Venise a connu mardi soir une "acqua alta" (marée haute) historique, avec un pic qui a frÎlé 1,90 m, le niveau le plus élevé enregistré depuis 53 ans, surprenant les touristes déambulant dans les ruelles de la Cité des Doges.
"Nous sommes en train d'affronter une marée plus qu'exceptionnelle. Tout le monde est mobilisé pour gérer l'urgence", a tweeté le maire de Venise, Luigi Brugnaro. "Demain, nous demanderons l'état de catastrophe naturelle parce que les coûts (des dégùts) seront probablement importants et nous nous attendons toujours à ce que le niveau de l'eau remonte", a ajouté M. Brugnaro.
"Nous avons besoin que tout le monde nous aide à faire face à ce qui est clairement les effets du changement climatique", a ajouté le maire présent, sur une barque, sur la célÚbre place Saint-Marc en fin de soirée.
Vers 23H30, le Centre des marées indiquait une hauteur de marée à 1,87 m, soit la plus importante "acqua alta" depuis le record enregistré le 4 novembre 1966. Le niveau de marées est enregistré à Venise depuis 1923.
Un niveau de 1,87 m qui ne signifie pas pour autant que la Cité des Doges se trouve immergée sous prÚs de deux mÚtres d'eau. Il faut en effet retrancher de cette hauteur le niveau moyen de la ville qui se trouve entre un mÚtre et 1,30 m.
Des journalistes de l'AFP-TV se trouvant dans les ruelles de la citĂ© lacustre ont dĂ©clarĂ© avoir mesurĂ© le niveau de l'eau "Ă environ 1,20 m Ă certains endroits". "On Ă©tait au courant du phĂ©nomĂšne mais on a pris un bus en se disant que ça allait ĂȘtre cool, on va boire un petit verre, et voilĂ ....", a dĂ©clarĂ© Ă l'AFT-TV une touriste française, faisant partie d'un groupe, surprise par la montĂ©e exceptionnelle des eaux. "On s'est dit +on est des filles courageuses+ et puis il y a avait les pontons donc ça allait", a-t-elle ajoutĂ©.
- PhénomÚne plus fréquent -
Evénement rare lui aussi, le vestibule (narthex) de la basilique Saint-Marc, joyau de la Sérénissime, a été inondé mardi et le procurateur de l'édifice Pierpaolo Campostrini (autorité locale) avait prévu des tours de garde dans la nuit pour surveiller la montée du niveau des eaux.
Selon M. Campostrini, une inondation comme celle de mardi s'est seulement produite cinq fois dans l'histoire de la basilique --érigée en 828 et reconstruite aprÚs un incendie en 1063--, la donnée la plus préoccupante étant que sur ces cinq précédents, trois ont été constatés au cours des 20 derniÚres années, dont une fois en 2018.
Venise est rĂ©guliĂšrement concernĂ©e par le phĂ©nomĂšne des "acque alte", pics de marĂ©es particuliĂšrement prononcĂ©s qui provoquent la submersion d'une partie plus ou moins grande de la zone urbaine insulaire. L'acqua alta inonde souvent les parties basses de la ville, dont la place Saint-Marc et peut ĂȘtre amplifiĂ©e par le sirocco, comme cela a Ă©tĂ© le cas dans la soirĂ©e de mardi.
Pour protéger la ville de cette calamité qui altÚre chaque fois un peu plus son patrimoine artistique, le projet M.O.S.E. (acronyme de Module expérimental électromécanique, et signifiant Moïse en italien) est en cours de construction depuis 2003 mais le surcoût et les malfaçons ont entraßné de nombreux retards.
Le projet consiste Ă installer 78 digues flottantes qui se lĂšveraient pour fermer la lagune en cas de montĂ©e de la mer Adriatique. "Venise continue d'ĂȘtre affligĂ©e par des eaux exceptionnellement hautes. L'annĂ©e derniĂšre, cette annĂ©e, c'est la mĂȘme chose", a dĂ©plorĂ© Luigi Brugnaro. "Nous demandons au gouvernement de participer et d'expliquer oĂč en est l'organisation du M.O.S.E., parce qu'on risque de bientĂŽt ne plus arriver Ă faire face", a ajoutĂ© le maire.
AFP


