Les forces syriennes battent en retraite (actualisé)

Syrie : les rebelles annoncent la fin du rĂšgne d'Assad

  • PubliĂ© le 8 dĂ©cembre 2024 Ă  08:01
  • ActualisĂ© le 8 dĂ©cembre 2024 Ă  14:26
Un portrait de Bachar al-Assad au cadre brisé dans un bùtiment de la Direction de la sécurité politique du régime syrien à la périphérie de la ville de Hama (centre), le 7 décembre 2024

Le prĂ©sident syrien s’est envolĂ© depuis l’aĂ©roport international de Damas, abandonnĂ© par l’armĂ©e et les forces de sĂ©curitĂ© face Ă  l’offensive fulgurante des rebelles entrĂ©s dans la capitale.

Le groupe islamiste radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS) qui mĂšne une coalition de rebelles en Syrie a annoncĂ© dimanche ĂȘtre entrĂ© Ă  Damas, oĂč des habitants ont dĂ©clarĂ© Ă  l'AFP avoir entendu des Ă©changes de tirs . "Nos forces ont commencĂ© Ă  entrer dans Damas", a dĂ©clarĂ© le groupe islamiste HTS sur Telegram, aprĂšs avoir pris le contrĂŽle de plusieurs autres villes clĂ©s comme Homs.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a annoncĂ© que le prĂ©sident syrien, Bachar el-Assad, avait quittĂ© la Syrie en s’envolant depuis l’aĂ©roport international de Damas, abandonnĂ© par l’armĂ©e et les forces de sĂ©curitĂ© face Ă  l’offensive fulgurante des rebelles entrĂ©s dans la capitale.

"Assad a quittĂ© la Syrie via l’aĂ©roport de Damas, avant le retrait des membres des forces armĂ©es et de sĂ©curitĂ©" du site, a indiquĂ© Ă  l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

L'AFP n'Ă©tait pas en mesure dans l'immĂ©diat de confirmer de source officielle oĂč se trouve le prĂ©sident qui a dirigĂ© d'une main de fer la Syrie pendant vingt-quatre ans, rĂ©primant en 2011 dans le sang une rĂ©bellion qui s'est transformĂ©e en guerre civile, l'une des plus violentes du XXIe siĂšcle.

- Les rebelles libÚrent des milliers de détenus -

Depuis le début de leur offensive le 27 novembre dans le nord-ouest de la Syrie, les rebelles ont rapidement conquis plusieurs grandes villes clés, annonçant viser Damas et vouloir renverser le président syrien.

Ils ont lancé un appel "pour rentrer en Syrie libre" aux Syriens déplacés à l'étranger par le conflit déclenché en 2011 avec la répression violente de manifestations prodémocratie, qui a fait un demi-million de morts, et a morcelé le pays en zones d'influence, avec des belligérants soutenus par différentes puissances étrangÚres.

Dans une vidĂ©o publiĂ©e sur son compte Facebook, le Premier ministre syrien, Mohamed al-Jalali, s'est dit prĂȘt Ă  coopĂ©rer avec tout nouveau "leadership" choisi par le peuple, prĂ©cisant qu'il serait dimanche matin dans ses bureaux au siĂšge du gouvernement pour toute procĂ©dure de "passation" de pouvoir.

- Fin d'une "Ăšre sombre" -

"AprÚs 50 ans d'oppression sous le (parti au) pouvoir du Baas, et 13 années de crimes, de tyrannie et de déplacements, (depuis le début du soulÚvement en 2011, ndlr) nous annonçons aujourd'hui la fin de cette Úre sombre et le début d'une nouvelle Úre pour la Syrie", ont ajouté les rebelles.

"Nos forces ont commencĂ© Ă  entrer dans Damas", avait dĂ©clarĂ© peu avant le groupe islamiste radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS), Ă  la tĂȘte d'une coalition de rebelles soutenus par la Turquie.

Le chef de HTS a appelé ses combattants à ne pas s'approcher des institutions publiques, ajoutant que celles-ci restaient sous contrÎle du Premier ministre jusqu'à la "passation officielle"

Selon des sources de l'OSDH, l'ordre a été donné aux officiers et aux soldats des forces gouvernementales de se retirer de l'aéroport international de Damas.

Les rebelles ont aussitÎt annoncé avoir pris la prison de Sednaya à Damas, symbole des pires exactions des forces du président Assad, et libéré les détenus de cet établissement.

Le Hezbollah libanais, soutien clé du pouvoir de Bachar al-Assad, a retiré parallÚlement ses forces de la périphérie de Damas et de la région de Homs (ouest de la Syrie), selon l'OSDH.

Le mouvement islamiste libanais "a demandé ces derniÚres heures à ses combattants de se retirer de la région de Homs, certains se dirigeant vers Lattaquié (cÎte ouest de la Syrie, ndlr) et d'autres vers la région du Hermel au Liban", a indiqué l'ONG à l'AFP, précisant que "les combattants du Hezbollah avaient également quitté leurs positions autour de Damas".

- Avancée spectaculaire -

La coalition de groupes rebelles menĂ©e par HTS, un groupe issus de l'ancienne branche syrienne d'Al-QaĂŻda, a effectuĂ© en une dizaine de jours une avancĂ©e particuliĂšrement spectaculaire, capturant les grandes villes d'Alep et Hama avant d'annoncer dans la nuit de mardi Ă  mercredi avoir pris le contrĂŽle de Homs, troisiĂšme ville du pays, et ĂȘtre entrĂ©e dans la capitale Damas.

Elle a notamment profité du retrait de plusieurs régions des forces gouvernementales face à l'offensive qu'elle a lancée à la surprise générale le 27 novembre à partir de la province d'Idleb, son fief dans le nord-ouest syrien, malgré des raids aériens menés avec l'allié du régime, la Russie, et des opérations au sol contre les secteurs insurgés.

Au sud de la capitale, prÚs de la frontiÚre jordanienne, les troupes gouvernementales ont également perdu le contrÎle de la ville de Deraa, berceau du soulÚvement de 2011, au profit de forces locales, selon l'OSDH.

Sur un autre front, dans la province de Deir Ezzor (est), les forces gouvernementales se sont retirées de territoires sous leur contrÎle et les Forces démocratiques syriennes (FDS) dominées par les Kurdes s'y sont déployées.

Avec l'appui militaire de la Russie, de l'Iran et du Hezbollah, le pouvoir dirigé par M. Assad avait repris en 2015 une grande partie du pays et en 2016 la totalité d'Alep, dont la partie est avait été prise en 2012 par les rebelles.

Un cessez-le-feu instauré en 2020, parrainé par Ankara et Moscou, avait ramené un calme précaire dans le nord-ouest.

AFP

guest
1 Commentaires
kalou
kalou
1 an

La " libération " de l'Irak par la destitution de Saddam Hussein puis par sa pendaison avait été annoncée par le camp du bien comme une trÚs grande victoire. On connait la suite.
La " libération " de la Lybie de son tyran sanguinaire , Khadafi avait été présentée par le camp du bien comme une trÚs grande victoire. On connait la suite.
La " libération " de la Syrie de son tyran sanguinaire, El Assad est présentée par le camp du bien comme une trÚs grande victoire.
On connait déjà la suite.