DĂ©cĂšs de l'ancien prĂ©sident des États-Unis

Trump envoie son avion pour le cercueil de George Herbert Walker Bush

  • PubliĂ© le 2 dĂ©cembre 2018 Ă  19:54
  • ActualisĂ© le 2 dĂ©cembre 2018 Ă  20:23
Les drapeaux en berne à Washington, devant le Capitole, le 2 décembre 2018

Un avion présidentiel. 37 heures de chapelle ardente au Capitole. Des obsÚques nationales. Les Etats-Unis commencent plusieurs jours de cérémonies en hommage à George Herbert Walker Bush, qui présida le pays pendant la fin de la Guerre froide.

Comme Gerald Ford (2006), Ronald Reagan (2004) ou Richard Nixon (1994) avant lui, le 41e prĂ©sident amĂ©ricain sera enterrĂ© selon le protocole des obsĂšques d'Etat, organisĂ©es avec une prĂ©cision militaire par la force du Pentagone chargĂ©e de la protection de la capitale. Le rĂ©publicain George H. W. Bush avait fait savoir qu'il n'avait pas votĂ© pour Donald Trump en 2016, mais l'actuel occupant de la Maison Blanche entend lui rendre tous les honneurs. Il a demandĂ© Ă  ce que le Boeing 747 prĂ©sidentiel, baptisĂ© Air Force One lorsque le prĂ©sident est Ă  bord, aille chercher le cercueil au Texas pour le ramener Ă  Washington. Ce cercueil sera exposĂ© en chapelle ardente sous la coupole du Capitole Ă  partir de lundi soir. Une garde d'honneur veillera en permanence pendant un peu plus de 37 heures, jour et nuit. Mercredi, journĂ©e de deuil national, les funĂ©railles prendront place dans la cathĂ©drale nationale, Ă  Washington, comme pour John F. Kennedy ou encore l'ancien sĂ©nateur John McCain en septembre. Le prĂ©sident Trump sera prĂ©sent. Puis ce sera le retour chez lui, au Texas. AprĂšs un autre office funĂ©raire Ă  l'Ă©glise Ă©piscopalienne de St. Martin Ă  Houston, un train emmĂšnera le cercueil sur le campus de l'universitĂ© A&M du Texas, oĂč se trouve la bibliothĂšque prĂ©sidentielle George Bush, derriĂšre laquelle il sera enterrĂ© aux cĂŽtĂ©s de Barbara, son Ă©pouse dĂ©cĂ©dĂ©e en avril, et de Robin, leur fille morte d'une leucĂ©mie Ă  3 ans.

DerniĂšres paroles

"Il n'Ă©tait pas prĂȘt Ă  mourir quand Barbara est dĂ©cĂ©dĂ©e", a racontĂ© son meilleur ami James Baker, qui fut notamment son secrĂ©taire d'Etat, dimanche sur CNN. Le nonagĂ©naire, qui souffrait d'une forme de la maladie de Parkinson qui le clouait dans un fauteuil roulant, avait donc voulu passer l'Ă©tĂ© dans le Maine, Ă  Kennebunkport, selon ses habitudes. "Mais quand il est revenu Ă  Houston, il Ă©tait plus ou moins prĂȘt Ă  partir. Sa qualitĂ© de vie s'Ă©tait beaucoup dĂ©tĂ©riorĂ©e". Vendredi matin, James Baker lui a rendu visite. "OĂč allons-nous, Bake?", lui a demandĂ© l'ancien prĂ©sident. "Au ciel", lui a-t-il rĂ©pondu. "Bien, c'est lĂ  que je veux aller". Ses derniĂšres paroles ont Ă©tĂ© pour son fils aĂźnĂ©, George W. Bush, joint au tĂ©lĂ©phone. "Je t'aime papa, on se verra au paradis", lui aurait-il dit, selon le rĂ©cit de James Baker. "Je t'aime aussi", a rĂ©pondu le pĂšre, avant de s'Ă©teindre.

Guerre du Golfe

"Il Ă©tait probablement le meilleur prĂ©sident d'un seul mandat", a dit James Baker, mettant le doigt sur l'Ă©chec central de la vie de l'ancien prĂ©sident: sa dĂ©faite Ă  l'Ă©lection de 1992, face au dĂ©mocrate Bill Clinton. Ses amis insistaient tous ce week-end sur son bilan de politique Ă©trangĂšre. En quatre ans de mandat (janvier 1989-janvier 1993), le prĂ©sident Bush a vĂ©cu la chute du mur de Berlin (novembre 1989) et l'effondrement de l'Union soviĂ©tique (1991). Il a nĂ©gociĂ© l'Accord de libre-Ă©change nord-amĂ©ricain, signĂ© par son successeur, deux traitĂ©s de rĂ©duction des armes nuclĂ©aires. Et a Ă©jectĂ© l'Irak de Saddam Hussein hors du KoweĂŻt en 1990, tout en refusant d'aller jusqu'Ă  Bagdad pour renverser le dictateur. "Il en avait fait un conflit prĂ©cis, dans le temps et l'espace, c'est la raison pour laquelle il a obtenu tout le soutien dont il avait besoin", a dit sur ABC. Colin Powell, qui Ă©tait alors son chef d'Ă©tat-major interarmĂ©es, rappelant qu'une trentaine de pays avaient rejoint la coalition. "AprĂšs l'opĂ©ration TempĂȘte du dĂ©sert, qui fut un grand succĂšs, les AmĂ©ricains Ă©taient heureux. Ils ne pensaient pas que leur armĂ©e pouvait ĂȘtre aussi bonne", a poursuivi l'ancien gĂ©nĂ©ral. Cette guerre reste dans la mĂ©moire des AmĂ©ricains comme la derniĂšre gagnĂ©e par les Etats-Unis. A College Station, des Ă©tudiants qui n'Ă©taient pas nĂ©s lorsque George H. W. Bush quitta le pouvoir dĂ©filaient ce week-end dans la bibliothĂšque prĂ©sidentielle. Une veillĂ©e y a Ă©tĂ© organisĂ©e samedi soir. "Nous prenons tous notre inspiration dans ce qu'il a fait", dit Chris Griffin, l'un de ces Ă©tudiants.
© 2018 AFP

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