Une pause d'une journée et le Tour repart mardi du Périgord avec un maillot jaune britannique, Chris Froome, et deux coureurs accrochés à ses basques, l'Italien Fabio Aru et Romain Bardet.
Le vainqueur sortant et favori vire donc en tĂȘte au terme des neuf premiers jours de l'Ă©dition 2017 passionnante et riche en Ă©vĂ©nements. Il est dĂ©jĂ dĂ©barrassĂ© de plusieurs adversaires de premier plan (Porte dĂ©finitivement, Contador et Quintana probablement) pour une quatriĂšme victoire Ă Paris. Mais dans ce Tour des surprises, rien n'est Ă exclure.
"On a de beaux scĂ©narios de course, on a un trĂšs beau parcours qui nous est proposĂ© avec pas trop de temps morts", estime Bardet qui promet de tout faire pour essayer de battre Froome et espĂšre qu'Aru fera de mĂȘme.
La deuxiÚme semaine, avec les Pyrénées et le Massif Central, peut-elle redistribuer les cartes avant le final des Alpes ? "Dans le Tour, tout peut basculer en une seconde", répond Froome qui avait frÎlé la catastrophe à deux jours de l'arrivée, l'an dernier, en glissant sur l'asphalte menant à Saint-Gervais Mont Blanc.
- Froome en "pole" -
Jusqu'à présent, le maillot jaune n'a laissé filtrer aucun signe de faiblesse. Son équipe Sky s'est emparée des commandes dÚs le premier jour, par l'entremise du Gallois Geraint Thomas. L'Anglais originaire de Nairobi a pris la suite à partir du quatriÚme jour et la premiÚre arrivée au sommet (La Planche des Belles Filles).
Sur le terrain, Froome version 2017 confirme le changement noté l'an dernier. Il ne dispose plus de l'évidente supériorité en montagne qui avait marqué ses deux premiÚres victoires, en 2013 et 2015. Mais ses progrÚs, technique (en descente) et tactique (connaissance des adversaires, habitude des responsabilités), lui procurent un indéniable avantage.
Son équipe le soutient au mieux, sans pour autant écraser la concurrence comme elle a pu le faire par le passé (entre 2012 et 2015). La perte de Geraint Thomas, le rendement intermittent de Mikel Landa, deux de ses soutiens en montagne, sont des éléments susceptibles de laisser planer un point d'interrogation pour la suite malgré la forme étincelante affichée par le Polonais Michal Kwiatkowski, un ex-champion du monde (2014).
- Promesses d'attaques -
Le tri trĂšs sĂ©lectif de la premiĂšre semaine, le week-end jurassien surtout, n'a laissĂ© que trois coureurs Ă portĂ©e raisonnable (Aru, Bardet, Uran), Ă moins d'une minute. Les autres ont disparu (Porte, Valverde) ou reculĂ©, lĂ©gĂšrement (Fuglsang), moyennement (Quintana) ou fortement (Contador, Chaves), avant mĂȘme la mi-course.
Nairo Quintana, 8e à 2 min 13 sec, et Alberto Contador, 12e à 5 min 15 sec, sont encore dans le jeu pour peser sur la course. Mais, à l'évidence, ils ressentent durement la gifle reçue dimanche sur les pentes du Mont du Chat, dans la continuité de l'alerte signifiée lors de la premiÚre arrivée au sommet.
Pour eux, renverser la tendance relĂšverait de l'exploit mĂȘme si les qualitĂ©s de fond du "Condor" et le tempĂ©rament du "Pistolero" sont Ă prendre en compte. "On doit maintenant repenser notre stratĂ©gie", reconnaĂźt Quintana. "Ce n'est pas le scĂ©nario que j'avais envisagĂ©", confirme Contador de son cĂŽtĂ©. "Il faut revoir le plan initial".
Pour rivaliser, il reste surtout Aru et Bardet, deux coureurs de la classe 1990, mĂȘme si le Colombien Rigoberto Uran (4e Ă 55 sec), aussi expĂ©rimentĂ© que discret, a su tirer son Ă©pingle du jeu dans l'Ă©tape de ChambĂ©ry. S'il est Ă mĂȘme de profiter d'un marquage entre favoris, "Rigo" prĂ©sente davantage le profil d'un 'podiumable' (2e du Giro en 2013 et 2014) que d'un maillot jaune.
La menace Aru (2e à 18 sec) est plus pressante. Le champion d'Italie, qui dispute son deuxiÚme Tour seulement, est un attaquant-né, adepte d'une course agressive. Quitte à déroger aux us et coutumes du peloton en attaquant dimanche sur un incident mécanique.
Froome a tenu Ă calmer le jeu officiellement. Mais l'incident, doublĂ© d'une polĂ©mique sur un geste ultĂ©rieur du Britannique envers l'Italien -tous deux ont dĂ©menti cependant la rĂ©alitĂ© du coup d'Ă©paule-, a marquĂ© les esprits. Bardet (3e Ă 51 sec), l'un des tout meilleurs descendeurs du peloton, est au moins aussi dĂ©cidĂ©. "Je vais continuer Ă ĂȘtre sur un mode trĂšs offensif", promet-il.
Le Français ajoute au passage un petit tacle à l'équipe d'Aru pour l'aide apportée à Froome la veille qui a provoqué l'échec du Français: "Si on n'essaye pas d'affaiblir Froome quand il est tout seul, on va avoir du mal à gagner."
AFP

