Effet de la crise ou ras le bol de la surconsommation et de la pollution qui va avec, le marchĂ© de la seconde main s'installe dans l'Ăźle. Les Papillons d'EmmaĂŒs attirent les foules les jours d'ouverture les mercredis et samedis. Dans le sud de l'ile, O'case BĂ©bĂ© se lance dans un projet de franchise. Zoom sur un nouveau mode de consommation qui a tout du bon sens.
Une machine Ă coudre centenaire, de la vaisselle Ă peine Ă©brĂ©chĂ©e, un stock de vĂȘtements neufs, un dĂ©guisement de pĂšre NoĂ«l, des bijoux de famille, des pouss pouss de Madagascar... Le hangar des Papillons d'EmmaĂŒs Ă la ZAC Foucherolles, c'est un peu la caverne d'Ali Baba des uns et la planche de salut des autres.Tous les mercredis et samedis matin, riches et moins riches y trouvent des vieilleries, des nouveautĂ©s, du nĂ©cessaire et du prĂ©cieux. DĂšs 9 heures, la queue se forme pour accĂ©der aux salles. Jusqu'Ă midi, elles ne dĂ©semplissent pas. " 2010 a montrĂ© une augmentation des demandes pour les biens d'occasion ", explique Bernard Grondin, directeur et fondateur des Papillons d'EmmaĂŒs Ă Saint-Denis.
En gĂ©nĂ©ral, il dĂ©nombre 25 000 Ă 30 000 tickets d'achat par an. " Cette annĂ©e, on devrait ĂȘtre au dessus ", indique-t-il. Selon lui, le boom a commencĂ© en 2008. Depuis, les objets dĂ©posĂ©s trouvent presque instantanĂ©ment preneur. " Depuis 2009, nous constatons une accĂ©lĂ©ration du dĂ©part des objets mais aussi une augmentation des coups d'Ă©nervement ", indique-t-il. VulnĂ©rables et nĂ©cessiteux, les clients s'emportent vite quand une bonne occasion leur passe sous le nez...
Car EmmaĂŒs est un peu " le carrefour du monde ", selon Bernard Grondin qui assure un rĂŽle social en embauchant des laissĂ©s pour compte. " Lors des ventes, il y a des juges, des journalistes mais aussi des sans emplois. Certains viennent car ils sont passionnĂ©s de cravates et que nous avons de trĂšs belles cravates. D'autres pour des livres rares qui ne sont plus Ă©ditĂ©s ", poursuit-il. Ainsi, des vieux objets cassĂ©s peuvent trouver une seconde vie auprĂšs de passionnĂ©s qui ont les moyens de les rĂ©nover.
En plus des achats plaisir, d'autres sont de nécessité et devenus de plus en plus nombreux avec la crise. Mais un autre phénomÚne pointe : le refus de la consommation à outrance. En témoigne le succÚs des brocantes et autres dépÎt-vente en métropole, la Réunion ne sera pas épargnée. " La démarche est en train de prendre, il y a une bonne communication pour stopper la surconsommation ", témoigne Bernard Grondin.
Dans les hangars d'EmmaĂŒs, les tĂ©moignages le confirment. " Ca Ă©vite de tout jeter. On est dans une sociĂ©tĂ© d'Hyper production, on prend, on jette, cela n'a pas de sens ", estime Fanny, infirmiĂšre Ă Saint-Denis. " J'emmĂ©nage et je cherche une gaziniĂšre. Neuf, ça coĂ»te plus de 200 euros. C'est ridicule ", dit la jeune femme. Et partout, on fouille dans les boites d'outils, les prĂ©sentoirs Ă bijoux ou les bacs Ă jouets.
Richard, Ă la retraite, a trouvĂ© " une canne Ă pĂšche avec un gros moulinet pour 3 euros. Dans le commerce, ça coĂ»te au moins 50 euros ". Anna, elle, est venue spĂ©cialement de Saint-AndrĂ© pour faire dĂ©couvrir EmmaĂŒs Ă une amie. " Il y a trois ans, j'ai achetĂ© un canapĂ© d'angle pour 50 euros. Je l'ai toujours et en plus, je l'adore ", sourit-elle.
Le neuf n'a donc plus la cĂŽte ? Ca dĂ©pend. Créés il y a cinq ans, les magasins O'case BĂ©bĂ© Ă Saint-Pierre et au Tampon, connaissent, eux aussi un franc succĂšs... auprĂšs des mĂ©tropolitains. Les RĂ©unionnaises ont plus de mal Ă se convertir Ă la seconde main pour leur chĂ©rubin. " Elles sont plus rĂ©ticentes. Une naissance reste une fĂȘte, on veut du neuf pour son enfant. Mais petit Ă petit, ça commence Ă changer ", explique Marie Ronsain, gĂ©rante du magasin. Dans ces boutiques, on trouve tout le matĂ©riel de puĂ©riculture, en bon Ă©tat, propre mais en dĂ©pĂŽt vente, Ă prix cassĂ©. Pour persuader les sceptiques, elle a mis en place un rayon neuf. Et il n'est pas rare que celles qui rentrent pour du neuf, craquent sur un article de seconde main.
" 70% de notre clientĂšle sont des gens qui ont les moyens mais n'ont pas envie de dĂ©penser des sommes folles pour des articles dont ils n'auront trĂšs vite plus besoin ", poursuit Marie Ronsain. Et le cĂŽtĂ© Ă©colo fait aussi son chemin : " mĂȘme pour les gens qui viennent dĂ©poser leurs objets, c'est intĂ©ressant. Il ne veulent pas jeter ". O'case BĂ©bĂ© a fait des Ă©mules : un magasin du mĂȘme type a ouvert Ă Saint-Paul et un projet de franchise est en cours.
Marine Veith pour










bonsoir
j'aurai voulu savoir ce que vous vendez pour consulter le site et voir des photos comment faire.
merci
cordialement