Automobile

Stellantis : Peugeot et Fiat se marient pour former le 4e groupe mondial

  • PubliĂ© le 16 janvier 2021 Ă  11:43
  • ActualisĂ© le 16 janvier 2021 Ă  13:28
Le président de Fiat Chrysler Automobiles (FCA), John Elkann, à l'Université Bocconi dans le sud de Milan le 27 mai 2019

Le mariage franco-italo-américain a finalement eu lieu: les groupes PSA et FCA s'unissent officiellement ce samedi pour former le groupe Stellantis.

Les Fiat, Opel, Peugeot, Alfa Romeo, Chrysler, Dodge, Jeep ou Maserati sortiront désormais des usines du quatriÚme groupe automobile mondial. Les 14 marques du groupe représentent environ 9% du marché automobile mondial, pour 8 millions de véhicules vendus en 2019.

"Nous jouerons un rÎle de premier plan au cours de la prochaine décennie en redéfinissant la mobilité comme nos pÚres fondateurs l'ont fait avec beaucoup d'énergie", a assuré début janvier le président de FCA John Elkann, évoquant une "fusion historique".

Lundi, les dirigeants du nouveau groupe doivent lancer l'action Stellantis ("parsemé d'étoiles", en latin) sur les marchés des Bourses de Milan et Paris, puis mardi sur le New York Stock Exchange.

Mardi, l'ex-président du directoire de PSA et nouveau directeur général de Stellantis Carlos Tavares doit dévoiler lors d'une premiÚre conférence de presse sa vision pour le groupe de 400.000 salariés, avant de présenter son plan stratégique dans les prochains mois.

Les défis sont nombreux, entre l'électrification des gammes, les automobilistes qui se tournent vers l'occasion ou la location et la crise sanitaire qui pÚse sur la fabrication et les ventes de véhicules. Les ventes mondiales de PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall) ont dégringolé de 27,8% en 2020.

Matthias Heck de l'agence Moody's voit la fusion d'un bon ?il parce que les groupes "améliorent leur couverture mondiale, peuvent collaborer au niveau technologique et dans divers segments et vont réaliser des économies grùce aux synergies et l'expérience de PSA, qui a su fixer le juste prix et gérer ses coûts".

PSA et Fiat-Chrysler ont estimĂ© que les synergies permettraient d'Ă©conomiser Ă  terme jusqu'Ă  5 milliards d'euros par an, dans les coĂ»ts de fabrication comme dans la recherche. Ces Ă©conomies inquiĂštent les syndicats comme les États.

- Rome au capital ? -

AprĂšs s'ĂȘtre opposĂ© Ă  un mariage de Fiat avec Renault, le gouvernement français a saluĂ© avec le gouvernement italien la naissance de Stellantis. On veillera cependant des deux cĂŽtĂ©s des Alpes Ă  ce que le nouveau colosse "contribue Ă©galement Ă  l'emploi industriel en Italie et en France", ont assurĂ© dĂ©but janvier le ministre français de l?Économie Bruno Le Maire et son homologue italien Stefano Patuanelli.

Pour garder le contrĂŽle, l'Italie envisage mĂȘme d'entrer au capital de Stellantis: "une Ă©ventuelle prĂ©sence de l?État dans le capital social du nouveau groupe, similaire Ă  celle du gouvernement français, ne peut et ne doit pas ĂȘtre un tabou", a indiquĂ© le vice-ministre italien de l'Economie Antonio Misiani au journal La Repubblica. L?État français est prĂ©sent au capital de Stellantis Ă  hauteur de 6,2%.

Pour mener à bien cette fusion dans le respect des rÚgles de la concurrence, les deux groupes ont réduit leur domination dans le secteur des petits utilitaires.
Ils ont également amendé leur contrat pour que leur union reste un mariage entre égaux. FCA a abaissé le montant d'un dividende exceptionnel versé à ses actionnaires, de 5 à 2,9 milliards d'euros. PSA s'est retiré de l'équipementier Faurecia.

Du cÎté des syndicats, la majorité a accompagné une fusion qu'ils jugeaient inévitable. Mais ils restent sur leurs gardes. "Rendez-vous dans un an!", a résumé dans un communiqué le délégué FO à PSA, Olivier Lefebvre. "Notre confiance dans l'avenir s'accompagnera évidemment tout au long de l'année d'une vigilance sur l'adéquation des politiques sociales et industrielles".

Les synergies prévues inquiÚtent également les équipementiers qui fournissent les deux groupes. "Des remises en question sont à attendre mais aussi des opportunités", a déclaré à l'AFP Claude Cham, président de la fédération des équipementiers (FIEV). "Dans les deux cas, les équipementiers internationaux seront les mieux placés pour répondre aux demandes. Les plus petits et les moins internationaux et diversifiés sont les plus à risques".

AFP

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