Washington accueille de difficiles pourparlers de paix entre le Liban et Israël

  • PubliĂ© le 14 avril 2026 Ă  06:29
  • ActualisĂ© le 14 avril 2026 Ă  07:07
Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, le 7 avril 2026 à Washington

Des représentants libanais et israélien se retrouvent mardi à Washington, sous médiation du chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, pour des pourparlers directs préliminaires de paix, mais les perspectives d'un accord semblent minces.

Avant mĂȘme la rencontre, le chef du Hezbollah pro-iranien, Naim Qassem, a rĂ©clamĂ© lundi son "annulation", affirmant que de tels pourparlers Ă©taient une "capitulation".

Depuis que le Liban a été entraßné le 2 mars par le Hezbollah dans le conflit régional avec l'Iran, les frappes israéliennes ont fait plus de 2.000 morts -- dont les frappes meurtriÚres sans précédent du 8 avril -- et déplacé plus d'un million de personnes, malgré les appels de la communauté internationale à un cessez-le-feu.

La rencontre au département d'Etat doit se dérouler en fin de matinée sous les auspices de Marco Rubio, aux cÎtés des ambassadeurs israélien et libanais à Washington, Yechiel Leiter et Nada Hamadeh Moawad, ainsi que l'ambassadeur des Etats-Unis au Liban, Michel Issa.

"En consĂ©quence directe des agissements irresponsables du Hezbollah, les gouvernements israĂ©lien et libanais ont entamĂ© des pourparlers diplomatiques ouverts, directs et de haut niveau – les premiers du genre depuis 1993, sous l'Ă©gide des Etats-Unis", a dĂ©clarĂ© un responsable du dĂ©partement d'Etat sous couvert d'anonymat.

Selon lui, cette discussion "vise à garantir la sécurité à long terme de la frontiÚre nord d'Israël et à soutenir la détermination du gouvernement libanais à rétablir sa pleine souveraineté sur son territoire et sa vie politique".

"Ce dialogue entre Israël et le Liban (...) vise à désarmer l'organisation terroriste du Hezbollah, à la chasser du Liban et à établir des relations pacifiques entre nos deux pays", a déclaré de son cÎté lundi la porte-parole du gouvernement israélien, Shosh Bedrosian.

"Nous ne négocierons pas de cessez-le-feu avec le Hezbollah, qui continue de mener des attaques aveugles contre Israël et nos civils", a-t-elle dit.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dit samedi accepter ces pourparlers directs sous deux conditions: le "désarmement du Hezbollah" et la recherche d'un "véritable accord de paix qui tiendra pour des générations".

CÎté libanais, le président Joseph Aoun a déclaré lundi qu'il "espérait qu'un accord serait conclu sur un cessez-le-feu au Liban, dans le but d'entamer des négociations directes entre le Liban et Israël", qui sont en état de guerre depuis des décennies.

- "Faibles attentes" -

A Washington, la diplomatie américaine s'est retrouvé dans l'embarras ces derniÚres semaines face aux frappes israéliennes au Liban, craignant que cela n'entrave les négociations avec l'Iran à Islamabad, qui se sont finalement conclues dimanche sur un échec.

L'administration Trump insiste sur le désarmement du Hezbollah, regrettant que l'armée libanaise n'ait pas su ou pu le faire jusqu'à présent.

Mais Washington est entre deux feux, exigeant d'une part le respect de l'intégrité territoriale du Liban tout en défendant le droit d'Israël à se défendre.

Il va falloir "beaucoup d'imagination et d'optimisme pour penser" que le diffĂ©rend entre IsraĂ«l et le Liban "puisse ĂȘtre rĂ©solu demain Ă  Washington", a dĂ©clarĂ© Ă  des journalistes un ancien responsable israĂ©lien de la DĂ©fense, ajoutant que "les attentes sont faibles".

"Il sera trÚs difficile de parvenir à un accord, et Israël va créer une zone tampon dans le nord, trÚs similaire à celle que nous avons à Gaza", a-t-il dit sous couvert de l'anonymat.

IsraĂ«l prĂ©voit d'Ă©tablir une "zone de sĂ©curitĂ©" dans le sud du Liban, oĂč les forces israĂ©liennes ont pĂ©nĂ©trĂ© pour Ă©liminer selon eux la menace que le Hezbollah pose pour les habitants du nord d'IsraĂ«l.

Le Hezbollah est entrĂ© le 2 mars dans la guerre au Moyen-Orient pour venger la mort du guide suprĂȘme iranien Ali Khamenei, tuĂ© au premier jour de l'offensive israĂ©lo-amĂ©ricaine contre l'Iran le 28 fĂ©vrier.

Israël a riposté par des frappes aériennes meurtriÚres de grande ampleur à travers le Liban et une invasion dans le sud du pays.

En 1983, un fragile pouvoir au Liban avait déjà signé un accord avec Israël, dans la foulée de l'invasion israélienne qui avait délogé les combattants palestiniens, mais il était resté lettre morte.

AFP

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