[Photos-Vidéos] La Réunion se forme à la lutte contre les incendies réels avec des outils virtuels

  • Publié le 9 septembre 2026 à 02:58
formation incendie immersive en réalite virtuelle par Focalys

Les casques de réalité virtuelle ne servent pas qu'à jouer. Ils permettent aussi de former à la lutte contre les incendies. Gestion des consommables, temps d'immobilisation des équipes, manipulation d'extincteurs réels. L'entreprise Focalys tente d'apporter une réponse pour permettre à tous de prendre en compte le risque incendie. Une solution immersive qui place chaque stagiaire au cœur d'un scénario incendie réaliste, directement dans son environnement de travail (Photos : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Depuis 2009, l'entreprise forme plus de 2.000 participants par an à La Réunion, avec un taux de satisfaction de 93 % et 98 % de réussite.

"Nos formateurs spécialistes de la sécurité incendie encadrent chaque session, analysent les résultats avec chaque stagiaire et adaptent le parcours à la réalité terrain", affirme le centre de formation.

- Le virtuel pour éduquer aux bonnes pratiques lors d’un incendie -

"On prépare un scénario en tant que formateur directement dans l'entreprise. Une fois que le scénario est prêt, on explique au stagiaire comment ça va se passer. On lui met le casque et on lance la simulation", nous explique Emmanuel Coneau, formateur consultant pour Focalys.

Par exemple, "l'usage d'un extincteur à CO2, le fait de se préserver des fumées en se déplaçant au niveau du sol, ce sont des paramètres qui seront analysés et évalués dans la solution à travers le casque de réalité virtuelle et également par le formateur", précise Yoan Goud, directeur gérant fondateur de Focalys. Regardez.

Focalys a choisi une fusion de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée. "On ne touche pas. Nous avons une manette dans les mains. La réalité augmentée, c'est l'utilisation des réels moyens de secours pour une expérience immersive qui permet d'augmenter l'acquisition des compétences attendues et qui permet aussi aux établissements d'assurer une continuité de service puisque le temps de formation est diminué", explique Yoan Goud, directeur gérant fondateur de Focalys. Écoutez.

"La réalité virtuelle permet de réaliser des formations en mobilisant moins longtemps les équipes. Tout se fait, le feu est virtuel, mais les gestes sont réels", ajoute Aurélie Mirel, chargée de clientèle chez Focalys. Écoutez.

Le stagiaire n'a plus qu'à suivre ce qu'il se passe dans le casque et peut se retrouver face à tout type de situation. "On s'adapte à l'environnement et aux risques qui sont dans l'entreprise", ajoute le formateur.

"On sait que la lutte contre le feu est avant tout une lutte contre le temps et que quand on est confronté le jour J à ce type d'événement qui peut être dramatique, on n'a pas le temps de lire l'étiquette. La formation et la réalité augmentée permettront de déployer les compétences auprès de l'ensemble des citoyens", continue le directeur.

Le formateur précise que le scénario qu'ils auront défini au préalable, va suivre différentes quêtes que le stagiaire doit réaliser.

"S'il réalise bien tout, on va atteindre 100% de réussite. Ce qui nous permet à la fin de voir s'il a bien réalisé ses objectifs ou pas", argumente Emmanuel Coneau. Regardez.

"L'idée de cette expérience, c'est que le stagiaire n'ait pas que le réflexe de voir un feu et d'éteindre avec le bon extincteur. C'est aussi ce réflexe de déclencher l'alarme, d'appeler les secours, d'activer le désenfumage. Chose dont on parle déjà en formation classique, mais là, il pourra vraiment interagir avec son environnement", explique Emmanuel Coneau.

- Des entreprises font appel à la réalité virtuelle pour former à la prévention des incendies -

Pour le directeur de Focalys, la formation incendie est indispensable. "Mais au quotidien, ce n'est pas le cas. Nos clients, les entreprises, les établissements, la fonction publique, ne sont pas en capacité aujourd'hui de former tout le monde, ne serait-ce qu'à la manipulation d'extincteurs", explique-t-il.

