Il devrait ĂȘtre adoptĂ© ce lundi

Terminus en vue au Parlement pour le budget de la Sécu

  • PubliĂ© le 4 dĂ©cembre 2023 Ă  07:10
  • ActualisĂ© le 4 dĂ©cembre 2023 Ă  07:45
La PremiÚre ministre Elisabeth Borne à la tribune de l'Assemblée nationale avant le vote de deux motions de censure, le 20 mars 2023

Le budget de la SĂ©curitĂ© sociale devrait ĂȘtre dĂ©finitivement adoptĂ© lundi via le rejet d'une ultime motion de censure Ă  l'AssemblĂ©e nationale.

La fin d'un parcours jalonné de recours au 49.3 par le gouvernement, pour échapper aux tirs croisés des oppositions.

C'est devant un hémicycle quasiment désert qu'Elisabeth Borne a déclenché une derniÚre fois vendredi l'outil constitutionnel décrié pour faire passer ce texte sans vote - sa 20e utilisation en tout depuis qu'elle dirige le gouvernement.

"C'est un budget de 640 milliards d'euros pour notre modÚle social, ce sont des moyens en hausse pour notre santé, pour l'autonomie des personnes ùgées et des personnes en situation de handicap", a plaidé la PremiÚre ministre, dans un discours éclair de moins de deux minutes.

Sans surprise, LFI a aussitĂŽt rĂ©pliquĂ© en annonçant le dĂ©pĂŽt d'une motion de censure, co-signĂ©e par la quasi-totalitĂ© des dĂ©putĂ©s des groupes de gauche, faisant fi pour l'occasion de leurs divisions. Elle doit ĂȘtre examinĂ©e lundi Ă  partir de 10h30 au Palais Bourbon.

"Les reprĂ©sentants de la nation ont Ă©tĂ© systĂ©matiquement empĂȘchĂ©s de dĂ©battre", dĂ©plorent les signataires. Ils dĂ©noncent un usage "d'autant plus rĂ©voltant" du 49.3 qu'il acte un "passage en force sur un texte qui, au fond, dĂ©tricote la SĂ©curitĂ© sociale et brutalise notre hĂŽpital public et ses soignants".

Comme les prĂ©cĂ©dentes, cette motion devrait ĂȘtre repoussĂ©e, mĂȘme si toutes les oppositions dĂ©sapprouvent ce projet de loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale (PLFSS) pour 2024, qu'elles jugent insuffisant.

Le groupe Les Républicains (LR), dont les voix seraient nécessaires pour faire tomber le gouvernement, exclut en effet de le faire sur un texte budgétaire.

- Préservatifs gratuits -

Le Sénat, dominé par la droite, avait adopté une version largement remaniée de ce budget, contestant notamment une trajectoire financiÚre jugée irréaliste. Mais le gouvernement a rejeté l'essentiel de ses ajouts.

Le déficit de la Sécu, désormais estimé à 8,7 milliards pour 2023, atteindrait 10,5 milliards toutes branches confondues en 2024, selon les derniÚres estimations du gouvernement, qui conteste toute "austérité".

Les comptes sont notamment plombĂ©s par les dĂ©penses de l'assurance maladie. Le gouvernement prĂ©voit de contenir leur hausse Ă  +3,2%, grĂące Ă  des mesures d'Ă©conomies sur les dĂ©penses en mĂ©dicaments, des laboratoires d'analyse ou encore les arrĂȘts maladie.

Certaines crispent particuliĂšrement les oppositions, comme la possibilitĂ© de suspendre les indemnitĂ©s d'un assurĂ© quand un mĂ©decin mandatĂ© par l'employeur juge son arrĂȘt de travail injustifiĂ©, ou la diminution du remboursement en cas de refus d'un transport sanitaire partagĂ©.

D'autres mesures de ce PLFSS sont plus consensuelles, comme la gratuité des préservatifs pour les moins de 26 ans ou le remboursement des protections périodiques réutilisables pour les femmes de moins de 26 ans.

Pour mettre un coup de frein aux pertes de recettes liées aux exonérations de cotisations, le gouvernement a retenu une proposition de sa majorité gelant les seuils des plus hauts salaires éligibles. Une mesure jugée trop timide par la gauche.

- "Décision pas prise" sur les franchises -

Deux dossiers ont planĂ© sur les dĂ©bats parlementaires, sans mĂȘme figurer dans le texte.

AprÚs avoir agité la menace d'une ponction dans les réserves du régime de retraite complémentaire de l'Agirc-Arrco, géré par les partenaires sociaux, le gouvernement a fini par reculer devant la bronca.

Sans renoncer à demander une participation de ce régime aux revalorisations des petites pensions, l'exécutif a décidé de s'en remettre à des négociations entre patronat et syndicats.

Il a mĂȘme acceptĂ© que soit prĂ©cisĂ© que la contribution de l'Agirc-Arrco mentionnĂ©e dans ce PLFSS Ă©tait strictement liĂ©e Ă  l'extinction des rĂ©gimes spĂ©ciaux, sans lien donc avec la contribution plus large qu'il attend par ailleurs.

L'Ă©ventuelle hausse des franchises mĂ©dicales et des participations forfaitaires des assurĂ©s, envisagĂ©e par le gouvernement sans ĂȘtre formalisĂ©e dans ce budget, a Ă©galement cristallisĂ© les dĂ©bats.

"La décision n'est pas prise", a assuré le ministre de la Santé Aurélien Rousseau, évaluant l'impact de la mesure à "17 euros par an en moyenne" pour les assurés.

A la demande du Sénat, le gouvernement a accepté de solliciter un avis des commissions des affaires sociales du Parlement avant toute modification de ces restes à charge.

AFP

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