Reconversion dans les services numériques

SoLocal, ex-Pages jaunes, va supprimer prĂšs d'un quart de ses postes

  • PubliĂ© le 13 fĂ©vrier 2018 Ă  21:08
  • ActualisĂ© le 14 fĂ©vrier 2018 Ă  04:50
Le groupe, outre les Pages Jaunes, exploite aussi le site Mappy

Le groupe SoLocal, l'ex-PagesJaunes frappé de plein fouet par la concurrence des spécialistes de l'internet, va supprimer 1.000 postes sur prÚs de 4.500 d'ici à 2019, tout en accélérant sa reconversion dans les services numériques.


Ces suppressions de postes s'effectueront dans un premier temps via des départs volontaires puis, si nécessaire, par des départs contraints, a déclaré Eric Boustouller, directeur général de SoLocal depuis octobre 2017, lors d'une rencontre avec des journalistes à Paris.

"Le chiffre d'affaires de SoLocal est en déclin depuis 8, 10 ans" et "il faut agir trÚs vite" pour relancer l'entreprise, a-t-il indiqué.
L'entreprise, qui va mettre en oeuvre un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), indique avoir commencĂ© dĂšs mardi matin le processus d'information-consultation avec les instances reprĂ©sentatives du personnel, "qui devrait ĂȘtre finalisĂ© au plus tard Ă  la fin du mois de juin 2018".

L'annonce a Ă©tĂ© qualifiĂ©e de "dĂ©sastre social" par l'intersyndicale CFDT, FO, CFE-CGC, CGT et Autonomes, qui demande "l'absence de tout dĂ©part contraint" et dĂ©nonce un projet "bĂąti uniquement dans l'intĂ©rĂȘt des actionnaires". Des nĂ©gociations doivent ĂȘtre ouvertes "sans dĂ©lai", ont Ă©crit les syndicats dans un communiquĂ© commun, en appelant au gouvernement pour "ramener la direction Ă  la raison".
"En aucun cas, les résultats économiques ne peuvent, à eux seuls, justifier une telle annonce unilatérale, sans qu'au préalable la direction n'ait pris la peine de réunir ses partenaires sociaux pour étudier les alternatives sociales à une telle hécatombe sur les territoires", écrivent les syndicats.

Il s'agit d'une "rĂ©organisation extrĂȘmement violente", a rĂ©agi Belhassen Essaadi, de la CFDT. "On s'attendait Ă  une rĂ©organisation, mais pas de cette taille. Tous les services sont touchĂ©s", a-t-il ajoutĂ©.

- Retrouver la croissance en 2019 -

Selon Alexandre Gamay (CFE-CGC), il s'agit du "plus gros PSE" que l'entreprise ait jamais connu. Selon lui, des propositions de transfert "ne seront pas acceptées", si bien qu'au final, il y aura "plus de 1.000 salariés touchés". Une moitié des suppressions de postes viserait les commerciaux, responsables commerciaux et directeurs des ventes, avec une réduction du nombre de sites de SoLocal en France.

"D'ici Ă  2020, les implantations de SoLocal en France passeraient de 23 sites Ă  quatre hubs rĂ©gionaux (Lille, Rennes, Bordeaux et Lyon), deux hubs production/dĂ©veloppement (AngoulĂȘme-ChambĂ©ry), un hub tĂ©lĂ©vente (Boulogne) et le siĂšge social Ă  Boulogne-Billancourt", selon la direction de SoLocal.

Le groupe prévoit par ailleurs, dans le cadre de son plan de transformation, la création d'une centaine de postes sur "de nouvelles compétences" dans le numérique. En parallÚle, le nouveau plan stratégique de l'entreprise "prévoit de revenir à une croissance du chiffre d'affaires à partir de 2019" en s'appuyant sur les atouts de l'entreprise, dont prÚs de 500.000 clients et ses marques PagesJaunes et Mappy, a-t-il ajouté.

"Nous sommes une entreprise de services numériques qui s'appuie sur des médias forts" pour vendre à ses clients de la visibilité sur le web, grùce notamment à ses partenariats avec des entreprises comme Microsoft et son moteur de recherche Bing ou Google, a expliqué Eric Boustouller. SoLocal dispose de "plates-formes technologiques de premier ordre", a-t-il également souligné.

Dans un communiquĂ©, le groupe chiffre la "charge globale" pour son plan de transformation Ă  environ 180 millions d'euros, une somme qui devrait ĂȘtre "tout ou partie provisionnĂ©e dĂšs 2018". Il estime Ă  120 millions d'euros la baisse des coĂ»ts induits pas son plan de transformation Ă  partir de 2020 par rapport Ă  2017. Elle "permettrait de restaurer la capacitĂ© du groupe Ă  gĂ©nĂ©rer des flux de trĂ©sorerie".

Dans l'attente de l'annonce du plan de transformation, le groupe avait demandé lundi la suspension de sa cotation à la Bourse de Paris jusqu'à l'ouverture jeudi, alors que le titre cotait un euro.

AFP

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