Selon Focalys, ce dispositif présente de nombreux avantages. "Le public qu'on vise en particulier, ce sont les entreprises qui ont des contraintes d'organisation, qui souhaitent former leurs employés à l'incendie, mais qui ne peuvent pas, parce qu'ils ne peuvent pas démobiliser un groupe de 12 personnes pendant 7 heures sur une formation incendie, sans nuire à la continuité de service", précise Aurélie Mirel. Écoutez.

"C'est une solution qui est nouvelle à La Réunion. Focalys, c'est le premier centre de formation certifié Qualiopi à porter cette méthode, cette formule de formation en VR", explique Aurélie Mirel, chargée de clientèle chez Focalys.

- Les avantages de la formation pour les entreprises -

Dans l'Hexagone, plus de 150 organismes de formation ont choisi cette solution écologique et apportent la même valeur à la formation incendie.

Le directeur précise qu'il y a plusieurs formats répondant chacun à un besoin et à un cahier des charges qui est défini avec le bénéficiaire de cette action de formation. La réalité virtuelle et, ou la réalité augmentée, restent donc un outil de la formation.

Selon Yoan Goud, plusieurs entreprises sur La Réunion sont convaincues de la puissance de l'outil. "Pour une simple et bonne raison, c'est que ça répond à la contrainte réglementaire. Ça répond aussi à leur besoin de maîtrise du risque d'incendie en faisant tourner la boutique, c'est-à-dire en assurant l'accueil client, les soins, etc.", ajoute-t-il.

Cependant, le directeur rappelle que des bugs sont possibles. "Ça peut fonctionner hors Wifi. On n'est jamais à l'abri des bugs.

Aujourd'hui, c'est une solution un peu nouvelle", explique-t-il. "Dans tous les cas, les réglages sont faits en amont de l'intervention", ajoute le directeur.

"C'est une déclinaison qu'on peut retrouver dans tous les secteurs d'activité, puisque la formation est nécessaire et obligatoire", poursuit-il.

- Une formation plus sûre et plus écologique -

Une question se pose. Est-ce que ce dispositif ne risque pas de remplacer la formation classique ?

"Aujourd'hui, quand on veut faire une formation classique, on envoie 10 personnes sur un parking à l'extérieur. Donc, ils ne sont plus en activité professionnelle au sens strict du terme. Nous avons un formateur en extérieur qui transporte un générateur de flammes, qui produit des résidus de combustion, qui utilise un vrai feu, qui peut présenter un danger pour lui comme pour les personnes en formation. Et à cela s'ajoute de la consommation d'agents extincteurs, de la poudre, de l'eau avec de l'additif, des résidus de combustion et des efforts de charge. C'est-à-dire que pour un public de 10 personnes, on va avoir à minima 5 extincteurs minimum", argumente Yoan Goud.

Le participant n'est exposé à aucun risque pour sa santé, car le feu est virtualisé, contrairement à l'extincteur, lui, qui est réel.

Il ajoute qu'"en termes de risque professionnel, c'est aussi préserver la santé et la sécurité de nos formateurs".

- La réalité augmentée encore limitée pour la formation aux secours -

Pour la suite, le directeur se montre moins optimiste concernant les autres risques. "On se concentre sur la réalité augmentée sur les formations en incendie et en capacité d'agir en tant que premier témoin. Nous sommes moins convaincus sur le volet secours, qui demande des techniques particulières pour mettre sur le côté une victime en position latérale de sécurité, par exemple. Donc, à mon sens, ça demande encore du développement, puisqu'il y a du toucher, que le morphotype de la personne peut être différent". Regardez.

"Notre objectif, c'est d'accompagner nos clients, qui nous font déjà confiance depuis plusieurs années, pour leur faire gagner en performance sur le déploiement de leurs équipements de formation", conclut-il.

"À la fin de la formation, on veut que nos stagiaires soient aptes à prendre la bonne décision face à un incendie, tout simplement", nous dit Aurélie Mirel.

Aurélie Mirel nous précise que "pour la mise en œuvre, ce sera plus sur le début de l'année 2027, pour être tout à fait transparente".

Le directeur le sait, le "casque de réalité virtuelle ne remplacera jamais l'architecte de la formation, c'est-à-dire le formateur, qui lui évalue les compétences acquises".

cs/www.imazpress.com/[email protected]

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