La Société d'études ornithologiques de La Réunion en partenariat avec le laboratoire d'écologie marine de La Réunion, a relùché 3 pétrels de Barrau ce jeudi 15 avril 2010 au cap La Houssaye (Saint-Paul). Ils sont équipés d'une balise Argos de quelques grammes fonctionnant à l'énergie solaire. Elle permettra aux chercheurs du laboratoire d'écologie marine de suivre leurs migrations et d'en savoir un peu plus sur cet oiseau mystérieux. Cette opération est une premiÚre mondiale.
Le pĂ©trel de Barau est une espĂšce endĂ©mique de La RĂ©union. Il figure sur la liste des espĂšces protĂ©gĂ©es. Quant au pĂ©trel noir, il est classĂ© parmi les espĂšces en danger critique, il pourrait disparaĂźtre d'ici 10 ans. Il ne se reproduit que sur l'Ăźle autour du Massif du Piton des Neiges entre 2 300 et 2 2 750 mĂštres d'altitude. " Le pĂ©trel a deux particularitĂ©s, il n'existe nulle part ailleurs qu'Ă la RĂ©union et c'est l'oiseau qui niche le plus haut au monde. Il s'installe gĂ©nĂ©ralement sur des crĂȘtes et des petits plateaux dans les falaises verticales inaccessibles. C'est un peu le dernier marron de l'Ăźle. Il a fui les littoraux pour se rĂ©fugier loin des hommes et des prĂ©dateurs, " analyse StĂ©phanie Dalleau de la Seor.Pour la sociĂ©tĂ© d'Ă©tudes ornithologiques de la RĂ©union, la sauvegarde des pĂ©trels est vitale " pour assurer la survie de cet oiseau mystĂ©rieux. Il faut localiser les terriers de reproduction et mettre en ?uvre rapidement une stratĂ©gie de contrĂŽle efficace des populations de chats et de rats prĂ©sents sur les sites de reproduction situĂ©s en altitude. Ces animaux opportunistes sont responsables d'une prĂ©dation dont l'impact peut ĂȘtre catastrophique pour l'avenir de cette espĂšce menacĂ©e d'extinction ".
Les adultes reproducteurs arrivent sur les sites de nidification dÚs la fin du mois d'août et repartent fin avril. La femelle ne pond qu'un ?uf par an, sans ponte de remplacement, dans les premiers jours de novembre. Chaque année, l'envol des jeunes s'étale de la mi-avril à début mai.
En dehors de la période de nidification, l'espÚce quitte la Réunion et effectue plusieurs milliers de kilomÚtres dans l'Océan Indien. Certains pétrels ont été observés au large des cÎtes de l'ßle d'Amsterdam, le long de l'Indonésie et au large de l'Inde et du Sri Lanka.
"Ces jeunes qui s'envoleront cette année ne reviendront sur l'ßle que dans 5 ou 6 ans environ, le temps qu'ils achÚvent leur croissance et puissent se reproduire. Nous savons peu de chose sur les migrations des pétrels, les balises Argos nous en apprendront sans doute plus," détaille la vice-présidente de la Seor.
Les oiseaux seront suivis par une classe du lycĂ©e de Saint-Paul. Il sera possible de voir oĂč se situent les 3 jeunes pĂ©trels,baptisĂ©s Kayamb, Ti Yab et Tikaf, pendant trois mois sur le site internet du parc national.
Le premier candidat Ă©quipĂ© d'une balise a mis quelques minutes Ă s'Ă©lancer. C'Ă©tait la premiĂšre fois qu'il voyait la mer, puis il a pris son envol vers 10h30. Cap au Sud. Une vingtaine d'autres pĂ©trels relĂąchĂ©s ce jour ont suivis le mĂȘme chemin.
Annabelle Ovré pour













