Carburants : Réunionnais.es c'est confirmé, vous allez devoir payer (très cher) à la pompe et dans les rayons des magasins

  • Publié le 26 mars 2026 à 15:54
  • Actualisé le 27 mars 2026 à 14:06
station service Engen chaudron

(Actualisé) Sans surprise - puisque nous vous l'annoncions dès mardi - le préfet de La Réunion, Patrice Latron, a annoncé une "hausse importante" du prix des carburants à compter du 1er avril 2026. La seule surprise vient du préfet qui refuse de dévoiler le prix avant lundi, même si un tarif autour "2 euros" a été évoqué. Réunionnais, Réunionnaises c'est donc confirmé, vous allez devoir payer (très) cher à la pompe et dans les rayons des magasins. Il n'y a qu'à voir les files dans les stations pour comprendre que la population n'a pas attendu pour faire le plein (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

"Des dizaines de centimes d'euros"…, tels sont les mots qu'a prononcé le préfet pour évoquer cette hausse qu'il dit "importante".

À une question posée par notre journaliste d'Imaz Press, sa seule réponse fut : "je ne peux pas vous le dire (le prix - ndlr)", évoquant l'obligation de "prendre un arrêté pour officialiser, ce qui sera fait lundi", assure Patrice Latron.

Notre journaliste insistant, il a tout même déclaré "cela pourra "tangenter les 2 euros". Écoutez.

Un prix que La Réunion n'avait pas connu depuis 2022, lors de la crise en Ukraine. Le sans-plomb avait alors grimpé à 1,96 euro.

Une augmentation sur le gaz est aussi à craindre mais "elle sera plus limitée", assure le préfet.

Le préfet souhaite toutefois rassurer : "malgré la hausse attendue, le mécanisme actuel permet de garantir que celle-ci se limitera à la réalité de la hausse des coûts des approvisionnements, et ne profitera ni aux grossistes ni aux détaillants, dont les marges resteront strictement encadrées à leur niveau actuel".

Lire aussi - Carburants : une forte augmentation des prix à la pompe envisagée dès le 1er avril à cause de la guerre au Moyen-Orient

- Les Réunionnais craignent l'augmentation des prix des carburants -

Par peur de devoir payer encore davantage, les Réunionnais se sont rués vers les stations-service dès l'annonce de la préfecture de la restriction "de la vente de carburants routiers sous récipients transportables" jusqu'au 31 mars 2026 à minuit. Pourtant, cela ne concerne pas les pleins de voiture, mais l'achat par bidon. Regardez.

La population n'a surtout pas envie d'une nouvelle fois passer à la caisse, alors qu'elle est déjà confrontée à l'inflation. Un prix frôlant (plus ou moins) 2 euros, certes c'est moins que dans l'Hexagone, mais à La Réunion où la vie est plus chère, cela fait la différence et où 36% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté.

D'autant que le préfet prévient, si le prix des carburants augmente, celui des marchandises, notamment en grande surface, sera également concerné. Écoutez.

Concernant la grande distribution, Philippe-Alexandre Rebboah, président du Syndicat d'importation et du commerce de La Réunion (SICR) explique : "les prix sont encadrés et négociés sur l'année par des accords commerciaux donc autant les consommateurs ne verront pas forcément les prix augmenter mais les importateurs verront un impact sur leurs marges".

De plus, outre la hausse des prix des carburants, "pour les importateurs il y a une surtaxe des compagnies maritimes et aériennes liées au congestionnement des ports et au fret", dit-il. "Et forcément cela va tirer les prix vers le haut."

Cette situation, le préfet l'assume. "J'ai conscience que les Réunionnais vont aller faire leur plein. Il va y avoir une pression accrue et une pression locale sur les pompes. C'est normal et assumé."

Le représentant de l'État, demandant d'ailleurs aux Réunionnais de "faire preuve de solidarité" et à se questionner sur leur façon de se déplacer.

Que le préfet se rassure, si le prix explose, nombreux sont ceux qui ne prendront plus, ou moins, la voiture. Non pas par choix, mais par contrainte de ne plus pouvoir assumer le prix d'un plein.

Lire aussi - Conflit au Moyen-Orient : des répercussions économiques sur La Réunion ne sont pas exclues

- Dérogation exceptionnelle à l'interdiction de circulation des véhicules pour l'approvisionnement des stations-services, des aéroports ou des ports - 

Dans un arrêté publié ce jeudi 26 mars 2026, la préfecture autorise les camions de la SRPP à faire plus de rotations afin que les stations services ne manquent pas de carburants. 

Le préfet estime : "que les stations-services ne doivent pas se retrouver en situation de rupture de stock pour faire face à l'affluence des automobilistes et prévenir tout risque de trouble à l'ordre public et que, par conséquent, il est nécessaire d'autoriser la circulation des véhicules chargés de l'approvisionnement en hydrocarbures de tous les sites pour répondre aux besoins de tous les usagers en toute sécurité."

