Rapprochement des deux Corée

Un train sud-coréen au Nord avant un possible rapprochement ferroviaire

  • PubliĂ© le 30 novembre 2018 Ă  12:13
  • ActualisĂ© le 30 novembre 2018 Ă  14:28
Des experts sud-coréens se préparent à un voyage en train exceptionnel en Corée du Nord pour étudier la possible reconnexion des réseaux ferrés des deux pays, le 30 novembre 2018 à la gare de Dorasan, à Paju

Un train transportant des ingénieurs et des responsables sud-coréens a entamé vendredi un voyage exceptionnel au Nord pour des études préalables en vue de la possible reconnexion des réseaux ferrés des deux pays.

Travailler Ă  une reprise de ces liaisons entre le Nord et le Sud de la pĂ©ninsule Ă©tait un des objectifs annoncĂ©s par le prĂ©sident sud-corĂ©en Moon Jae-in et le dirigeant nord-corĂ©en Kim Jong Un Ă  l'issue de leur premier sommet qui avait confirmĂ© en avril l'exceptionnelle dĂ©tente sur la pĂ©ninsule. Relier les deux rĂ©seaux et moderniser les vĂ©tustes chemins de fer nord-corĂ©ens constituerait un changement majeur pour la pĂ©ninsule, oĂč les communications civiles directes -y compris par voie postale- sont rigoureusement proscrites depuis la division scellĂ©e par l'armistice de 1953. C'est la premiĂšre fois depuis une dĂ©cennie qu'un train sud-corĂ©en passe au Nord. Des images de tĂ©lĂ©vision ont montrĂ© un train rouge, blanc et bleu quittant la gare sud-corĂ©enne de Dorasan, situĂ©e dans l'ouest de la pĂ©ninsule, Ă  proximitĂ© immĂ©diate de la Zone dĂ©militarisĂ©e (DMZ) qui sĂ©pare les deux CorĂ©es. "La reconnexion des rĂ©seaux ferrĂ©s signale le dĂ©but d'une Ăšre de coprospĂ©ritĂ© entre le Nord et le Sud", a dĂ©clarĂ© la ministre sud-corĂ©enne des Transports Kim Hyun-mee.

- Périple de 18 jours -

Elle a ajouté que cette reconnexion permettrait aussi d'étendre les horizons économiques de la Corée du Sud, qui est sur le plan terrestre isolée du reste du monde depuis la Guerre de Corée (1950-1953) et pourrait trouver pour ses exportations une nouvelle voie vers les marché chinois, russe et, au-delà, européens. Le train tranporte 28 Sud-Coréens, et notamment des ingénieurs des chemins de fer, ainsi que 55 tonnes de fuel et un générateur. Il se compose de six wagons dont un wagon-lit, un wagon de bureau et un wagon rempli d'eau pour la douche et la lessive. Une fois rendu dans la gare de Panmun, terminal ferroviaire nord-coréen de l'autre cÎté de la DMZ, les six wagons seront accrochés à un train nord-coréen et la locomotive sud-coréenne retournera au Sud. Les Sud-Coréens et leurs homologues du Nord entameront alors un périple de 18 jours, sur 2.600 km pour inspecter deux lignes. D'une part celle reliant la ville de Kaesong à celle de Shinuiju à la frontiÚre chinoise, via Pyongyang et qui avait été construite par le Japon au début du XXÚ siÚcle, bien avant la division de la péninsule en 1948. Et de l'autre celle qui relie la région du Mont Kumgang, proche de la limite orientale de la DMZ, au fleuve Tumen, à la frontiÚre russe.

Dans un geste de réconciliation, les deux Corées avaient briÚvement reconnecté en 2007 la ligne occidentale et quelques trains de fret avaient circulé, acheminant du matériel et des biens à destination du Parc industriel intercoréen de Kaesong, en Corée du Nord. Mais la "coopération ferroviaire" n'avait pas survécu à la montée des tensions intercoréennes liées au développement, par le Nord, de progammes atomiques et balistiques.

Malgré la détente en cours, Pyongyang est toujours soumis à des sanctions draconiennes de l'ONU à cause de ces programmes interdits.
Et le projet de reconnexion ferroviaire a été retardé par les inquiétudes sur sa conformité avec ces sanctions internationales. Mais le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé la semaine derniÚre d'une exemption pour permettre que soit menée l'étude conjointe qui a débuté vendredi. On ignore encore à ce stade si le Conseil accompagnera de la sorte les autres étapes de l'évolution de ce projet. Séoul a affirmé que cette premiÚre mission ne visait qu'à rassembler des informations sur l'état du réseau ferré nord-coréen et assuré que d'éventuels travaux de restauration n'interviendraient qu'avec le feu vert des Nations unies.

© 2018 AFP

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