Ukraine et Russie poursuivent leurs pourparlers Ă  Abou Dhabi

  • PubliĂ© le 5 fĂ©vrier 2026 Ă  07:31
  • ActualisĂ© le 5 fĂ©vrier 2026 Ă  08:32
Une voiture calcinée par une frappe russe dans une rue d'Odessa, en Ukraine, le 4 février 2026

L'Ukraine et la Russie doivent poursuivre jeudi leurs pourparlers en présence des Américains à Abou Dhabi, dans un contexte de pression soutenue de Moscou qui cherche toujours à imposer ses conditions à Kiev.

Au terme d'une premiÚre journée de discussions mercredi, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dit tabler sur un nouvel échange de prisonniers "dans un avenir proche".

C'est le seul résultat concret auquel les deux camps étaient parvenus lors de précédents pourparlers en Turquie en 2025.

Mercredi, Moscou a de nouveau insisté sur le fait que l'Ukraine devait se plier à ses exigences, renforçant les doutes sur les chances de succÚs des efforts diplomatiques menés sous l'impulsion du président américain, Donald Trump.

"Tant que le régime de Kiev n'aura pas pris la décision appropriée, l'opération militaire spéciale se poursuivra", a averti le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, utilisant l'euphémisme en vigueur en Russie pour qualifier l'invasion de l'Ukraine déclenchée par Moscou en 2022.

Moscou exige notamment que Kiev abandonne à la Russie l'intégralité du Donbass, dans l'est du pays, en échange d'un éventuel gel de la ligne de front.

Dans une interview diffusée par la chaßne de télévision France 2 mercredi soir, M. Zelensky a estimé que Moscou devrait sacrifier 800.000 hommes supplémentaires pour achever de conquérir militairement cette région.

"Il leur faudra deux ans au minimum avec une progression trÚs lente. A mon avis, ils ne tiendront pas aussi longtemps", a-t-il souligné, selon des propos traduits par la chaßne française.

M. Zelensky a toutefois reconnu que le conflit pesait également lourdement sur les forces vives de son pays, avec "un grand nombre de disparus" et "55.000" militaires ukrainiens tués, un chiffre trÚs inférieur aux estimations occidentales.

Kiev se refuse jusqu'Ă  prĂ©sent Ă  abandonner les territoires rĂ©clamĂ©s par Moscou dans la rĂ©gion orientale de Donetsk, oĂč sont situĂ©es ses principales dĂ©fenses face aux assauts russes.

- "Peur que de Trump" -

Durant les pourparlers, auxquels participent l'émissaire américain Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, la Russie maintient la pression sur les populations civiles ukrainiennes.

Mercredi, une frappe russe sur un marché dans la ville de Droujkivka, dans l'est de l'Ukraine, a fait au moins sept morts et 15 blessés, selon le gouverneur régional.

AprĂšs une brĂšve pause obtenue sur requĂȘte du prĂ©sident amĂ©ricain, Moscou a par ailleurs repris mardi ses frappes sur les infrastructures Ă©nergĂ©tiques du pays, entraĂźnant des coupures de chauffage et d'Ă©lectricitĂ© pour des centaines de milliers de foyers, par des tempĂ©ratures frĂŽlant les -20°C.

La Russie cible également les voies ferrées avec l'objectif "de couper certaines régions d'Ukraine et de semer la peur dans l'esprit des populations", selon des propos du directeur de la compagnie nationale ferroviaire Ukrzaliznytsia, Oleksandr Pertsovskyi, à l'AFP mercredi.

Dans ce contexte, les Ukrainiens interrogĂ©s par l'AFP doutent qu'un accord puisse ĂȘtre conclu.

"Je pense que tout cela n'est qu'une mise en scÚne pour le public", résume Petro, un habitant de Kiev. "Nous devons nous préparer au pire et espérer le meilleur."

A Moscou en revanche, les Russes interrogés ont fait part de leur espoir de voir la guerre se terminer.

"Cela doit finir un jour, tout le monde en a assez", a soulignĂ© Anton, un ingĂ©nieur de 43 ans, tandis que Dmitri, 44 ans, dit souhaiter que "les drones cessent de survoler nos tĂȘtes et que les gens cessent de mourir".

Russes, Ukrainiens et AmĂ©ricains s'Ă©taient dĂ©jĂ  retrouvĂ©s aux Emirats arabes unis fin janvier pour des discussions, dont sont exclus les alliĂ©s europĂ©ens de Kiev, malgrĂ© leur souhait d'ĂȘtre associĂ©s aux pourparlers.

Mais président russe n'a "pas peur des Européens", a souligné mercredi M. Zelensky sur France 2. "Poutine n'a peur que de Trump", a-t-il jugé, ajoutant que le dirigeant américain a "un moyen de pression par l'économie, par les sanctions, par les armes qu'il pourrait nous transférer".

AFP

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