Les auteurs de la tuerie perpĂ©trĂ©e lors d'un dĂ©jeuner de NoĂ«l en Californie Ă©taient un couple de musulmans qui se serait radicalisĂ©, dont la femme a fait allĂ©geance au groupe Etat islamique, selon un important rebondissement de l'enquĂȘte annoncĂ© vendredi par les mĂ©dias.
AprÚs 48 heures d'oscillations entre l'hypothÚse terroriste et celle d'un accÚs de rage incontrÎlé, les policiers du FBI croient désormais savoir pourquoi Syed Farook et Tashfeen Malik, des jeunes parents pas encore trentenaires, ont basculé mercredi dans une violence imprévue.
Malik, 27 ans et mĂšre d'une fillette de six mois, a publiĂ© sur Facebook un texte pour prĂȘter allĂ©geance au "calife" de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, selon des sources citĂ©es par CNN et d'autres mĂ©dias amĂ©ricains.
Elle a utilisé un compte qui n'était pas à son nom, selon ces sources policiÚres s'exprimant sous couvert de l'anonymat, qui précisent ne disposer d'aucune preuve montrant que la femme aurait reçu l'instruction du groupe jihadiste de passer à l'action, accompagné de son mari.
Jusqu'Ă ce jour, l'image de cette Pakistanaise entrĂ©e aux Etats-Unis avec un visa Ă©tait celle d'une femme apparemment sans histoire, mariĂ©e Ă un homme rĂ©servĂ©, lui-mĂȘme musulman pratiquant et de nationalitĂ© amĂ©ricaine.
Les deux époux ont trouvé la mort à bord d'une voiture utilisée dans leur fuite, dans un échange de coups de feu avec les policiers.
Quelques heures auparavant, fusil d'assaut en main, ils avaient arrosé de balles un déjeuner de fin d'année rassemblant des collÚgues de Syed Farook.
Les détails émergeaient vendredi en parallÚle sur leurs victimes, 14 personnes tuées et 21 blessées, dont les familles exprimaient l'incompréhension.
"Leurs défunts sont nos défunts", a affirmé jeudi soir le président Barack Obama qui a répété à maintes reprises ces derniÚres semaines que les autorités s'efforçaient de prévenir sur le sol américain des attentats jihadistes sur le modÚle de ceux qui ont endeuillé Paris il y a exactement trois semaines.
La question d'une éventuelle radicalisation de Syed Farook, un expert sanitaire sorti de l'université et jouissant d'une stabilité professionnelle, était au centre des investigations du FBI depuis deux jours.
Les premiÚres photos publiées du tireur, né dans l'Etat septentrional de l'Illinois, montrent un homme de relativement haute taille, aux cheveux et à la barbe courts.
- 'Transformé' en Arabie -
Toujours selon le New York Times, citant des parlementaires informĂ©s de l'enquĂȘte, Farook a Ă©tĂ© en contact "avec des extrĂ©mistes, aux Etats-Unis et Ă l'Ă©tranger il y a plusieurs annĂ©es mais pas rĂ©cemment".
Mais le lien entre le tueur, de nationalité américaine, et d'éventuels islamistes est trÚs "ténu", a au contraire assuré vendredi un avocat de sa famille.
"Nous avons rencontré le FBI et quelqu'un a fait allusion au fait qu'ils avaient trouvé quelque chose dans son ordinateur", a rapporté sur CNN David Steven Chesley.
Syed Farook "aurait parlé à quelqu'un, qui a parlé à quelqu'un, qui a regardé quelque chose concernant le groupe Etat islamique, c'est tellement ténu, il n'y a vraiment rien là -dedans", a ajouté l'avocat.
Farook Ă©tait allĂ© chercher son Ă©pouse en Arabie Saoudite, oĂč la femme a vĂ©cu aprĂšs le Pakistan.
Mais Ă son retour, ce n'Ă©tait plus le mĂȘme homme, a assurĂ© un de ses anciens collĂšgues, Christian Nwadike.
"Je pense qu'il a épousé une terroriste", a-t-il déclaré à CBS.
Dans les jours précédant son bain de sang, le couple aurait pris soin d'effacer ses traces numériques, ce qui renforce la piste d'un acte prémédité, a indiqué le New York Times.
Selon Mohammad Abuershaid, un autre avocat de la famille, Tashfeen Malik "a été élevée au Pakistan. A l'ùge de 18-20 ans, elle a déménagé à Ryad".
Elle était "conservatrice, une femme au foyer", a ajouté M. Abuershaid.
A son domicile, le couple a accumulé un arsenal impressionnant dont des milliers de munitions et des engins explosifs, à relativiser toutefois au regard du suréquipement en armes de milliers de foyers américains, notamment en fusils semi-automatiques.
"A ce stade, nous pensons qu'ils sont plus auto-radicalisés et inspirés par le groupe que vraiment missionnés pour commettre la fusillade", a expliqué un responsable des forces de l'ordre au New York Times.
Par Tangi QUEMENER - © 2015 AFP
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