"Les véhicules transportant des hydrocarbures pour l'approvisionnement des stations-services, des aéroports ou des ports pour les navires de pêche professionnels et à passagers réguliers sont autorisés à circuler, les samedis et veilles de jours fériés à partir de 22 heures et jusqu'à 22 heures les dimanches et jours fériés" peut on lire dans cet arrêté.

- La Région demande "un effort" aux pétroliers -

La Région rappelle ce jeudi que "La Réunion subit, comme la France hexagonale et l’ensemble des pays de la planète, les répercussions de la guerre déclenchée par le Président des États-Unis et le Premier ministre d’Israël au Moyen-Orient", soulignant que "le caractère insulaire la rend particulièrement vulnérable aux fluctuations du marché mondial de l’énergie".

Dans l’immédiat, la Région "partage l’inquiétude des Réunionnais en général, et des acteurs économiques en particulier, face aux impacts de cette hausse du coût des carburants qui va affecter la population et l’ensemble de l’économie, du fait, également, d’une augmentation prévisible du coût du fret".

S’agissant plus particulièrement de l’essence, la Région "tient à rappeler que la taxe spéciale sur la consommation de carburants (TSCC) n’a pas varié depuis plus de vingt ans et qu’elle est très inférieure à celle en vigueur dans l’Hexagone (accise sur les produits pétroliers)", note-t-elle.

"Lorsque le prix du carburant augmente, la TSCC, qui est forfaitaire, diminue en part relative, et la Région, comme les autres bénéficiaires de cette taxe (Département, communes et EPCI), ne perçoit aucune recette supplémentaire", rappelle la Région.

"Il importe également de préciser que la Région accorde une détaxe partielle, sous forme de remboursement, aux professionnels de la route (transporteurs, taxis, ambulanciers...), ainsi qu’aux agriculteurs et aux pêcheurs."

Concernant l’octroi de mer, "il convient de rappeler que l’essentiel du produit de cet octroi de mer est versé directement aux communes", estime la Région. "Dans le contexte inflationniste, tout prélèvement sur ces recettes est extrêmement délicat et doit, a minima, faire l’objet d’une concertation avec l’ensemble des acteurs concernés."

"Les collectivités locales vont, en effet, elles aussi, être confrontées à l’impact de l’augmentation du coût de l’énergie, alors qu’elles doivent assurer le fonctionnement des services publics au profit de la population et le financement des investissements, essentiels pour le maintien de l’activité économique", alerte la collectivité.

À ce titre, la Région, en relation avec "Régions de France", demande que le gouvernement réactive un dispositif de soutien aux collectivités, toutes confrontées à la hausse du prix des carburants. "En tout état de cause, la fiscalité sur les carburants, qui n’est en rien responsable de l’augmentation du prix des carburants, ne saurait être la variable d’ajustement des prix des produits pétroliers sur un marché mondial extrêmement volatile", estime-t-elle.

"Il serait d’ailleurs souhaitable, dans ce contexte de crise, qu’un effort soit fait par les pétroliers dont les profits mirobolants leurs confèrent des marges de manœuvre."

La Région a plaidé auprès de l’État pour "imposer aux pétroliers un lissage dans le temps de la hausse des prix afin d’en réduire l’impact pour les consommateurs".

- Une hausse des carburants décidées par anticipation -

Lors de la conférence de presse, Philippe Collowald, vice-président de la SRPP a pourtant assuré qu'à ce jour "notre logistique d'approvisionnement continue avec un stock de deux mois de conservation en plus des navires qui continuent à arriver".

Pourquoi alors répercuter une hausse sur les prix des carburants dès le 1er avril 2026 ? Pourquoi répercuter le prix maintenant alors que, comme le préfet l'indique, "l'essence sera toujours disponible grâce à un contrat annuel de fourniture de carburant passé par les pétroliers et qui garantit que dans la durée nous serons approvisionnés".

D'autant que Patrice Latron a déclaré, "lors de la prochaine évaluation mensuelle, le prix sera intégralement répercuté" et que si baisse il y a, "elle sera immédiate".

Durant un temps "La Réunion fut protégé par le système de prix administrés à La Réunion, fixant le cadre des tarifs des carburants dans l'île" Un mécanisme "sous l'autorité du préfet, qui garantit, qu'il n'y a pas d'abus et d'augmentation des marges des distributeurs et importateurs", a déclaré Patrice Latron.

À l'heure où le conflit au Moyen-Orient dure, "les cotations internationales percutent le monde entier et La Réunion également". Cette hausse des prix "n'est pas le fait de décisions locales mais l'application stricte des évolutions sur les marchés", précise-t-il.

Le préfet a préféré augmenter le prix des carburants par anticipation. Le département s'approvisionnant à Singapour. Le pays asiatique fait les frais de la concurrence directe avec la Chine et lee répercute sur ses tarifs. 

En résumé, le département - même si pas directement concerné par ce conflit au Moyen-Orient, "l'essence venant de Singapour" - est victime du capitalisme et du principe de l'offre et de la demande

Le député Perceval Gaillard a interpellé le gouvernement afin que, "les sociétés pétrolières participent à l'effort collectif afin que ça ne soit pas uniquement les Réunionnais et les Réunionnaises qui payent l'addition."

