Si Gilbert Annette et François Hollande se disent prĂȘts Ă distribuer 40 000 emplois d'avenir Ă La RĂ©union, au niveau national, il apparaĂźt que le financement de ces contrats aidĂ©s nĂ©cessite de taper dans des caisses qui n'Ă©taient pas prĂ©vues Ă cet effet. Le projet de loi de finances pour 2015, qui est en cours de lecture au parlement prĂ©voit, entre autres originalitĂ©s Ă©conomiques, la ponction par l'Etat de 29 millions d'euros sur les fonds de l'Association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapĂ©es (Agefiph).
Un prĂ©lĂšvement appelĂ© Ă ĂȘtre reconduit Ă la mĂȘme hauteur pour les budgets 2016 et 2017 de l'association. S'agissant de la gestion de fonds paritaires, la dĂ©cision unilatĂ©rale du gouvernement a vivement Ă©mu les syndicats et les associations qui siĂšgent au conseil dâadministration de lâAgefiph, qui ont dĂ©noncĂ© l'oukaze du ministĂšre de l'Emploi et la totale absence de concertation qui le caractĂ©rise en sus de s'y opposer vertement. Officiellement, ces prĂ©lĂšvements auraient notamment pour vocation de financer 10 000 emplois aidĂ©s - contrats uniques d'insertion et des emplois d'avenir - dont bĂ©nĂ©ficieraient des personnes handicapĂ©es.
A ceci prĂšs que les dits contrats et emplois sont de la compĂ©tence de l'Etat. Et que l'Agefiph soutenait dĂ©jĂ les emplois dâavenir dans le secteur marchand, en complĂ©tant lâaide de lâĂtat de façon Ă les aligner sur les emplois dâavenir du secteur non marchand. Ces prĂ©lĂšvements sur trois ans ne sont autres que des transferts de charges dĂ©guisĂ©s, redoublĂ©s d'une violation des missions lĂ©gales de l'Agefiph. En effet, ces 87 millions d'euros pris sur les rĂ©serves de l'Agefiph, ne seraient pas exclusivement destinĂ©s aux seules personnes handicapĂ©es signataires de tels contrats. Le comitĂ© dâentente des associations de personnes en situation de handicap dĂ©nonce le fait que "lâĂtat nâapporte aucune garantie sur lâutilisation de cette ponctionâŠ"
Par ailleurs, ces prélÚvements vécus comme un véritable hold up d'Etat par les personnes handicapées, interviennent dans un contexte de marasme général qui ne les épargne pas, bien au contraire. Dans cette catégorie d'actifs, le taux de chÎmage national atteint 24%, quasiment le double des actifs valides, et la situation tend à empirer, selon des données comparées entre 2008 et 2013, environ 420 000 personnes en situation de handicap qui sont concernées au plan national, soit une hausse de 80%.
à La Réunion, selon Catherine Vignaud de l'Agefiph, on dénombrait 4000 demandeurs d'emplois souffrant de handicap en juin dernier, contre 2000 en fin 2011 sur une population d'actifs handicapés évaluée à 23 000 personnes.
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Je trouve cette solution inacceptable.
En effet la lĂ©gislation demande Ă toutes les entreprises de plus de 20 salariĂ©s de participer au financement de l'intĂ©gration des personnes handicapĂ©es.Elles peuvent le faire en Ă©tant actif dans ce domaine (embauche, formation,...) ce qui ,constitue pour moi le bon choix mais pour ne forcer personne il est aussi prĂ©vu de pouvoir payert une contribution qui doit ĂȘtre utilisĂ© pour les personnes handicapĂ©es.
Pour la fonction public il y a l'équivalent de l'Agefiph, alors pourquoi ne pas ponctionner aussi le FIPHFP?
Ce 'est pas la premiĂšre fois que l'Etat ponctionne ces caisses (AGEFIPH et FIPHFP). Sous Sarko il en avait Ă©tĂ© de mĂȘme et personne n'y a trouvĂ© Ă redire⊠En 2008, 50 millions d'⏠sur les rĂ©serves de l'AGEFIPH qui avait Ă©tĂ© "dĂ©tournĂ©s". Ceux qui applaudissaient hier, s'offusquent aujourd'hui pratiquement Ă la mĂȘme date.
Pour rĂ©pondre Ă Payeur : seules les entreprises de plus de 20 salariĂ©s sont concernĂ©es. Si toutes ces entreprises, et administrations, atteignaient le seuil des 6 % ces caisses disparaitraient, c'est leur vocation. Toutefois, elles permettent de financer Ă l'entreprise des amĂ©nagements spĂ©cifiques des postes de travail, du transport adaptĂ© si besoin ; une prime fixĂ©e par l'Etat est Ă©galement versĂ©e aux entreprises qui embauche un travailleur handicapĂ©âŠ
Là également, la concertation n'a pas été de mise : http://www.lemonde.fr/talents-fr/article/2008/11/17/des-fonds-tres-convoites_1119433_3504.html
leurs caisses sont pleines d'autant qu'on oblige les entreprises qui n'emploient pas cette catĂ©gorie de personnes Ă verser Ă leurs institutions des sommes colossales. les bilans financiers de ces organismes doivent ĂȘtre rendus publiques