Grande-Bretagne

Ultime duel entre Boris Johnson et Jeremy Corbyn sur fond de Brexit

  • PubliĂ© le 6 dĂ©cembre 2019 Ă  19:49
  • ActualisĂ© le 7 dĂ©cembre 2019 Ă  07:37
Le Premier ministre Britanniqueen campagne à Detling le 6 décembre 2019

Le Premier ministre britannique Boris Johnson et son rival travailliste Jeremy Corbyn s'affrontent vendredi lors d'un ultime duel télévisé, point culminant d'une journée marquée par des attaques mutuelles sur le Brexit, à moins d'une semaine des législatives.

Ce deuxiĂšme et ultime face-Ă -face, Ă  20H30 (locale et GMT) sur la BBC, est organisĂ© alors que le dirigeant conservateur est accusĂ© de vouloir Ă©viter les questions difficiles, ayant refusĂ©, contrairement aux autres chefs de partis, d'ĂȘtre interrogĂ© par un prĂ©sentateur vedette trĂšs incisif de l'audiovisuel public. Boris Johnson reste en tĂȘte des sondages, crĂ©ditĂ© d'une dizaine de points d'avance pour les Ă©lections du 12 dĂ©cembre, convoquĂ©es pour sortir le pays de l'impasse politique qui a suivi le rĂ©fĂ©rendum du Brexit en 2016.

Mais il reste un dirigeant clivant dans un pays toujours trÚs partagé sur le Brexit. Face à lui, Jeremy Corbyn n'a eu de cesse de mener une campagne trÚs à gauche, en promettant nationalisations et investissements dans les services publics, pour tourner la page d'une décennie d'austérité sous les conservateurs.

- ContrĂŽles aux frontiĂšres -

Dans une nouvelle charge contre Boris Johnson vendredi, M. Corbyn a produit un document confidentiel du gouvernement qui prouve, selon lui, que celui-ci cache aux Britanniques les réelles implications économiques de l'accord de divorce négocié avec l'Union européenne. Ce rapport montre qu'il y aura des contrÎles réglementaires, voire des tarifs douaniers "dommageables", entre la province britannique d'Irlande du Nord et la Grande-Bretagne aprÚs le Brexit, contrairement à ce qu'affirme le dirigeant sur l'absence de frontiÚre entre les deux territoires séparés par la mer d'Irlande, a-t-il détaillé lors d'un discours de campagne à Londres.

"L'accord de Johnson sera désastreux pour les entreprises et l'emploi à travers tout le Royaume-Uni", a estimé Jeremy Corbyn. "ComplÚtement absurde", a rétorqué Boris Johnson lors d'un meeting dans le Kent (sud-est de l'Angleterre). Cet "accord fantastique" ne prévoit "pas de contrÎles sur les biens", a-t-il martelé.

Boris Johnson a fait de la mise en oeuvre du Brexit l'axe principal de sa campagne. En cas de victoire, il prévoit de présenter à nouveau aux députés l'accord conclu avec Bruxelles afin que la sortie du Royaume-Uni de l'UE soit effective le 31 janvier, date à laquelle elle est désormais prévue aprÚs trois reports.

TrÚs critiqué pour son indécision sur le Brexit, Jeremy Corbyn a lui promis de négocier un nouvel accord avec Bruxelles et de le soumettre à un référendum, affirmant qu'il resterait "neutre" dans cette campagne.

- "Bidouiller" le référendum -

"Votre programme expose un projet de bidouiller votre deuxiÚme référendum sur le Brexit", en accordant le droit de vote aux ressortissants de l'UE au Royaume-Uni, a dénoncé Boris Johnson dans une lettre au chef travailliste. "C'est une tentative sournoise de miner le résultat du référendum de 2016, et c'est profondément antidémocratique."

Le Premier ministre a Ă©tĂ© accusĂ© de vouloir esquiver les questions qui dĂ©rangent en refusant de s'entretenir avec l'intervieweur star Andrew Neil sur la BBC. Au terme d'un entretien avec le chef de file de l'europhobe Parti du Brexit, Nigel Farage, M. Neil a dĂ©fiĂ© le Premier ministre jeudi soir, en expliquant directement aux tĂ©lĂ©spectateurs: "Le fil rouge de nos questions est la confiance. Et pourquoi Ă  de si nombreuses reprises dans (la) carriĂšre (de M. Johnson), dans la politique et le journalisme, des personnes critiques et parfois mĂȘme celle proches de lui l'ont jugĂ© peu fiable", a lancĂ© M. Neil.

Dans un communiqué, le chef adjoint des europhiles libéraux-démocrates, Ed Davey, a qualifié de "lùche" le chef de gouvernement, qui a de son cÎté estimé qu'"on ne peut contenter tout le monde". Coup dur supplémentaire pour ce dernier, l'ex-Premier ministre conservateur John Major doit appeler vendredi les électeurs à soutenir trois ex-députés tories expulsés du parti par Boris Johnson en raison d'un désaccord sur le Brexit, lors d'un meeting contre la sortie de l'UE dans l'aprÚs-midi. "Il a tort", a commenté M. Johnson. "Nous devons maintenant respecter la volonté du peuple et réaliser le Brexit".

AFP

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