Voile

Transat Jacques Vabre : Jean Galfione n'a "jamais eu peur en bateau"

  • PubliĂ© le 5 novembre 2021 Ă  21:43
  • ActualisĂ© le 5 novembre 2021 Ă  22:39
L'ancien perchiste français Jean Galfione, champion olympique à Atlanta (1996) et désormais skipper, lors d'une séance photo, le 22 septembre 2021 à Paris, avant de participer à la Transat Jacques Vabre, dont le départ aura lieu le 7 novembre au Havre

Passé de la perche à la barre, l'ancien champion olympique Jean Galfione s'est ouvert une nouvelle voie avec la course au large. Il prendra le départ dimanche de la Transat Jacques Vabre, sa 5e transatlantique, en n'ayant "jamais eu peur en bateau" alors que perchiste, il a connu "une peur", confie-t-il à l'AFP.

Q: Que représente une transatlantique pour vous ?
R:
"En 2012, la Route du Rhum, j’osais mĂȘme pas prononcer le nom alors que j’étais parti dans l’histoire de la course au large. J’avais fait ma premiĂšre transatlantique en double avec Tanguy de la Motte, c’était des rĂȘves d’enfant, des rĂȘves inaccessibles. J’étais tellement spĂ©cialisĂ© dans mon domaine, c’était ma vie pendant 15, 20 ans, que tout ce qui Ă©tait autour Ă©tait exotique pour moi. C’était comme monter l’Everest, tenir un premier rĂŽle dans un film ou chanteur d’opĂ©ra. J’aimais le bateau mais je ne naviguais pas. Et un jour me retrouver sur les pontons avec Michel Desjoyeaux, Roland Jourdain, Jean Le Cam et me dire: 'on va participer Ă  la mĂȘme course !' Ma premiĂšre transatlantique en solo c’était gĂ©nial, j’avais l’impression de grandir de 20 cm et d’apprendre sur moi plus que dans toute ma vie. C’est aussi ça que je vais chercher".

Q: Il y a une dimension de danger dans la voile qu'il n'y a pas avec la perche. Comme avez-vous appréhendé cela ?

R: "C’est pas le mĂȘme danger. A la perche, c’est une discipline trĂšs acrobatique, oĂč il faut de l’engagement, se lancer, tu finis Ă  40 km/h et tu rentres dans un mur. Il faut accepter que la technique soit propre, les Ă©paules vers l’avant, y a un vrai dĂ©fi. En bateau, le risque est par rapport aux Ă©lĂ©ments et la connerie que tu peux faire Ă  bord. il y a la mer, le vent, Ă  la perche y avait pas ! Mais il y a quelque chose qui nous dĂ©passe parfois et qui peut ĂȘtre angoissant. Moi je n’ai jamais eu peur en bateau, j'ai Ă©tĂ© parfois impressionnĂ© par une situation. A la perche, parfois y a eu des blocages de peur de ne plus pouvoir sauter. Je ne pouvais pas dĂ©clencher un saut et tous les perchistes connaissent ça, il faut effacer le pus vite possible ce moment. C’est le refus d’obstacle, c’est une peur. A la voile je n’ai pas eu cette peur, par contre y a des moments oĂč je me suis dit: lĂ  c’est chaud. Mais en fait tu ne peux pas te permettre de te mettre dans cette situation de peur parce que tu dois rĂ©agir. Tu gĂšres le truc et aprĂšs tu relativises. Ce n’est pas du tout le mĂȘme comportement".

Q: Comptez-vous encore faire du bateau longtemps ?
R:
"AprĂšs la Route du Rhum (2022), je ne sais pas s'il y aura une suite. Ce n’est pas le sujet, j’y vais sans lendemain, sans calcul. Comme quand je prĂ©parais les Jeux quand j’étais athlĂšte, j’étais incapable de prĂ©voir l’avenir aprĂšs l’échĂ©ance olympique, pour moi la vie s’arrĂȘtait lĂ . Je ne peux pas dire que je sais ce que sera exactement l’avenir. Parfois je me dis aussi que l’avenir c’est bien aussi de partir en voyage, se balader en bateau en famille avec un projet autre. Pourquoi pas".

Q: Vous n'avez pas de plan de carriĂšre dans la voile ?

R: "LĂ  j’ai un plan de carriĂšre sur 4 ans. La suite n'est pas dĂ©finie. A la fois c’est inquiĂ©tant et j’aime aussi l’idĂ©e d’avoir cette libertĂ© un jour de remonter un truc Ă  zĂ©ro. Mais j’aimerais bien aller jusqu’au bout de ce que j’ai entrepris dans mon domaine sportif du bateau. Ce qui aurait pu me dĂ©cevoir Ă  la perche, c'Ă©tait de finir sur blessure, ce qui aurait pu ĂȘtre le cas. J’ai trois grandes fiertĂ©s: avoir Ă©tĂ© champion olympique, avoir fait 6 mĂštres et avoir arrĂȘtĂ© ma carriĂšre en Ă©tant presque dans les dix meilleurs au bilan mondial et finir aux Championnats du monde. Je me suis arrĂȘtĂ© en paix grĂące Ă  ça. Et en bateau, j’ai envie d’aller jusqu'au bout d’un truc que j’ai entrepris et pas que ça se finisse en queue de poisson. C’est mon truc personnel Ă  moi".

AFP

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