Consommation

On ne jette plus, on recycle

  • PubliĂ© le 1 mai 2011 Ă  06:00
Les Papillons d'EmmaĂŒs

Effet de la crise ou ras le bol de la surconsommation et de la pollution qui va avec, le marchĂ© de la seconde main s'installe dans l'Ăźle. Les Papillons d'EmmaĂŒs attirent les foules les jours d'ouverture les mercredis et samedis. Dans le sud de l'ile, O'case BĂ©bĂ© se lance dans un projet de franchise. Zoom sur un nouveau mode de consommation qui a tout du bon sens.

Une machine Ă  coudre centenaire, de la vaisselle Ă  peine Ă©brĂ©chĂ©e, un stock de vĂȘtements neufs, un dĂ©guisement de pĂšre NoĂ«l, des bijoux de famille, des pouss pouss de Madagascar... Le hangar des Papillons d'EmmaĂŒs Ă  la ZAC Foucherolles, c'est un peu la caverne d'Ali Baba des uns et la planche de salut des autres.

Tous les mercredis et samedis matin, riches et moins riches y trouvent des vieilleries, des nouveautĂ©s, du nĂ©cessaire et du prĂ©cieux. DĂšs 9 heures, la queue se forme pour accĂ©der aux salles. Jusqu'Ă  midi, elles ne dĂ©semplissent pas. " 2010 a montrĂ© une augmentation des demandes pour les biens d'occasion ", explique Bernard Grondin, directeur et fondateur des Papillons d'EmmaĂŒs Ă  Saint-Denis.

En gĂ©nĂ©ral, il dĂ©nombre 25 000 Ă  30 000 tickets d'achat par an. " Cette annĂ©e, on devrait ĂȘtre au dessus ", indique-t-il. Selon lui, le boom a commencĂ© en 2008. Depuis, les objets dĂ©posĂ©s trouvent presque instantanĂ©ment preneur. " Depuis 2009, nous constatons une accĂ©lĂ©ration du dĂ©part des objets mais aussi une augmentation des coups d'Ă©nervement ", indique-t-il. VulnĂ©rables et nĂ©cessiteux, les clients s'emportent vite quand une bonne occasion leur passe sous le nez...

Car EmmaĂŒs est un peu " le carrefour du monde ", selon Bernard Grondin qui assure un rĂŽle social en embauchant des laissĂ©s pour compte. " Lors des ventes, il y a des juges, des journalistes mais aussi des sans emplois. Certains viennent car ils sont passionnĂ©s de cravates et que nous avons de trĂšs belles cravates. D'autres pour des livres rares qui ne sont plus Ă©ditĂ©s ", poursuit-il. Ainsi, des vieux objets cassĂ©s peuvent trouver une seconde vie auprĂšs de passionnĂ©s qui ont les moyens de les rĂ©nover.

En plus des achats plaisir, d'autres sont de nécessité et devenus de plus en plus nombreux avec la crise. Mais un autre phénomÚne pointe : le refus de la consommation à outrance. En témoigne le succÚs des brocantes et autres dépÎt-vente en métropole, la Réunion ne sera pas épargnée. " La démarche est en train de prendre, il y a une bonne communication pour stopper la surconsommation ", témoigne Bernard Grondin.

Dans les hangars d'EmmaĂŒs, les tĂ©moignages le confirment. " Ca Ă©vite de tout jeter. On est dans une sociĂ©tĂ© d'Hyper production, on prend, on jette, cela n'a pas de sens ", estime Fanny, infirmiĂšre Ă  Saint-Denis. " J'emmĂ©nage et je cherche une gaziniĂšre. Neuf, ça coĂ»te plus de 200 euros. C'est ridicule ", dit la jeune femme. Et partout, on fouille dans les boites d'outils, les prĂ©sentoirs Ă  bijoux ou les bacs Ă  jouets.

Richard, Ă  la retraite, a trouvĂ© " une canne Ă  pĂšche avec un gros moulinet pour 3 euros. Dans le commerce, ça coĂ»te au moins 50 euros ". Anna, elle, est venue spĂ©cialement de Saint-AndrĂ© pour faire dĂ©couvrir EmmaĂŒs Ă  une amie. " Il y a trois ans, j'ai achetĂ© un canapĂ© d'angle pour 50 euros. Je l'ai toujours et en plus, je l'adore ", sourit-elle.

Le neuf n'a donc plus la cĂŽte ? Ca dĂ©pend. Créés il y a cinq ans, les magasins O'case BĂ©bĂ© Ă  Saint-Pierre et au Tampon, connaissent, eux aussi un franc succĂšs... auprĂšs des mĂ©tropolitains. Les RĂ©unionnaises ont plus de mal Ă  se convertir Ă  la seconde main pour leur chĂ©rubin. " Elles sont plus rĂ©ticentes. Une naissance reste une fĂȘte, on veut du neuf pour son enfant. Mais petit Ă  petit, ça commence Ă  changer ", explique Marie Ronsain, gĂ©rante du magasin. Dans ces boutiques, on trouve tout le matĂ©riel de puĂ©riculture, en bon Ă©tat, propre mais en dĂ©pĂŽt vente, Ă  prix cassĂ©. Pour persuader les sceptiques, elle a mis en place un rayon neuf. Et il n'est pas rare que celles qui rentrent pour du neuf, craquent sur un article de seconde main.

" 70% de notre clientĂšle sont des gens qui ont les moyens mais n'ont pas envie de dĂ©penser des sommes folles pour des articles dont ils n'auront trĂšs vite plus besoin ", poursuit Marie Ronsain. Et le cĂŽtĂ© Ă©colo fait aussi son chemin : " mĂȘme pour les gens qui viennent dĂ©poser leurs objets, c'est intĂ©ressant. Il ne veulent pas jeter ". O'case BĂ©bĂ© a fait des Ă©mules : un magasin du mĂȘme type a ouvert Ă  Saint-Paul et un projet de franchise est en cours.

Marine Veith pour
guest
1 Commentaires
rien
rien
10 ans

bonsoir
j'aurai voulu savoir ce que vous vendez pour consulter le site et voir des photos comment faire.
merci
cordialement