Tensions

Ukraine: Biden fait monter la pression avant un prochain échange avec Poutine

  • PubliĂ© le 3 dĂ©cembre 2021 Ă  21:41
  • ActualisĂ© le 4 dĂ©cembre 2021 Ă  06:41
Joe Biden lors d'une allocution sur l'emploi le 3 décembre 2021 à la Maison Blanche, à Washington

Joe Biden a fait monter d'un cran la pression sur la Russie vendredi en disant préparer des "initiatives" pour défendre l'Ukraine en cas d'invasion, avant un échange avec son homologue Vladimir Poutine prévu dans les prochains jours.

Disant ĂȘtre en "contact constant" avec les alliĂ©s des Etats-Unis et les Ukrainiens, le prĂ©sident amĂ©ricain a dĂ©clarĂ©, depuis la Maison Blanche: "Je suis en train de prĂ©parer ce qui sera, je crois, l'ensemble d’initiatives le plus complet et le plus pertinent qui soit, pour rendre trĂšs, trĂšs difficile Ă  M. Poutine de faire ce que les gens craignent qu'il fasse".

Joe Biden, qui répondait à une question posée aprÚs une intervention consacrée à l'économie, n'a pas donné plus de détails. A en croire le Kremlin et le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, le président américain et son homologue russe devraient prochainement échanger directement sur les crispations autour de l'Ukraine, sept ans aprÚs l'annexion russe de la Crimée et la prise de contrÎle d'une partie de l'est de l'ancienne république soviétique par des forces séparatistes pro-russes.

Mais la date et les modalités exactes de cette conversation ne sont pas connues. Les deux hommes s'étaient vus en personne à GenÚve en juin dernier. Mais Joe Biden a depuis largement concentré ses efforts diplomatiques à la rivalité des Etats-Unis avec la Chine: il a eu au total trois longs échanges avec le président Xi Jinping, dont une visioconférence de plusieurs heures le 15 novembre.

Nul doute qu'en massant des dizaines de milliers de soldats à la frontiÚre ukrainienne, comme le lui reprochent Washington et Kiev, Vladimir Poutine a regagné l'attention de son homologue américain. Pour apaiser les tensions, Moscou réclame des "garanties sécuritaires" et notamment l'assurance que l'Otan ne va pas continuer à s'étendre vers l'est, en particulier avec une adhésion de l'Ukraine.

- Otan -

Kiev de son cĂŽtĂ© refuse catĂ©goriquement d'abandonner un tel projet d'adhĂ©sion, formellement sur la table depuis 2008, mais restĂ© dans les limbes. AdhĂ©rer Ă  l'Otan signifierait que les autres pays de l'alliance, Etats-Unis en tĂȘte, seraient tenus d'intervenir militairement pour dĂ©fendre l'Ukraine en cas d'agression. L'exercice diplomatique est dĂ©licat pour Joe Biden.

Le dĂ©mocrate se veut certes le porte-parole des dĂ©mocraties face aux rĂ©gimes autoritaires dans le monde: il organise mĂȘme la semaine prochaine un "sommet des dĂ©mocraties" virtuel de deux jours, une initiative conspuĂ©e par la Chine et la Russie. Il veut Ă©galement rĂ©parer les alliances traditionnelles des Etats-Unis, mises Ă  mal par son prĂ©dĂ©cesseur Donald Trump.

Mais d'autre part, le président des Etats-Unis, qui a mis fin à vingt années d'intervention militaire en Afghanistan, ne veut plus engager des troupes américaines dans de grands conflits ouverts. Et s'il n'est pas avare de déclarations fortes contre la Russie, et en particulier contre Vladimir Poutine qu'il avait qualifié publiquement de "tueur", Joe Biden peut aussi se montrer pragmatique. Il l'a montré par exemple en donnant son aval à un projet de gazoduc cher à Moscou, mais qui exaspÚre l'Ukraine.

Joe Biden ne cache pas non plus son impatience face aux problÚmes de corruption et de gouvernance en Ukraine. Recevant début septembre le président ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche, il lui avait promis de "soutenir la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine face à l'agression russe", mais ne s'était guÚre avancé sur le sujet brûlant d'une adhésion à l'Otan.

 AFP

guest
0 Commentaires