Sept ans de prison requis contre Sarkozy au procĂšs libyen en appel

  • PubliĂ© le 14 mai 2026 Ă  06:17
  • ActualisĂ© le 14 mai 2026 Ă  06:30
L'ex-président français Nicolas Sarkozy, le 7 avril 2026 au palais de justice de Paris

Le parquet général a placé mercredi au-dessus de Nicolas Sarkozy l'épée de DamoclÚs d'un infamant retour en détention, en requérant en appel sept ans de prison contre l'ancien président de la République, soit deux ans de plus que sa condamnation de premiÚre instance dans l'affaire libyenne.

Avec ce procÚs qui approche de son terme devant la cour d'appel de Paris, outre sa liberté, Nicolas Sarkozy joue la postérité de sa carriÚre politique. En cas de condamnation le 30 novembre, il ne restera à l'ex-dirigeant français, qui martÚle que "pas un centime" d'argent libyen n'a atterri dans sa campagne présidentielle de 2007, que le recours d'un pourvoi en cassation.

Au terme de trois jours d'un réquisitoire que le septuagénaire a essuyé sans un regard pour le trio d'avocats généraux, le ministÚre public a, comme au précédent procÚs, demandé à l'encontre de l'ex-chef de l'Etat (2007-2012) sept années de prison, assorties de 300.000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité.

Le prĂ©sentant comme "le principal, l'unique bĂ©nĂ©ficiaire", "l'instigateur" d'une association de malfaiteurs "pour lui permettre d'ĂȘtre Ă©lu" Ă  l'ElysĂ©e, l'avocat gĂ©nĂ©ral Rodolphe Juy-Birmann n'a toutefois requis ni mandat de dĂ©pĂŽt ni exĂ©cution provisoire. Le magistrat a demandĂ© de sanctionner Ă©galement "le mensonge" comme mode de dĂ©fense des prĂ©venus ou encore "la mise en cause du fonctionnement de l'institution judiciaire".

Alors qu'il avait été uniquement condamné pour association de malfaiteurs en septembre, l'accusation a demandé aux juges d'appel de déclarer Nicolas Sarkozy coupable de l'ensemble des faits pour lesquels il est poursuivi, y compris la corruption, le financement illégal de sa campagne présidentielle victorieuse et le recel de détournement de fonds publics libyens.

"Nous démontrerons dans quinze jours, lors de nos plaidoiries, la parfaite innocence de Nicolas Sarkozy. Il n'y a pas d'argent (libyen) dans sa campagne, dans son patrimoine. Et pour cause: il n'y a pas eu de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par la Libye (...). Nicolas Sarkozy est innocent, son élection n'a pas été biaisée", a réagi devant la presse l'un de ses avocats, Christophe Ingrain.

- "Pactisé avec un terroriste" -

Pour l'accusation, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'IntĂ©rieur de Jacques Chirac, a conclu un "accord" avec le dictateur Mouammar Kadhafi, afin de percevoir des financements occultes du rĂ©gime libyen en Ă©change particuliĂšrement de la promesse d'examiner la situation judiciaire de son beau-frĂšre, Abdallah Senoussi. Ces manƓuvres frauduleuses ont conduit, selon le parquet gĂ©nĂ©ral, Ă  "vicier le financement de l'Ă©lection suprĂȘme de la Ve RĂ©publique".

Ce scénario s'articule autour de deux rencontres secrÚtes fin 2005 en Libye de Claude Guéant et Brice Hortefeux, ses plus proches collaborateurs, avec ce haut dignitaire libyen, bras droit de Kadhafi et commanditaire de l'attentat du DC-10 d'UTA qui a fait 170 morts donc 54 Français en 1989.

Dans les mois qui ont suivi, le régime libyen a fait parvenir quelque 6 millions d'euros sur les comptes de l'intermédiaire Ziad Takieddine, depuis décédé, présent lors des rencontres occultes avec le numéro deux libyen.

À l'encontre de Claude GuĂ©ant et Brice Hortefeux, le parquet gĂ©nĂ©ral a demandĂ© Ă  la cour de globalement confirmer les peines prononcĂ©es.

Malgré la "reconnaissance en demi-teinte" de l'ancien secrétaire général "incapable de la moindre introspection" sur son propre enrichissement personnel, absent pour maladie mais qui a communiqué des attestations à la cour d'appel, six ans de prison ont été requis. Quatre ans de prison, dont deux ferme sous bracelet électronique, ont été demandés pour Brice Hortefeux, le "fidÚle" qui "a pactisé avec un terroriste".

Six ans de prison avec mandat de dépÎt ont été demandés pour l'intermédiaire Alexandre Djouhri, "stakhanoviste de la corruption".

- Ultime recours -

AprÚs sa condamnation en premiÚre instance, Nicolas Sarkozy est devenu le premier président emprisonné dans l'histoire de la République, passant 20 jours derriÚre les barreaux de la prison parisienne de la Santé jusqu'à sa libération sous contrÎle judiciaire dans l'attente du procÚs en appel.

Le risque d'une nouvelle incarcĂ©ration d'ici quelques mois, plus longue, menace dĂ©sormais l'ancien chef de l'Etat mĂȘme si une Ă©ventuelle condamnation en novembre ne deviendrait pas aussitĂŽt dĂ©finitive. Nicolas Sarkozy aurait encore la possibilitĂ© de contester la dĂ©cision devant la Cour de cassation.

La plus haute instance judiciaire a récemment rejeté ses recours contre deux autres condamnations pénales, dans les affaire dites des écoutes et Bygmalion du financement de sa campagne de 2012, les rendant définitives et entraßnant l'exécution des peines. 

AFP

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1 Commentaires
Antipode
Antipode
2 mois

đŸ€ž Qu'il retourne pour un long sĂ©jour en prison enverrait un message favorable aux français quant Ă  la Justice du pays reconnu Ă  l'international comme particuliĂšrement corrompu.
✊ Il est urgent de revenir Ă -gauche-toute aux prochaines PrĂ©sidentielles et LĂ©gislatives !