), faisant plus de 600 morts.

AFP

guest
0 Commentaires