Depuis ce lundi matin 21 février 2005, le port Est est paralysé par un mouvement de grÚve des salariés de la SERMAT (service maintenance assistance technique). Les grévistes protestent contre la décision de la direction de confier la maintenance des engins de stockage des containeurs à une autre société. "C'est la mort programmée de l'entreprise" affirment les salariés
Depuis ce lundi matin 21 février 2005, le port Est est paralysé par un mouvement de grÚve des salariés de la SERMAT (service maintenance assistance technique). Les grévistes, soutenus par les autres personnels portuaires, protestent contre la décision de la direction de confier la maintenance des engins de stockage des containeurs à une autre société. "C'est la mort programmée de l'entreprise" affirment les salariésLa direction de la SERMAT, assurant le traitement des bateaux pour trois sociétés d'acconiers (SGM, SOMACOM, SAMR) a récemment acheté à la société suédoise Kalmar une série de chariots "Cavalier", des engins haut de gamme utilisés pour le stockage des contenaires et le rangement des marchandises lors du chargement et du déchargement des bateaux.
Selon le contrat d'achat de la SERMAT, la maintenance de ces engins de ces engins sera assurée par des employés de la KALMAR, la société qui fabrique et vend ces équipements.
90% de l'activité
C'est ce qui a dĂ©clenchĂ© la colĂšre des 42 salariĂ©s de la SERMAT. "Nous ne sommes pas contre l'achat et l'utilisation de chariots "Cavaliers", bien au contraire. Il s'agit d'outils performants et dans le cadre du dĂ©veloppement de l'enceinte portuaire nous en avons besoin" note Michel SĂ©raphine, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la CGTR Ports et Docks. "Ce que nous refusons c'est que pour assurer la maintenance de ces Ă©quipements, l'entreprise fasse appel Ă du personnel n'appartenant pas Ă la sociĂ©tĂ©" ajoute Danio Ricquebourg, dĂ©lĂ©guĂ© CGTR de la SERMAT, en soulignant que la maintenance des gros engins reprĂ©sente 90% de l'activitĂ© de l'entreprise. "Si nous n'effectuons plus ces tĂąches, nos emplois et tous ceux qui y sont liĂ©s, comme les postes de magasiniers ou de facturiers, disparaĂźtront Ă terme" remarque le dirigeant syndical en parlant de "mort programmĂ©e de l'entreprise". L'achat du matĂ©riel ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© des avantages de la loi de dĂ©fiscalisation (exonĂ©ration d'impĂŽt pendant 24 mois), les salariĂ©s s'inquiĂštent "que se passera-t-il au bout de ces deux ans? En fait notre emploi est garanti par leurs avantages fiscaux. Nous ne pouvons pas l'accepter". Pour eux l'idĂ©al aurait Ă©tĂ© que la direction mette en place une formation du personnel de l'entreprise Ă la maintenance de ces engins. "Cette formation aurait pu ĂȘtre dispensĂ© par des employĂ©s de KALMAR qui seraient ensuite repartis. LĂ , nous ne sommes du tout dans ce cas de figure" indique Danio Ricquebourg.
Début de processus
Michel SĂ©raphine estime pour sa part que la dĂ©cision de la SERMAT de se "sĂ©parer d'une grosse partie de ses activitĂ©s" est le dĂ©but d'un processus de "dĂ©possession". Le syndicaliste fait ainsi allusion au projet de directive europĂ©enne autorisant les sociĂ©tĂ©s d'acconiers notamment Ă "s'auto assister". Actuellement, la loi oblige ces sociĂ©tĂ©s Ă avoir recours Ă du personnel portuaire pour le chargement et le dĂ©chargement des bateaux, pour la gestion des terminaux et de tous les Ă©quipements portuaires. "La directive europĂ©enne vise Ă autoriser les acconiers et les armateurs Ă utiliser leur propre personnel pour l'ensemble de ces tĂąches. Ce qui Ă terme signifie aussi la mort de nos professions" dĂ©nonce Michel SĂ©raphine. En novembre 2004, le projet de directive a Ă©tĂ© rejetĂ© Ă une courte majoritĂ© par le Parlement europĂ©en. Un nouveau texte "qui reste inchangĂ© sur le fond" va ĂȘtre prĂ©sentĂ© et les personnels portuaires de La RĂ©union sont dĂ©jĂ mobilisĂ©s pour s'opposer Ă toute Ă©ventuelle application de la nouvelle rĂ©glementation.
En milieu de journée lundi, les accÚs au port Est étaient toujours bloqués. Le bateau transportant les chariots "Cavalier" est prévu à l'accostage en fin d'aprÚs-midi ce lundi.
