Les voyages en Russie déconseillés

Ukraine: Washington rappelle les familles de ses diplomates et va se concerter avec l'UE

  • PubliĂ© le 24 janvier 2022 Ă  05:30
  • ActualisĂ© le 24 janvier 2022 Ă  05:53
Un soldat ukrainien dans une tranchée couverte de neige à la frontiÚre de la région séparatiste de Lugansk prÚs du village de Zolote, le 21 janvier 2022

Le département d'Etat américain a ordonné dimanche soir l'évacuation des familles de ses diplomates en poste à Kiev et a déconseillé les voyages en Russie, alors que s'ouvre lundi à Bruxelles une concertation avec les pays européens jusque là tenus à l'écart des négociations russo-américaines sur l'Ukraine.

La situation en Ukraine "est imprévisible et peut se détériorer à tout moment", a expliqué le communiqué du ministÚre américain des Affaires étrangÚres, demandant aux familles de diplomates de quitter le pays.

Le personnel local et le personnel non-essentiel peut quitter l'ambassade s'il le souhaite, et les ressortissants américains résidant en Ukraine "devraient envisager maintenant" de partir. "Nous pensons qu'une invasion russe (...) peut se produire à tout instant", a déclaré à la presse une haute responsable américaine. "Les Etats-Unis ne seraient pas en position d'évacuer les citoyens américains dans ce cas de figure".

L'ambassade reste ouverte et la chargée d'affaires Kristina Kvien "reste en Ukraine", a ajouté cette responsable ayant requis l'anonymat.

Washington a, en outre, déconseillé aux Américains de se rendre en Russie, justifiant cette mesure notamment par "la possibilité d'un harcÚlement des citoyens américains", en particulier par la police russe, et "une application arbitraire des lois locales".

A Kiev, le ministre ukrainien de la Défense a annoncé dans un tweet l'arrivée de 80 tonnes d'armements "de nos amis aux Etats-Unis". "Et ce n'est pas fini", a ajouté Oleksii Reznikov.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken discutera lundi en visioconférence avec les membres de l'UE à Bruxelles des "pourparlers francs" qu'il a tenus vendredi avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

Russes et Américains sont convenus d'un nouveau rendez-vous, et Antony Blinken s'est engagé à "coucher des idées sur le papier" en réponse aux demandes de Moscou.

La Russie exige un engagement écrit sur le non-élargissement de l'Otan à l'Ukraine et à la Géorgie et demande un retrait des forces et des armements de l'Alliance atlantique des pays d'Europe de l'Est ayant rejoint l'Otan aprÚs 1997, notamment de Roumanie et Bulgarie. Des demandes inacceptables pour les Occidentaux.

"Nous répondrons toujours à toute détérioration de notre environnement de sécurité, notamment en renforçant notre défense collective", a averti vendredi la porte-parole de l'Otan.

- "PrĂȘts Ă  rĂ©pondre" -

La situation sécuritaire est jugée préoccupante. Moscou assure ne pas avoir l'intention d'intervenir en Ukraine, mais soutient les revendications des séparatistes pro-russes des républiques autoproclamées de Lougansk et Donetsk dans le Donbass (est) et a massé plus de 100.000 soldats, des chars et de l'artillerie aux frontiÚres avec l'Ukraine.

"Nous espĂ©rons qu'une attaque n'aura pas lieu. Mais si c'est le cas, nous sommes prĂȘts a rĂ©pondre par des sanctions Ă©conomiques et financiĂšres massives", a affirmĂ© jeudi la prĂ©sidente de la Commission europĂ©enne Ursula von der Leyen.
Les ministres réaffirmeront cette position lundi, selon le projet de conclusions vu par l'AFP.

Une série d'options ont été préparées par la Commission et seront soumises aux ministres. Elles s'ajouteront aux mesures de rétorsion approuvées aprÚs l'annexion de la Crimée en 2014.

La réduction des achats de gaz et de pétrole, respectivement 43% et 20% de l'approvisionnement de l'UE, et qui financent largement le budget russe, est sur la table, a confié à l'AFP une source européenne. "La crédibilité de notre réponse à Moscou suppose d'éviter les vulnérabilités (...) face à l'utilisation des flux migratoires ou de l'énergie avec le jeu sur le prix du gaz ou les fournitures", a insisté le président français Emmanuel Macron mercredi au Parlement européen.

"Les ministres ne prendront aucune décision lundi" mais "si quelque chose se produit, la réaction européenne sera trÚs rapide. Elle sera adoptée en quelques jours", a assuré un responsable européen.

Les sanctions europĂ©ennes devront ĂȘtre adoptĂ©es Ă  l'unanimitĂ©, mais celles sur une rĂ©duction des achats d'Ă©nergie divisent l'UE. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban doit se rendre Ă  Moscou en fĂ©vrier pour discuter notamment des approvisionnements en gaz de son pays.

"Au sein de l'UE, parfois les points de vue et les intĂ©rĂȘts ne sont pas exactement alignĂ©s", a reconnu un diplomate europĂ©en. L'Allemagne aurait ainsi fait retirer une proposition visant Ă  couper Moscou du systĂšme mondial de paiement SWIFT, selon une source diplomatique europĂ©enne. Et Berlin refuse de livrer des armes Ă  Kiev.

Le chancelier Olaf Scholz a appelé dimanche à la "sagesse" dans l'examen des sanctions possibles et des "conséquences" pour l'Allemagne.

AFP

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