Une vingtaine d'étudiants et de personnels de l'université de La Réunion se sont installés dans le hall du rectorat ce jeudi 21 mars 2013 en fin de matinée. Ils réclamaient une entrevue avec le recteur Thierry Terret, afin d'alerter sur la situation budgétaire "catastrophique" de l'université. Ils dénoncent le projet de loi sur l'enseignement supérieur et demandent son abandon. Une délégation de cinq personnes a été reçue par le recteur. Les manifestants n'excluent pas d'autres actions.
Câest pour alerter sur la situation "catastrophique" de lâuniversitĂ© de La RĂ©union que Ă©tudiants, enseignants chercheurs et maĂźtres de confĂ©rence ont investi le rectorat, suite Ă une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale. Une action "surprise" afin de dĂ©noncer un budget infĂ©rieur "Ă ce dont lâuniversitĂ© a besoin pour fonctionner correctement". "Ce budget, qui est passĂ© Ă compĂ©tences Ă©largies depuis janvier 2013 et qui intĂšgre la masse salariale, est de 113 millions dâeuros. Il nous manque 5,4 millions. Ce nâest pas un chiffre balancĂ© pour dire que nous en voulons plus mais bien du concret et sur des lignes budgĂ©taires qui ont Ă©tĂ© identifiĂ©es", prĂ©cise Guillaume Aribaud, vice-prĂ©sident de lâUNEF.
Il affirme que câest "le fonctionnement direct de lâuniversitĂ©, que ce soit les cours ou le suivi administratif, qui va ĂȘtre impactĂ©". "Ce qui nous fait craindre Ă nous, Ă©tudiants, la perte de qualitĂ© des formations, le manque dâencadrement et, Ă terme, se pose mĂȘme, la question de lâavenir de lâuniversitĂ©", souligne le vice-prĂ©sident de lâUNEF.
Une dĂ©lĂ©gation de cinq personnes a Ă©tĂ© reçue par le recteur. "Ce dernier nous disait quâil fallait faire avec ce qui avait Ă©tĂ© notifiĂ© par le ministĂšre. Il nous a assurĂ© quâil allait sensibiliser la ministre sur la situation budgĂ©taire de lâuniversitĂ©", indique StĂ©phane Maillot, prĂ©sident de lâUNEF.
Selon lui, des actions ne sont pas Ă exclure dans les semaines qui viennent. "Il y aura des assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales dĂšs la semaine prochaine. Ă partir de lĂ , nous dĂ©ciderons de la suite du mouvement car la communautĂ© universitaire est dĂ©cidĂ©e Ă ne pas accepter ce budget. Des informations seront distribuĂ©es aux entrĂ©es de lâuniversitĂ© ou des actions surprises, du type de celle de ce matin, pourraient avoir lieu", poursuit-il.
à noter que les manifestants se disent déterminés à refuser le "diktat ministériel".
Rappelons que le 5 mars dernier, Ă©tudiants et personnels de lâuniversitĂ© de La RĂ©union sâĂ©taient rĂ©unis en assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale pour dĂ©noncer le projet de loi sur l'Enseignement SupĂ©rieur et la Recherche. "Force est de constater que ce nouveau projet loi ne correspond pas Ă la rupture de la politique libĂ©rale subie mais bien au contraire semble l'amplifier", expliquaient alors les syndicats Unef RĂ©union et FSU.
"L'assemblée générale ayant pris connaissance de la notification par le ministÚre du budget 2013 exprime sa consternation. Cette dotation clairement insuffisante n'est autre que la déclinaison locale du désengagement de l'Etat vis à vis du service public d'enseignement supérieur à La Réunion", ajoutaient les deux organisations syndicales, pour lesquelles le budget est "inacceptable".
Selon lâUnef et la FSU, ce budget se traduirait en l'Ă©tat par des suppressions de filiĂšres au sein des composantes, des augmentations des droits dâinscriptions rĂ©clamĂ©s aux Ă©tudiants, des coupes budgĂ©taires dans la pĂ©dagogie, la recherche et le social, ou encore des gels de postes d'enseignants et de personnels.
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