Mobilisation du 5 novembre : les Forces progressistes de La Réunion appellent à se joindre au mouvement

  • Publié le 2 novembre 2026 à 18:02
  • Actualisé le 2 novembre 2026 à 18:26
Union des forces progressistes

(Actualisé) "Il est des moments où les colères qui éclatent séparément finissent par exprimer une même révolte. Celle d'une population qui refuse de subir plus longtemps les injustices, le mépris et les décisions prises sans elle", assurent les Forces progressistes de La Réunion. Ces dernières appellent à se joindre au mouvement du 5 novembre 2026. Nous publions, ci-dessous, leur communiqué dans son intégralité (Photo Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

Les salariés de Cise Réunion sont en lutte, les dockers se mobilisent, les lycéens et les étudiants font entendre leur colère. Des revendications différentes, mais une même exigence : vivre dignement, être respectés et pouvoir décider de notre avenir.

Le conflit chez Cise Réunion est révélateur. Les représentants des salariés dénoncent des conditions de travail dégradées, des décisions prises à distance et des différences de traitement face à la vie chère. Ces revendications exigent des réponses sérieuses.

Lire aussi - Crise de l’eau dans l’Est : la Cirest exige des réponses immédiates du groupe SAUR

Quand un conflit touche un service aussi vital que l'alimentation en eau, il appartient à l'entreprise d'engager un véritable dialogue social et de trouver des solutions garantissant la continuité du service aux usagers. Les droits des salariés et l'accès à l'eau des habitants ne s'opposent pas : ils doivent être garantis ensemble.

Au Grand Port maritime, les dockers se mobilisent pour leurs salaires, la reconnaissance de la pénibilité de leur travail et la défense de leurs emplois face à l'automatisation. Ils dénoncent aussi des décisions qui échappent aux négociations locales. Leur mobilisation rejoint un mouvement international, notamment porté par les dockers italiens en solidarité avec le peuple palestinien, contre la guerre et l'utilisation des ports pour le transport d'armes. Dans un océan Indien au cœur d'enjeux stratégiques et militaires croissants, cette solidarité prend une résonance particulière. Les travailleurs réunionnais refusent d'être privés de leur voix, qu'il s'agisse de leurs droits sociaux ou des choix qui engagent l'avenir de leur territoire.

Lire aussi - Grève des dockers : le Grand Port maritime de La Réunion à l'arrêt

Ces luttes posent une même question : à qui profitent les richesses produites par notre travail, et quelle place laisse-t-on à celles et ceux qui les produisent ?

Notre jeunesse, elle aussi, refuse de se taire. Elle se mobilise pour ses conditions d'études et son avenir. Au Tampon, les images de l'interpellation d'un adolescent devant le lycée Roland-Garros, maintenu au sol avec un genou sur le cou, ont profondément choqué. Une enquête judiciaire est en cours et devra établir les faits et les responsabilités.

Lire aussi - Le Tampon : le parquet de Saint-Pierre ouvre une enquête après l'interpellation d'un adolescent devant le lycée Roland Garros

Ces images font écho aux accusations de violences policières lors des mobilisations sociales dans l'Hexagone, qui suscitent de graves inquiétudes et des demandes d'enquêtes.

À La Réunion comme ailleurs, les libertés publiques doivent être respectées et tout usage disproportionné de la force doit être sanctionné.

Manifester n'est pas un délit. Revendiquer ses droits n'est pas une menace. Et la jeunesse n'est pas un ennemi à mater.

À la colère sociale, la réponse ne peut pas être la répression. Elle doit être la justice et le dialogue.

Retrouvez toute l'actualité sur les mobilisations citoyennes

Car derrière ces mobilisations, il y a une réalité insupportable : la vie chère qui étouffe les familles, les salaires qui ne permettent plus de vivre, les services publics fragilisés, les inégalités persistantes et une jeunesse à laquelle on demande trop souvent de se résigner.

Et que nous prépare-t-on pour demain ?

À l'Assemblée nationale, le projet de budget pour 2027 menace d'imposer de nouvelles restrictions, notamment aux collectivités territoriales. Alors que les besoins explosent, les moyens de l'action publique et de la solidarité risquent encore d'être sacrifiés.

Comment accepter de nouvelles coupes dans les services publics quand tant de familles peinent déjà à vivre ? Comment exiger toujours plus de sacrifices de celles et ceux qui ont déjà si peu ?

À La Réunion, où les inégalités sont particulièrement fortes, ces choix auront des conséquences particulièrement lourdes. Nous refusons que notre territoire continue de subir des politiques décidées loin de ses réalités et au mépris des besoins de sa population.

La Réunion n'est pas condamnée à subir. La précarité n'est pas une fatalité. Et notre dignité n'est pas négociable.

Lire aussi - En 2023, 36% de la population réunionnaise vivait toujours sous le seuil de pauvreté

À quelques mois de l'élection présidentielle, notre île ne peut plus être traitée comme une périphérie dont on ignore les difficultés et les aspirations.

Nous exigeons des salaires dignes, des services publics renforcés, le respect des droits sociaux, une véritable égalité entre les territoires et la possibilité pour les Réunionnais de peser sur les décisions qui engagent leur avenir.

Ces mobilisations ne doivent pas rester isolées. Elles portent, chacune à leur manière, le refus d'un ordre injuste et l'espoir d'un autre avenir.

Le jeudi 5 novembre, les organisations syndicales appellent à une journée de mobilisation interprofessionnelle.

Nous appelons à rejoindre massivement et pacifiquement cette mobilisation, dans le respect de l'indépendance des organisations syndicales et des mouvements de jeunesse.

Parce que les travailleurs méritent le respect, parce que notre jeunesse mérite un avenir, parce que nos services publics doivent être défendus et parce que nos libertés ne se négocient pas, nous refusons de nous résigner au mépris et à l'injustice.

Le 5 novembre, soyons dans la rue. Ensemble, faisons entendre la voix de La Réunion !

Lire aussi - Mobilisation du 5 novembre en France : au tour du monde du travail de descendre dans la rue

Premiers signataires :

Huguette Bello, présidente de la Région Réunion
Alexis Chaussale, maire du Tampon, président de la Communauté d’agglomération du Sud (Casud)
Karine Lebon, députée de la 2e circonscription de La Réunion
Évelyne Corbière Naminzo, sénatrice de La Réunion, conseillère régionale
Émeline K/Bidi, députée de la 4e circonscription de La Réunion
Jean-Hugues Ratenon, député de la 5e circonscription de La Réunion
Frédéric Maillot, député de la 6e circonscription de La Réunion
Perceval Gaillard, député de la 7e circonscription de La Réunion
Patrick Lebreton, maire de Saint-Joseph, 1er vice-président de la Région Réunion
Karine Nabénésa, 4e vice-présidente de la Région Réunion
Amandine Ramaye, 6e vice-présidente de la Région Réunion
Céline Sitouze, maire de Sainte-Marie, 8e vice-présidente de la Région Réunion, dirigeante de La Réunion Citoyenne
Emmanuel Séraphin, maire de Saint-Paul, président du Territoire de l’Ouest (TO)
Laïla Nassibou, maire de Cilaos
Pauline Lauret, présidente de l’Union des femmes réunionnaises (UFR), 5e adjointe au maire du Tampon
Patricia Profil, conseillère régionale de La Réunion, conseillère municipale de Bras-Panon
Fabrice Hoarau, conseiller régional de La Réunion
Wilfrid Bertile, conseiller régional de La Réunion, conseiller municipal à Saint-Philippe
Claude Hoarau, président de l’Action populaire de La Réunion (APR)

guest
0 Commentaires