Lire aussi - Choc pétrolier et guerre en Iran : La Réunion ne peut plus être la passagère clandestine d'un système qui s'effondre

Si La Réunion n'anticipe pas dès à présent, le mois prochain, les prix pourraient être encore plus élevé en raison du contexte mondial.

ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

guest
16 Commentaires
Marre des Vira
Marre des Vira
1 semaine

A l'Etat et aux pétroliers de faire un.effort pour consommateurs Reunionnais.

MAcron on revient
MAcron on revient
1 semaine

Il faut baisser la TVA sur les carburants comme la fait l’Espagne et arrêter de nous prendre pour des cons ! cette hausse ne passera pas auprès des Réunionnais qui en on plus que marre de payer a la place des riches !! Latron semble oublier comment est née la crise de GILETS JAUNES ! Si il faut rebattre le pavé je penses que tout le monde est bouillant !!!

Gimi974
Gimi974
1 semaine

FOUTAISE !!!!!
N'oublions pas que M. LATRON a été positionné par MACRON. (En Espagne le litre de carburant vient de chuter à 1,51€ après la division par 2 de sa taxe TVA, avec également une baisse des taxes sur le gaz, l’électricité, ainsi qu’une aide de 20centimes par litre pour les professionnels).
M. MACRON ne baissera jamais la TIPP sur le litre d’essence car contrairement à l’Espagne, la France est le 2ème plus gros contributeur de l’UE et ZELINSKY (son grand copain) réclame avec insistance ses 97 milliards à l’UE. Par conséquent, la « conjoncture LATRON » qui nous oblige à nous aligner sur l’automobiliste de l’hexagone est une escroquerie de plus. Le pigeon Réunionnais et moi participerons, contraints et forcés à répondre aux exigences macroniènnes.

Millions pour une defaite a st andre ? Ou lé bon M
Millions pour une defaite a st andre ? Ou lé bon M
1 semaine

Au choix, il faut prendre le bus ou faire du covoiturage ?.
Ou.le tram train supprimé par Didier Robert ?

Rollin&Cinnamon
Rollin&Cinnamon
1 semaine

Qui peut croire que les réunionnais et même les réunionnaise vont délaisser leur BMW X machin, Mercedes, Audi A ou Q et autres golfs et seat tunées pour circuler en tram train ?

Achtung
Achtung
1 semaine

La mafia des voitures, essznce parking, grand distibution,assurances, garages ne permettra jamais un tram train.

Fred
Fred
1 semaine

Le prix est négocié sur l'année, donc c'est la marge des importateurs qui diminue avec ce "choc pétrolier". Et le rôle du préfet est de veiller que cela se passe comme ça car il doit protéger la population face aux importateurs. On doit se protéger nous même alors et ne compter sur personne,....

Affole pas les gars
Affole pas les gars
1 semaine

On parle juste d'augmenter les prix.. mais les kreol eux mm vont créer la pénurie.. dans les stations comme dans les magasins..

achtung
achtung
1 semaine

Vu que les prix sont décidés par la préfecture apparemment, on devrait nationaliser les pompes et virer tout les patrons de stations qui ne servent strictement à rien.

Missouk
Missouk
1 semaine

Au lieu de tirer à boulets rouges sur les propriétaires de stations services qui, comme vous, essaient de gagner leur croûte, posez vous la question de savoir pourquoi on en est là ! Merci Trump et Netanyahou, et merci à Macron et son gouvernement qui à part protester mollement se fichent pas mal de ce qui se passe dans le monde et en France, pourvu qu'ils conservent leurs places!

achtung
achtung
1 semaine

pourquoi il serait plus payé que l'employé derrière la caisse? ils ne font rien ne bossent pas, et leur argent n'est pas issue de leur travail.

Bertone2
Bertone2
1 semaine

C irresponsable de la part d un prefet d affamer le peuple en divulgant ce genre de message

achtung
achtung
1 semaine

Si les gens s'affolent, c'est leur problème ; ils peuvent réfléchir aussi.

Phoénix974
Phoénix974
1 semaine

Un pouvoir d'achat et une situation économique qui vont ruiner et appauvrir davantage toute une population à cause d'une soi-disant guerre qui ne lui appartient pas. Dans une telle situation de crise grave mettant en péril la survie d'un territoire, qu'attend le préfet pour geler le prix sur les produits de grande nécessité? Désolé mais le carburant en fait partie. Il a le pouvoir d'arbitrer les instances et de mettre son véto sur l'avancée de ce système de racket qui cuit à petit feu les réunionnais. Mr le préfet a déjà pris des mesures de restrictions dans d'autres situations, au nom de la sauvegarde de l'économie. Donc il peut mettre fin à ces surenchères tarifaires qui ne bénéficient qu'aux industriels, aux Collectivités locales, et à l'Etat.

Joh
Joh
1 semaine

Ou réduire la part de taxes ...

Tijac
Tijac
1 semaine

Bien comme titre pour cultiver la psychose .... pauvres de nous !